Ras-le-bol des infirmières

Une centaine de personnes ont marché entre la... (Stéphane Lessard)

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Une centaine de personnes ont marché entre la résidence Cooke et l'hôpital de Trois-Rivières afin de dénoncer le manque de personnel infirmier à Trois-Rivières.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Pas moins d'une centaine d'infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires ont manifesté, mardi matin, dans les rues de Trois-Rivières, afin de dénoncer le manque criant de personnel dans les établissements de santé de la région.

Le départ de la marche, donnée à la résidence Cooke, avait quelque chose de symbolique pour le syndicat, qui soutient que depuis les événements de l'an dernier, où un bénéficiaire qui avait chuté avait été laissé à lui-même de longues minutes en raison du manque de personnel, pas grand-chose n'a changé.

«Les autorités du CIUSSS n'ont tiré aucune leçon des événements survenus à la résidence Cooke en juillet 2015. Le manque de personnel sur le plancher demeure toujours aussi criant. Tout ce qu'ils ont fait, c'est de changer les horaires de travail afin qu'il y ait plus de personnes présentes aux moments jugés importants selon eux. Il y a un manque flagrant de salariés, c'est devenu totalement invivable. Les gens crient au secours», note Andrée Guillemette, présidente du SIIIACQ-CSQ.

Cette dernière explique que seulement à Trois-Rivières, 408 postes présentement vacants ne sont toujours pas affichés, ce qui représente tout près de 20 % des effectifs. Pour chacun de ces postes, le syndicat a déposé un grief. De plus, 208 postes ont été abolis, et environ 75 postes à temps plein ont été modifiés pour des postes à temps partiel et, bien souvent, sur des équipes volantes, appelées à changer d'horaires et de départements de façon régulière. 

De plus, le temps supplémentaire obligatoire a atteint 3248 heures durant les six premiers mois de 2016, alors qu'il se chiffrait à 4316 heures pour l'ensemble de l'année 2015. Le syndicat estime que l'année 2016 fracassera tous les records en ce qui concerne le temps supplémentaire obligatoire.

«Il y a eu plus de départs que d'embauches pour les six premiers mois de 2016, sans tenir compte des congés de maternité non remplacés et des dossiers d'assurance salaire qui ne sont pas non plus remplacés», ajoute Andrée Guillemette.

La CSQ a tenu à apporter son soutien au SIIIACQ-CSQ dans cette manifestation, qui visait à dénoncer le manque de personnel, mais également assurer aux membres du syndicat que les pressions se poursuivent afin de faire bouger les choses.

«Monsieur Barrette et son gouvernement n'en ont rien à foutre du sort du personnel et des patients. Ça fait plus de deux ans qu'on dénonce cette réforme. Le gouvernement est en train d'abandonner les fondements même de notre système», a lancé Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec.

De son côté, la présidente de la Fédération de la Santé du Québec, Claire Montour, explique qu'un comité planche actuellement sur le ratio personnel-patient pour établir des balises et mettre en place des projets pilotes.

«Ce qu'on veut, c'est démontrer que quand le personnel est en quantité suffisante et que le personnel est stable, c'est gagnant à long terme pour le personnel, mais aussi pour les patients», ajoute Mme Montour.

Du côté du CIUSSS-MCQ, on explique avoir mis en place une série de mesures à la résidence Cooke depuis l'été dernier, qui ont apporté des améliorations significatives pour la sécurité des patients.

«Pour cette situation spécifique il n'a pas été prévu d'ajouter du personnel car les actions répondent au besoin en termes de sécurité. Les changements ont sans contredit maximisé et amélioré la sécurité des soins et services aux résidents», soutient Anne-Sophie Brunelle, porte-parole du CIUSSS-MCQ. 

Quant au manque de personnel décrié par le syndicat, le CIUSSS-MCQ dit vouloir améliorer l'organisation du travail pour avoir la bonne personne au bon endroit au bon moment. «On travaille aussi à diminuer les absences en agissant en prévention, notamment en termes de santé et de sécurité au travail», ajoute Mme Brunelle, précisant que le CIUSSS est en action pour être plus attractif et offrir les meilleures conditions possibles au personnel.

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