Préposés aux bénéficiaires: «Nous sommes en détresse»

Le président du SQEES-FTQ du volet hébergement, Rosaire... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le président du SQEES-FTQ du volet hébergement, Rosaire Hamelin, ne s'est pas caché pour démontrer la gravité de la situation du manque de personnel chez les préposées aux bénéficiaires mercredi.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, a lancé mercredi un tout nouveau questionnaire pour les personnes préposées aux bénéficiaires, afin de contrer l'importante pénurie de main-d'oeuvre qui sévit dans les murs du CIUSSS-MCQ.

La situation, qui n'allait pas bien depuis le début de l'année 2016, a empiré au cours de l'été. Selon le SQEES-FTQ, près de 800 heures supplémentaires ont été faites en une seule fin de semaine - celle des 12, 13 et 14 août - par les personnes préposées aux bénéficiaires de l'ancien CSSS de Trois-Rivières.

On a même noté un manque allant de quatre à cinq préposés par départements à certains endroits, et ce, pour un quart de travail seulement.

«Nous sommes en détresse, des employés pleurent sur le plancher tellement ça ne va pas bien. Il faut que ça cesse et que l'on trouve un moyen de corriger la situation. Les absences et les maladies sont à la hausse comme jamais», déplore Rosaire Hamelin, président du SQEES-FTQ du personnel paratechnique, services auxiliaires et métiers pour l'ancien CSSS de Trois-Rivières.

Le syndicat a donc pris l'initiative de bâtir un questionnaire, d'une durée d'environ 30 minutes, qui permettra de comprendre les causes de ce manque de main-d'oeuvre et d'agir dans l'intérêt des employés.

Pascal R. Doyon, chercheur et diplômé à la maîtrise en sciences de l'éducation, indique toutefois qu'il faudra que les préposées aux bénéficiaires, autant du volet hébergement que du volet hôpital, prennent le temps de remplir le questionnaire s'ils souhaitent que l'étude porte ses fruits.

«Plus il y aura de répondants au questionnaire, plus les résultats seront probants. Ainsi, le syndicat pourra y aller de meilleures suggestions auprès de l'employeur afin d'améliorer les conditions de travail, mais aussi l'attraction et la rétention des personnes préposées aux bénéficiaires.»

Du côté du personnel, on accueille le projet à bras ouverts puisqu'on est à court de ressources et d'énergie face à cette situation.

«C'est très lourd à l'intérieur de nos centres depuis quelques mois. Les gens sont insécures, car ils ont peur de rentrer travailler et d'être seuls en raison des nombreuses absences. Nous espérons vraiment que notre métier revienne sur les rails à la suite de ce projet», soutient Josée Paquin, préposée aux bénéficiaires depuis plus de 30 ans.

Le SQEES-FTQ est conscient que les travailleurs et travailleuses du volet hôpital du CIUSSS-MCQ risquent d'être peu réceptifs à ce questionnaire, eux qui ne sont pas membres du même syndicat. C'est le SQEES-FTQ qui a demandé au professeur du département des sciences de l'éducation à l'UQTR, Ghyslain Parent, de collaborer avec M. Doyon pour s'assurer d'optimiser les résultats de l'étude.

«Pascal et moi allons nous assurer des plus hauts standards de recherche, notamment en ce qui concerne la méthode de recherche, mais aussi les standards éthiques. Nous nous assurerons également de la confidentialité et l'anonymat des participants à cette étude», assure M. Parent.

Du côté du CIUSSS-MCQ, on regarde d'un oeil attentif la portée qu'aura cette étude, tout en affirmant qu'il n'est pas impossible qu'elle soit reproduite à d'autres endroits de leur réseau de santé.

«Les autres secteurs ne ressentent pas le besoin de tenir une telle étude pour le moment, mais cela pourrait s'avérer utile ultérieurement. Si ce projet devient concluant, nous pourrions certainement l'utiliser ailleurs. On veut toujours améliorer les conditions de travail dans nos établissements», affirme Guillaume Cliche, agent d'information au CIUSSS-MCQ.

Les préposés sont désolés de la situation, tout comme le SQEES-FTQ. Selon le syndicat, cette pénurie de personnel empêche les travailleurs de remplir leurs tâches quotidiennes et du même coup d'obtenir de la satisfaction dans ce qu'ils font. Par-dessus tout, ils déplorent que la qualité de vie des résidents écope le plus de cette situation.

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