Fluoration: la population est divisée

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Même si une bonne portion de la population croit que la fluoration de l'eau potable représente un risque pour la santé, 62 % des répondants affirment (60 % à Trois-Rivières et 67 % à Drummondville) que la fluoration prévient la carie chez les gens vivant dans des milieux défavorisés et chez les enfants.

François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Une forte proportion de la population de Trois-Rivières, 44 %, estime que l'ajout du fluor dans l'eau potable représente un risque pour la santé. Malgré tout, la Direction régionale de la santé publique maintient le cap en recommandant la fluoration de l'eau potable.

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La Dre Isabelle Goupil-Sormany, directrice de santé publique et responsabilité populationnelle au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ), a présenté les résultats d'un sondage sur la santé buccodentaire.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Cette donnée ressort d'un sondage réalisé par la firme SOM et commandé par la Direction de la santé publique. L'organisme a dévoilé les résultats lors d'une conférence de presse jeudi. 

«L'efficacité de la fluoration est reconnue pour les groupes à risques de caries, les enfants, les personnes plus socioéconomiquement défavorisées, mais des inquiétudes persistent notamment sur les objectifs cachés et sur les possibles risques sur la santé», affirme Dre Isabelle Goupil-Sormany, la directrice de santé publique et responsabilité populationnelle au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ). 

Mme Goupil-Sormany a toutefois réitéré la confiance de la Santé publique envers la fluoration de l'eau potable en affirmant que la littérature scientifique sur la question a démontré que cette pratique était sécuritaire et bénéfique pour lutter contre la carie dentaire. 

La firme SOM a également sondé la population de Drummondville. Les données sont similaires pour cette ville du Centre-du-Québec où 42 % de la population perçoit des risques pour la santé d'ajouter du fluor dans l'eau. Globalement, c'est donc 43 % de la population de ces deux villes qui anticipe des risques reliés à la fluoration. 

«Les personnes qui n'utilisent pas de dentifrice fluoré sont plus nombreuses, en proportion, à percevoir un risque à l'ajout de fluor (58 %), tout comme celles qui ont, plus globalement, des perceptions défavorables à l'égard du fluor», peut-on lire dans le sondage. 

«Par ailleurs, on note que les jeunes de 16 à 34 ans sont aussi plus nombreux à percevoir un risque (51 %, contre 37 % et 42 % dans les autres groupes d'âge)».

Dans une même proportion, la population croit qu'il y a un risque pour la santé d'ajouter de l'iode au sel de table, malgré que cette mesure diminue les risques de problèmes au niveau de la glande thyroïdienne. 

Même si une bonne portion de la population croit que la fluoration de l'eau potable représente un risque pour la santé, 62 % des répondants affirment (60 % à Trois-Rivières et 67 % à Drummondville) que la fluoration prévient la carie chez les gens vivant dans des milieux défavorisés et chez les enfants. 

Fait particulier, 55 % des personnes sondées (55 % à Trois-Rivières et 54 % à Drummondville) estiment que la fluoration de l'eau cache d'autres objectifs que la réduction de la carie.

«Les messages de la santé publique passent, mais ceux des opposants à la fluoration passent aussi», souligne la directrice de santé publique. «Les fluorures font partie des contaminants environnementaux. Je crois qu'il y a eu un discours [chez les opposants] à l'effet qu'il s'agisse d'un déchet industriel qu'on veut récupérer. Il faut toutefois faire la part des choses entre un contaminant industriel et un additif qu'on ajoute à l'eau.» 

Isabelle Goupil-Sormany soutient à la lumière des données du sondage que la population sous-estime les coûts des soins dentaires, lesquels seraient diminués par l'ajout de la fluoration. «Chaque année, les soins dentaires s'élèvent à près de 40 millions $ uniquement à Trois-Rivières», précise-t-elle. 

«On continue de faire la promotion de la fluoration. Chaque dollar investi dans la fluoration permet d'éviter 80 $ en soins dentaires. [...] On sous-estime aussi les impacts d'une mauvaise santé buccodentaire sur la santé humaine.»

Le sondage démontre de plus que les sources d'informations les plus écoutées par la population en ce qui concerne ces questions sont les professionnels de la santé buccodentaire. Pas moins de 93 % de la population de Trois-Rivières et de Drummondville fait confiance aux conseils des hygiénistes dentaires et des dentistes. 

«Les professionnels de la santé dentaire sont les sources d'informations les plus crédibles pour la population», précise la directrice de santé publique qui indique que ces professionnels utilisent quotidiennement le fluor. 

Ce sondage de la firme SOM a été réalisé auprès de 1800 répondants, soit 900 de Trois-Rivières et 900 de Drummondville, entre le 25 janvier et le 4 février 2016. Le taux de réponse a été de 40 % et la marge d'erreur maximale est de 2,8 %. 

Rappelons que ce sondage a été effectué alors que la Ville de Trois-Rivières souhaite fluorer son eau potable dès l'automne prochain. 

La Coalition trifluvienne pour une eau très saine a affirmé en entrevue qu'elle voulait poursuivre son opposition à la fluoration de l'eau potable tant que cette mesure n'est pas abandonnée. Nicole Renaud, naturopathe et membre de la coalition, met en doute l'objectivité du sondage et estime que les questions sur le fluor étaient «orientées». 

«Les gens ne sont pas au courant de la sorte de fluor qu'on veut mettre dans l'eau. Ils ne savent pas que ce n'est pas du fluorure pharmaceutique qu'on retrouve chez les dentistes», affirme-t-elle. 

«On sait que pour être efficaces, les fluors doivent être appliqués sur la dent et non bus.»

Nicole Renaud ajoute que selon le sondage, 95 % des personnes utilisent un dentifrice et que 67 % des gens vont chez le dentiste, ce qui démontre selon elle l'inutilité de fluorer l'eau potable.

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