Oubliez le Zika, mais pas le virus du Nil

Richard Vadeboncoeur, biologiste et directeur du développement des... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Richard Vadeboncoeur, biologiste et directeur du développement des affaires chez GDG Environnement, exhibant un des pièges à moustiques utilisés pour le contrôle des maladies.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que la contraction du virus Zika est presque impossible au Québec, la situation est tout autre pour le virus du Nil.

Depuis 2011, 259 Québécois ont été infectés par la maladie. En 2014, 45 cas étaient rapportés et 32 d'entre eux ont souffert d'une atteinte neurologique.

Le premier cas d'infection du virus du Nil en Amérique du Nord est rapporté en 1999 dans l'État de New York.

Trois ans plus tard, des infections étaient recensées au Québec. On parle désormais d'un virus endémique dans la province puisque chaque année, de nouveaux cas sont rapportés.

On est bien loin du compte avec le Zika. Le moustique vecteur de ce virus vient à peine de faire son entrée en Nouvelle-Angleterre et, en plus, les conditions météorologiques du Québec rendent impossible le développement de la maladie.

Par contre, le biologiste Richard Vadeboncoeur, directeur du développement des affaires chez GDG Environnement, rappelle que le Zika est un virus qui s'adapte rapidement et que la vigilance est toujours de mise, surtout dans le contexte des changements climatiques.

La tendance au réchauffement pourrait en effet faciliter la migration des moustiques de genre Aedes, qui sont les vecteurs du Zika, vers le Québec. Voilà pourquoi le ministère de la Santé et des Services sociaux maintient des postes de surveillance des moustiques vecteurs du virus à la frontière des États-Unis.

Ainsi, comme le Zika, on attrape le virus du Nil par une piqûre de moustique. Outre rester à l'intérieur, la seule façon de contrer sa propagation est de faire appel à des firmes de contrôle des moustiques.

À cet égard, rappelons que le ministère de la Santé et des Services sociaux a renouvelé le contrat de GDG Environnement pour la surveillance des moustiques porteurs de maladies. GDG n'en est pas à son premier mandat. Depuis 2001, elle est engagée chaque année par le ministère. L'étendue de son contrat a toutefois diminué depuis deux ans.

Si ses employés s'attelaient entre autres à asperger toutes les bouches d'égout de la ville de Montréal, elle ne fait désormais plus que de la surveillance des populations infectées.

«Ce sont des milliards de moustiques vecteurs du VNO de plus seulement parce qu'on a arrêté le contrôle des bouches d'égout», souligne Richard Vadeboncoeur.

Pourtant, malgré l'arrêt du contrôle des moustiques infectés, les cas d'infection n'ont pas augmenté. Au contraire, l'année dernière, seulement six cas du virus étaient recensés. C'est que, selon M. Vadeboncoeur, le nombre d'infections est plutôt lié aux températures estivales. «Plus il fait chaud, plus les moustiques sont susceptibles de transmettre le virus du Nil», rappelle-t-il.

M. Vadeboncoeur affirme aussi que les moustiques porteurs du VNO se développent à partir de la mi-juillet. Les citoyens devraient donc prendre leurs précautions afin d'éviter d'être piqués puisque le virus du Nil peut causer de graves séquelles neurologiques et peut même mener au décès.

L'efficacité du traitement pour enrayer la propagation du virus du Nil est donc difficile à évaluer.

Par contre, les traitements de l'entreprise pour réduire le nombre de moustiques en tant que nuisance fonctionnent bien.

Engagée dans plus de 60 villes au Québec et en Ontario, GDG atteint des taux de diminution des populations d'insectes piqueurs de 90 %. Shawinigan et Trois-Rivières font d'ailleurs appel aux services de l'entreprise.

«Nos traitements permettent aux citoyens de profiter de l'extérieur, notamment des terrains de jeux en plus d'engendrer des retombées économiques importantes liées au secteur récréotouristique. Le développement autour du Mont-Tremblant ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui si GDG n'accompagnait pas son développement depuis le début. On n'y jouerait pas au golf sans nous», conclut M. Vadeboncoeur.

À Trois-Rivières, on évalue à environ 40 $ par compte de taxe le coût des traitements de réduction des insectes piqueurs.

Rappelons que le traitement utilisé par la firme est biologique et n'élimine que les moustiques, sans porter atteinte aux autres espèces.

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