Santé mentale: la modernisation des ressources inquiète

André Sauvé, directeur adjoint des services spécialisés en... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

André Sauvé, directeur adjoint des services spécialisés en hébergement et santé mentale au CIUSSS-MCQ.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Plusieurs ressources en santé mentale de la Mauricie feront l'objet d'un important plan de modernisation par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec CIUSSS-MCQ, ce qui entraînera des changements pour la clientèle.

Alors que le Regroupement des ressources résidentielles adultes du Québec (RESSAQ) parle de la fermeture éventuelle de 58 ressources qui hébergent 178 usagers, le CIUSSS-MCQ y voit plutôt une restructuration visant à moderniser les ressources et à les adapter aux nouveaux types de clientèle.

Le RESSAC soutient en effet que le 22 août, les 58 ressources de santé mentale de la Mauricie ont reçu une lettre les informant que l'entente spécifique qui les unit au CSSS de l'Énergie ne sera pas renouvelée le 2 décembre prochain, ce qui équivaudrait à une fermeture.

Au dire de Réjean Simoneau, président du RESSAQ, il s'agit là d'une décision carrément inhumaine, voire d'un drame pour les responsables des ressources, leurs employés mais surtout les usagers et leur famille.

«Ce sont plus de 178 usagers qui sont hébergés dans ces ressources. Où iront-ils? Seront-ils institutionnalisés? Ai-je besoin de rappeler les coûts importants que ça représente pour la société en plus de déstabiliser toutes les personnes impliquées? Il faut cesser de prioriser des restructurations administratives au détriment du patient, surtout en matière de santé mentale», a indiqué M. Simoneau.

Cette décision, qu'il juge aberrante et inacceptable, viendrait d'ailleurs contredire selon lui certains éléments du plan d'action qui privilégie la stabilité résidentielle des personnes atteintes d'un trouble mental.

«Certains usagers sont hébergés dans ces ressources depuis 15-20-30 ans. Imaginez à quel point ils sont désormais insécures car ils ne savent pas où ils vont se retrouver en décembre prochain. On parle ici de gens qui souffrent de troubles légers mais aussi de schizophrénie. Ils ont besoin de ressources de type familial et d'encadrement. Certains vont se retrouver dans des institutions mais d'autres vont terminer assurément dans la rue car il n'y aura pas assez de places pour les accueillir», a ajouté M. Simoneau.

Or, le CIUSS-MCQ a tenu à rectifier certaines informations du RESSAQ et surtout, à rassurer la population.

«Il n'y a personne qui va se retrouver dans la rue ou dans un endroit qui n'est pas adapté à sa situation. Chaque relocalisation, si c'est le cas, va se faire en vertu d'un plan personnalisé dans le respect de chaque client», a répété André Sauvé, directeur adjoint des services spécialisés en hébergement et santé mentale au CIUSSS-MCQ, répétant que personne n'allait se retrouver sans ressources ni hébergement dans le temps des Fêtes.

Selon lui, l'avis de non-renouvellement a été envoyé à des fins purement légales à 31 ressources de type familial (pouvant accueillir un total de 242 usagers) et non 58.

«Ça ne veut pas dire qu'on ne va pas renouveler les contrats et qu'on va fermer les ressources. Notre intention est plutôt de travailler avec les ressources, de regarder de quelle façon on peut s'organiser pour diversifier l'offre de services et équilibrer les ressources sur le territoire, et ce, de gré à gré au cours des prochaines années», a-t-il mentionné.

Il rappelle que la clientèle a changé, d'où l'importance d'adapter les ressources pour favoriser une réadaptation. Outre une clientèle de plus en plus vieillissante, M. Sauvé a aussi donné l'exemple des jeunes qui souffrent de problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

«On ne peut pas les placer dans une ressource avec des personnes âgées. C'est pourquoi il faut revoir le type de ressources pour les adapter au profil de la clientèle. Nous avons besoin autant de places qu'avant mais aussi de logements pour semi-autonomes dans lesquels les équipes en santé mentale pourront faire un suivi très serré», a-t-il indiqué.

Le RESSAQ, qui réclame un arrêt des procédures, entend pour sa part communiquer avec la ministre Lucie Charlebois et sensibiliser la population. De même, elle participera aux séances d'information du CIUSSS pour y accompagner ses membres et poser les questions. M. Simoneau se dit convaincu que le CIUSSS-MCQ prend les usagers en otage pour fermer des ressources en se servant des contrats de service dans un seul but économique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer