Le personnel infirmier est à bout de souffle

Andrée Guillemette, présidente du SIIIACQ-CSQ et Louise Chabot,... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Andrée Guillemette, présidente du SIIIACQ-CSQ et Louise Chabot, présidente de la CSQ.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Le gouvernement continue d'affirmer que les politiques d'austérité, les politiques de compressions et toutes les réformes en cours n'affectent pas les services à la population, mais c'est faux», affirme Louise Chabot.

La présidente de la CSQ était de passage à Trois-Rivières, mercredi, afin de dévoiler les résultats d'un nouveau sondage CROP réalisé du 14 au 18 avril derniers auprès de 1000 répondants.

Il en ressort que 93 % d'entre eux considèrent que le personnel en soins infirmiers est à bout de souffle. «Et ce sondage n'arrive pas en période de négociations», fait remarquer Mme Chabot. «Ce n'était pas pour soutenir des revendications syndicales.»

«Les gens sont à bout. Ils n'en peuvent plus», confirme de son côté Andrée Guillemette, présidente du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec qui représente 1900 membres en Mauricie et au Centre-du-Québec.

«Le temps supplémentaire, le temps supplémentaire obligatoire» (qui fait gonfler les heures travaillées à 16 dans une journée) «le non-remplacement des absences, le non-affichage de postes qui sont vacants, la pénurie des employés et du personnel font vraiment très mal à ceux qui restent sur le plancher et qui subissent une surcharge de travail», explique-t-elle.

«Cela peut diminuer ou entacher la qualité des soins», indique de son côté Mme Chabot.

Le sondage révèle d'ailleurs que 83 % des répondants craignent une baisse de la qualité des traitements qu'ils reçoivent et que 86 % s'inquiètent de possibles erreurs médicales.

Mme Chabot rappelle qu'une recherche au sujet du temps supplémentaire obligatoire réalisée par l'Université de Sherbrooke a été présentée dans le cadre du congrès de l'ACFAS cette semaine. Selon cette étude, «l'utilisation systématique des heures supplémentaires et de personnel moins qualifié augmente de manière significative et indépendante le risque de mortalité en milieu hospitalier» peut-on lire sur le site Web de l'Université.

C'est sans compter la violence dont les infirmières sont victimes sur leur lieu de travail de la part des patients. Mme Chabot indique que «ça peut être des situations comme égratigner, cracher, bousculer physiquement. Le personnel ne fait pas nécessairement de rapport parce qu'il est capable de reconnaître que parfois, ce ne sont pas des gestes volontaires de la part de patients à cause de leur situation de santé. En même temps, ça donne un autre signal que si on avait de vraies mesures de prévention, comme la loi le prévoit, on pourrait, dans certains lieux physiques, mettre les conditions nécessaires pour minimiser ces excès-là», plaide-t-elle.

Le sondage présenté mercredi indique aussi que 91 % des répondants considèrent que le personnel en soins infirmiers représente le visage humain du réseau de la santé. Le même sondage révèle que 90 % des répondants estiment que le personnel infirmier manque de temps pour effectuer un bon suivi et répondre aux questions des patients et 80 % jugent qu'ils ont moins d'accès aux soins de santé.

«Un an plus tard après la réforme Barrette, on voit que c'est loin d'améliorer les conditions d'exercice du personnel et loin d'améliorer la qualité des soins», fait remarquer Mme Chabot.

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