La situation demeure stable dans les urgences de la région

La nouvelle directive du ministère de la Santé et des Services sociaux donnée... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) La nouvelle directive du ministère de la Santé et des Services sociaux donnée aux nouveaux médecins qui désirent travailler en établissement de s'engager à prendre en charge 500 patients soulève des craintes auprès du corps médical.

Des médecins craignent maintenant que les nouvelles règles mettent en péril la couverture adéquate des services d'urgence, une inquiétude réfutée par le CIUSSS de la région.

Dans une lettre envoyée à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, des médecins de l'UMF de Drummond ont fait part de leur inquiétude quant à ces nouvelles mesures.

Selon eux, inscrire 500 patients en 12 mois simplement pour avoir le droit de pratiquer en établissement, et plus particulièrement à l'urgence, relève tout simplement de l'exploit si on considère une prise en charge déontologiquement responsable.

«Notre hôpital est actuellement aux prises avec de sérieux problèmes de couverture à l'urgence suite aux congés de maladie et à la dangereuse vague de départ provoquée par les suites des projets de lois. Plusieurs de nos finissants sont déjà assignés sur la liste de garde dès l'été 2016. À moins de 60 jours de leur entrée en poste, ils n'ont toujours pas la garantie qu'ils pourront exercer en établissement et ainsi venir en aide à l'équipe en place afin d'assurer les services attendus par la population», peut-on lire dans la lettre.

La Fédération des médecins résidents du Québec dit par ailleurs avoir reçu une centaine de plaintes de jeunes médecins depuis la mise en place de cette nouvelle règle, selon La Presse.

Toutefois, au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, on n'observe pas de levée de bouclier importante face à cette nouvelle règle.

Selon le Dr Christian Vinette, directeur des services professionnels, aucune démission ni aucun refus n'a été noté à la suite de l'annonce des nouvelles mesures, et les services d'urgence sont pour l'instant couverts de façon normale.

«Je ne crois pas que ça puisse mettre en péril la couverture à l'urgence, puisque c'est une décision panquébécoise à laquelle tout le monde doit se plier. Ça amène une uniformité et une équité, et je ne vois pas en quoi notre région aurait plus de difficultés qu'une autre ou que les grands centres à remplir ses obligations», explique Dr Vinette.

Ce dernier convient que la règle est nouvelle et que le corps médical doit s'approprier un nouveau mode de pratique, mais que la mesure assure l'accessibilité à la première ligne, ce qui est l'objectif recherché. «Je ne me positionnerai pas sur la mesure, mais c'est notre travail d'en faire une condition gagnante et d'y réagir de façon positive», croit Dr Vinette.

De son côté, le président régional de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Pierre Martin, croit normal que les médecins manifestent actuellement de l'inquiétude, et espère que le débat puisse se tenir sur des questions factuelles.

«Il faut regarder toutes les réalités et les variables avant de faire des menaces de découverture. Que les médecins manifestent des inquiétudes, je les comprends, on en a tous. C'est une réforme majeure du système médical, et très rapide. On change les règles du jeu rapidement.

Alors ça devient bousculant avant que les gens puissent intégrer tout cela. Sur le terrain, on tente de regarder et de récupérer de façon plus factuelle et moins émotionnelle», convient Pierre Martin.

En faisant le calcul, Dr Martin indique que la prise en charge de 500 patients signifie deux jours de clinique à raison de 40 semaines par année.

«C'est l'effort minimal demandé aux nouveaux arrivants, ce qui est loin d'être incompatible avec le privilège de travailler à l'intérieur d'un établissement», commente Dr Martin, qui ajoute qu'avec cet effort, 250 000 personnes au Québec pourront avoir accès à un médecin de famille, mais qu'il en restera encore 750 000 en attente de pouvoir avoir ce service.

«Je ne suis pas inquiet de la mise en place de la mesure. Je suis inquiet parce qu'elle a brusqué les médecins. Un médecin qui se désengage et qui lance la serviette, ça m'inquiète parce que j'ai besoin de lui. Je ne suis pas du bord de personne, je suis du bord de donner des services à la population.

Ce que les gens veulent, c'est un docteur, et d'être capable de le voir quand ils en ont besoin. On n'y arrivera pas si les docteurs ne s'unissent pas pour le faire», croit Pierre Martin.

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