Barrette accuse les omnipraticiens d'être déconnectés de la réalité

Gaétan Barrette... (Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Gaétan Barrette

Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, accuse les omnipraticiens d'être «complètement déconnectés» de la réalité dans leurs critiques de son projet de supercliniques.

Le gouvernement a annoncé en début de semaine la mise en place d'ici à 2018 d'une cinquantaine de supercliniques ouvertes sept jours sur sept, et notamment 12 heures par jour les samedis et dimanches, mais la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) s'oppose particulièrement à cette dernière mesure.

En point de presse jeudi matin avant d'entrer à la séance du caucus libéral, le ministre n'a pas mâché ses mots pour balayer du revers de la main ces critiques. M. Barrette reproche aux omnipraticiens de donner une mauvaise réponse à la population qui réclame d'avoir accès aux médecins.

«Moi, quand j'entends une fédération médicale me dire que "ça ne me tente pas d'être là le samedi soir et le dimanche": mauvaise réponse! Bzz! a-t-il lancé en imitant le timbre sonore d'un quizz. Fini! Next (au suivant)! On passe à un autre sujet.»

Le président de la FMOQ, Louis Godin, a soutenu entre autres que ces heures d'ouverture les fins de semaine n'étaient pas «la meilleure approche».

Selon les analyses que sa fédération a faites, les gens se présentent plutôt tôt le matin. Il serait préférable d'ouvrir seulement huit heures par jour, sinon il y aura des consultations à des heures qui ne sont pas optimales, a-t-il plaidé. En outre, les heures d'ouverture prolongées poseront des problèmes de recrutement de médecins, a soutenu le président de la FMOQ.

«Com-plè-te-ment déconnecté de la réalité de la population», s'est exclamé le ministre de la Santé en réponse à ces arguments. Il s'est étonné des résultats des analyses de la FMOQ et les a même remises en doute.

Opinion populaire

M. Barrette a invité M. Godin à prendre une de ses marches quotidiennes avec lui dans n'importe quelle rue de n'importe quelle ville du Québec, afin de prendre le pouls de l'opinion populaire.

«On partira une conversation avec le public, juste de même, a-t-il suggéré. Il va avoir la mauvaise surprise de constater que ce que la population veut, c'est de l'accès, de l'accès, de l'accès.»

Le président de la FMOQ constatera aussi que tout le monde au Québec trouve que les médecins sont bien payés, a-t-il poursuivi.

La décision du ministre de la Santé d'imposer l'ouverture des cliniques 12 heures par jour, sept jours sur sept, causera des problèmes de recrutement, selon M. Godin.

« Les conséquences de ça, c'est qu'on aura probablement des difficultés à ouvrir toutes ces cliniques-là alors qu'on était déjà en bonne voie de convaincre plusieurs cliniques d'ouvrir de façon étendue leurs heures dans le modèle que nous on proposait, de 76 heures par semaine», explique M. Godin.

En vertu des plans du ministre, les supercliniques doivent offrir à la population un accès plus rapide et amélioré aux soins de première ligne, afin d'éviter que les cas non urgents ne viennent engorger les urgences.

M. Barrette estime que le programme aidera particulièrement les Québécois qui n'ont pas de médecin de famille.

Les supercliniques doivent être ouvertes 12 heures par jour, tous les jours, entre 7 h et 22 h. Elles doivent rendre possible la prise de rendez-vous chaque jour, jusqu'à trois heures avant la fermeture. Elles devront augmenter le nombre de plages de consultation lors de périodes de pointe, par exemple lors d'une éclosion de grippe.

20 000 consultations

Elles devront offrir un minimum de 20 000 consultations annuelles dont plus de 80 % devront être faites par des patients qui n'ont pas de médecin de famille ou en ayant un qui n'oeuvre pas dans la superclinique.

Elles devront avoir accès à un centre de prélèvement public au sein même de la clinique en plus d'avoir une entente avec un laboratoire d'imagerie, au sein de la clinique ou à proximité, pour des radiographies simples et des échographies.

Tous ces critères seront évalués chaque année afin que les cliniques puissent conserver leur statut de «super». Ce statut leur assure un appui financier et un soutien professionnel, soit des infirmières, proportionnel au nombre de consultations annuelles effectuées par les médecins.

L'emplacement de ces cliniques sera en fonction des besoins de la population. À titre d'exemple, M. Barrette entrevoit l'implantation de six supercliniques à Laval et six dans la région de la Montérégie Ouest. Il n'y en aura toutefois pas en Gaspésie, pas plus que sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine. Elles seront essentiellement en zone urbaine ou semi-urbaine.

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