Les enfants au coeur de la pratique

La petite Hollie, 6 mois, et sa famille... (François Gervais)

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La petite Hollie, 6 mois, et sa famille n'auront pas à se déplacer à Montréal pour passer des examens en cardiologie. Les docteures Anne Fournier et Myriam Brassard de l'hôpital Sainte-Justine se déplacent deux fois par mois à Trois-Rivières grâce à la clinique itinérante cardiopédiatrique.

François Gervais

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La docteure Anne Fournier passe de la salle d'attente à la salle de consultation en coup de vent. La cardiologue pédiatrique a une journée chargée au Centre hospitalier de Trois-Rivières. Vendredi, 55 petits patients attendaient patiemment de la voir pour une consultation. Avec sa collègue, la docteure Myriam Brassard, c'est ainsi deux vendredis par mois.

Dre Fournier fait partie de la clinique mobile cardiopédiatrique de l'hôpital Sainte-Justine qui célèbre ses 20 ans cette année. Plutôt que de faire déplacer une quarantaine de familles, c'est elle qui vient à Trois-Rivières pour répondre aux besoins croissants des enfants pour des consultations en cardiologie.

Heureusement, elle peut compter sur l'aide de la docteur Myriam Brassard, originaire de La Tuque et spécialiste en échographie pédiatrique, qui est à Trois-Rivières le jeudi et le vendredi deux fois par mois également. Accompagnées d'une technicienne, elles réussissent à voir et à rassurer ces familles.

Et quand les enfants sont moins coopératifs aux examens à cause de la fatigue ou de la peur, Dre Fournier a plus d'un tour dans son sac. Elle sort sa «boule magique» et les pleurs cessent quasi instantanément. On l'aura compris: la cardiologue adore les enfants. Il faut dire qu'elle est tout d'abord pédiatre de formation. «Les enfants, je n'ai vu que ça. Je ne connais pas ça la médecine adulte», rétorque-t-elle.

Les dix cardiologues pédiatriques de Sainte-Justine collaborent à cette clinique itinérante. Dre Fournier est toutefois celle qui en fait le plus. De trois à quatre jours par semaine, elle sillonne les villes du Québec pour offrir des consultations en cardiologie.

«J'ai commencé à faire ces cliniques-là et ça me plaisait beaucoup. J'avais l'impression de répondre à une demande. On est formé pour rendre service. En me déplaçant moi, je pouvais offrir exactement la même chose que toutes ces familles-là qui se déplaçaient pour venir à Saint-Justine. Aujourd'hui (vendredi), on est trois à se déplacer et il y a 55 familles qui n'auront pas à se déplacer à Montréal», se réjouit celle qui est également la cofondatrice de l'organisme En Coeur, la fondation québécoise pour les enfants malades du coeur.

Cela représente donc une économie non négligeable de temps et d'argent pour les familles. Les journées de travail manquées, le casse-tête de trouver une gardienne pour les autres enfants, la route, le stationnement: la clinique mobile évite tous ces désagréments.

Elle rappelle qu'avoir un enfant avec un problème cardiaque est loin d'être facile. «C'est lourd, c'est difficile, c'est épuisant. C'est sûr que les enfants qui ont des pathologies cardiaques significatives vont finir par y aller à Sainte-Justine, mais tout ce qu'on peut faire en dehors de Montréal, on va le faire.»

La docteure Myriam Brassard fait elle aussi partie de cette belle équipe depuis 17 ans. Puisqu'elle vient de la Mauricie, elle était très heureuse de pouvoir intégrer l'équipe de Trois-Rivières. Elle apprécie la prise en charge du patient que les cliniques mobiles offrent. «On prend le patient en charge de A à Z. On peut développer de belles relations avec eux. Les gens l'apprécient», constate-t-elle. «Mais ça prend une grande capacité d'adaptation parce que c'est souvent des locaux ou de l'équipement différents.»

Mais n'arrive pas à cette clinique qui veut. Le patient doit tout d'abord avoir été référé par un médecin de famille. Dre Fournier apprécie d'ailleurs cette collaboration avec les autres spécialistes de la santé. «Les pédiatres et les médecins le savent qu'on existe. On se parle, il y a une collaboration avec tout le monde. Je suis convaincue que les soins en cardiologie pédiatrique sont meilleurs parce qu'il y a un échange, il y a un contact direct entre les médecins. C'est très cordial», affirme-t-elle.

En vingt ans, Dre Fournier a vu la médecine évoluer à vitesse grand V. «J'ai vu plein de belles histoires au fil des ans. La cardiologie pédiatrique, c'est une science qui a beaucoup évolué. La majorité des enfants qu'on voit avec une malformation cardiaque vont survivre. On peut maintenant espérer une vie tout à fait normale.»

Avec les années, l'appareillage qu'ils transportent a considérablement rapetissé. «Au début, c'était de très gros appareils qu'on transportait. On a deux appareils d'échographie cardiaque avec nous aujourd'hui et c'est gros comme des laptops.»

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