Des employés du réseau de la santé dénoncent la réforme Barrette

Les dirigeants syndicaux, Jean Lacharité, Frédérick Beaulieu et... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Les dirigeants syndicaux, Jean Lacharité, Frédérick Beaulieu et Loraine Dugas échangeant avec leurs membres réunis dans la cour du Pavillon Saint-Marie à Trois-Rivières pour dénoncer la réforme Barrette.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si le tout se faisait autour d'un barbecue, en une belle journée estivale, les dizaines de travailleuses et travailleurs de la santé et de services sociaux, réunis mardi dans la cour du pavillon Sainte-Marie à Trois-Rivières, n'avaient pas le coeur à la fête pour autant. Souvent à bout de souffle, leurs représentants syndicaux sont venus les appuyer en dénonçant les effets de la réforme Barrette sur les employés du réseau ainsi que sur la population.

«Le message qu'on lance au ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, et au premier ministre Philippe Couillard, c'est d'arrêter de démolir le réseau public. Reculez et réinvestissez», a lancé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, à ses membres, pendant qu'ils cassaient la croûte.

Ce «barbecue festif» s'inscrivait dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j'y tiens. Le syndicat voulait ainsi manifester sa ferme opposition au projet du ministre Barrette «qui file tout droit vers la démolition de notre réseau de soins universels». 

«Depuis l'élection du gouvernement libéral, on assiste à des compressions sans précédent et à la privatisation grandissante des services. Et nous ne sommes pas alarmistes», a-t-on clamé.

Selon la centrale syndicale, chaque jour apporte une nouvelle illustration de privatisation du réseau. Ses dirigeants ont donné comme exemple l'annonce ministérielle de 22 millions de dollars d'investissements visant exclusivement à développer les services privés à domicile. Pourtant, font-ils remarquer, il est urgent d'investir dans le système public de santé et de services sociaux pour répondre efficacement à la demande grandissante de soins.

«Si on n'arrête pas le gouvernement maintenant, les lendemains seront très durs pour la population. Et c'est faux, c'est un mensonge, de dire qu'il n'y a plus d'argent», a ajouté M. Lacharité tout en rappelant que Québec avait dégagé des surplus de 3,6 milliards de dollars l'an dernier, dont la moitié fut réacheminée vers le Fonds des générations.

Pour sa part, le président du Syndicat du personnel de bureau du CSSS de Trois-Rivières FSSS-CSN, Frédérick Beaulieu, affirme que toutes les catégories de personnel confondues dans le réseau de la santé et des services sociaux subissent les effets des mesures Barrette, d'où la surchage de travail. «Voir le ministre de la Santé tout faire pour donner au privé une emprise irrémédiable sur notre système de santé et services sociaux est extrêmement préoccupant. Il faut contrer le discours de faire plus avec moins», a-t-il déclaré.

Celui-ci reproche au ministre de tenter de centraliser les services de soins psychosociaux qui ont fait leurs preuves autour d'une approche axée sur un modèle médical. «Ce faisant, nous sommes en train d'assister au démantèlement pur et simple des CLSC et des services psychosociaux universels pour les population vulnérables qui en ont besoin. Celles-ci risquent d'avoir du mal à pouvoir obtenir les soins et services qui leur sont absolument nécessaires. Il faut l'arrêter à tout prix», a poursuivi M. Beaulieu.

De son côté, la vice-présidente du conseil central du Coeur-du-Québec (CSN), Loraine Dugas, soutient que le gouvernement est en train d'imposer un modèle encore plus centralisé et éloigné de la population avec le démantèlement des CLSC ou les coupes dans la prévention et la santé publique.

«Nous services de santé et nos services sociaux, ce ne sont pas des business. Nous avons à coeur le bien-être des gens et cela ne peut pas se résumer à des colonnes de chiffres. Nous ne voulons pas d'un modèle qui gravite de plus en plus autour des médecins et qui répond davantage à leurs besoins qu'à ceux des citoyennes et des citoyens», a-t-elle conclu.

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