Un pied de nez au cancer

Cancer ou pas, Martine Duguay était prête à... (Tirée de Facebook)

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Cancer ou pas, Martine Duguay était prête à s'attaquer à la course de 5 km du Marathon des couleurs dimanche à Bécancour. Elle a pu compter sur l'appui de plusieurs proches, dont sa fille Rose qui a parcouru la distance à ses côtés.

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(Bécancour) Parmi les 2130 coureurs qui ont pris part au Marathon des couleurs dimanche, il y avait une participante pour qui le chiffre qui allait apparaître au chronomètre à la fin de l'épreuve n'avait aucune importance.

Même si elle est atteinte d'un cancer du sein pour lequel la rémission n'est pas possible, Martine Duguay n'allait pas être arrêtée.

Après avoir combattu un cancer du sein il y a trois ans, une opération visant à retirer ses ovaires de manière préventive en septembre 2015 avait toutefois permis aux docteurs de s'apercevoir que des métastases s'étaient attaquées à son foie. Les poumons étaient aussi touchés.

Le cancer était de retour. Malheureusement, la médecine moderne n'y pouvait plus rien pour l'arrêter et on lui a annoncé que son espérance de vie était maintenant de deux à cinq ans.

Une nouvelle qui chamboule les plans de vie d'une mère de cinq enfants. Parmi ces projets se retrouvait celui de prendre part à une course à pied, plus précisément celle de Bécancour.

«L'an dernier, de mars à septembre, je m'étais entraînée et je courais cinq fois par semaine. C'était mon objectif de m'inscrire à une course officielle, j'étais rendue là. Mais tout a été arrêté avec la récidive du cancer», explique Mme Duguay.

Plutôt que d'enfiler ses espadrilles, ce sont plutôt des traitements de chimiothérapie qui l'attendaient afin de réduire la progression du cancer. Elle s'est même rendue en Allemagne afin de profiter d'une technique qui pourrait être encore plus efficace. Mais à travers toutes ces visites dans les hôpitaux, une idée persistait: celle de prendre part au Marathon des couleurs.

«La préparation a été difficile, plusieurs fois j'ai essayé de me remettre à l'entraînement durant le printemps et l'été. C'était difficile à travers les traitements de chimio, je ne pouvais persister et progresser, si bien que finalement, j'arrêtais.

Mais je suis en pause de chimio depuis le mois d'août et ça va mieux. J'ai pu reprendre l'entraînement depuis cinq semaines. C'est plus difficile, je ne suis pas aussi en forme que l'an passé, mais depuis deux semaines, je peux faire le 5 km», dit-elle à propos de la distance qu'elle s'était fixée comme objectif.

C'est donc sous un ciel radieux dimanche matin que la femme de 37 ans s'est élancée à travers les arbres sur le parcours du Parc écologique Godefroy. Elle n'était pas seule, puisque sa fille aînée, Rose, était à ses côtés pour la course, ainsi que son conjoint. Plusieurs amies s'étaient aussi déplacées pour l'encourager. Quarante-trois minutes plus tard, elle croisait le fil d'arrivée.

«Ç'a été super bien, ce n'est pas mon meilleur temps à vie mais la journée a été super belle. J'ai bien aimé ça. C'était mon objectif personnel contre le cancer... je voulais lui faire un pied de nez. C'est mission accomplie!

«Je ne l'ai pas couru au complet, je prends des pauses et je marche, mais le but était d'arriver au fil d'arrivée, lance-t-elle. Ce n'était pas vrai que je n'allais pas réussir, peu importe le temps. Même si je suis moins en forme, le cancer n'aura pas pu tout m'enlever.»

La maladie pourrait bien avoir droit à un autre pied de nez prochainement. Martine Duguay n'est pas rassasiée. Déjà, quelques minutes après avoir complété l'épreuve, elle étudiait le calendrier des courses au Québec afin de participer à un autre événement avant que la neige ne tombe. Le tout, avec l'aval de son médecin, qui lui a tout simplement demandé d'écouter son coeur. C'est ce qu'elle fait, écouter son coeur.

«Ça me fait réaliser que je peux encore faire des choses, même si je ne peux plus tout faire parce que je suis plus fatiguée. C'est une réussite personnelle qui fait du bien au moral. Croiser le fil d'arrivée, ça m'a fait tellement de bien et je suis tellement fière.»

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