Fluoration: des moyens pour atteindre l'acceptabilité sociale

Le dentiste Jacques Véronneau croit qu'il est possible... (Sylvain Mayer)

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Le dentiste Jacques Véronneau croit qu'il est possible de trouver des alternatives à la fluoration de l'eau potable pour prévenir la carie.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Si l'acceptabilité sociale n'est pas au rendez-vous dans le dossier de la fluoration de l'eau potable, il faut trouver des alternatives pour offrir un apport de fluor à la population, alternatives auxquelles la population choisira d'adhérer ou non. C'est en ces termes que le dentiste Jacques Véronneau, qui pratique notamment à Saint-Alexis-des-Monts et Sainte-Thècle, résume sa vision et ses nombreuses recherches dans le domaine de la fluoration.

Spécialiste en cariologie, détenteur d'une maîtrise en santé communautaire, le Dr Véronneau est associé à de nombreux projets de recherche en Amérique du Sud et en Europe et a déjà été consultant pour l'Organisation mondiale de la santé, ainsi que chercheur et professeur adjoint à l'Université McGill. Reconnaissant l'importance de la fluoration dans la prévention de la carie dentaire, le Dr Véronneau est d'avis qu'il existe plusieurs autres moyens pour proposer des produits fluorés. Bien qu'il ait vu venir depuis plusieurs années la contestation populaire qu'amène la fluoration de l'eau potable, il s'étonne de l'ampleur de la pétition qui a circulé à Trois-Rivières et récolté 17 500 signatures.

«C'est vraiment énorme, je suis surpris de l'ampleur d'une telle pétition. En même temps, c'était prévisible dans une société plus individualiste où les gens s'occupent encore plus de leurs affaires et sont proactifs sur les questions environnementales», croit le dentiste.

Ce dernier avait mené un projet de recherche en 2012, financé par la Fondation Borrow, un organisme basé en Angleterre et qui s'emploie à améliorer la santé bucco-dentaire des enfants à travers le monde. Son travail visait une étude de faisabilité sur la fluoration du lait et des produits laitiers au Canada pour permettre à la population de choisir d'acheter ou non des produits ayant un apport en fluor. Les garderies, les écoles et les centres pour personnes âgées, trois clientèles cibles en ce qui concerne la prévention de la carie dentaire, avaient été ciblés par l'équipe de recherche, qui a rapidement vu ses travaux être interrompus.

«Il y a vite eu de la résistance, notamment au niveau gouvernemental, pour qu'on puisse aller de l'avant, spécialement dans les écoles», se souvient le dentiste, qui rappelle pourtant que des millions d'enfants en Chine boivent chaque jour un berlingot de lait fluoré à l'école afin de prévenir la carie dentaire. «En Scandinavie, une telle recherche avait été menée dans des garderies et on avait pu observer une baisse de 45 % de la carie chez les enfants qui faisaient partie de l'étude», rapporte le Dr Véronneau.

Le dentiste ne cache pas qu'il avait été déçu de la réponse formulée, mais qu'il est vite passé à autre chose. «Les chercheurs, nous faisons souvent face à des résistances. Le réseau n'était tout simplement pas prêt à cette idée», constate-t-il, sans cacher qu'il espère désormais que le soulèvement populaire amène les autorités à revoir les façons de faire et à se pencher sur les alternatives.

«En visant l'eau potable, le gouvernement va vers la solution simple et économique. Mais les budgets que l'on souhaite attribuer à la fluoration de l'eau ne pourraient-ils pas être attribués à la poursuite des recherches et à mener des projets pilotes sur ce qui se fait déjà ailleurs, sur des alternatives qui permettraient aux gens de choisir? Si on adoptait des pratiques autres, une très grande partie du problème serait tout simplement réglée», croit Jacques Véronneau.

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