Six super-cliniques desserviront la Mauricie et le Centre-du-Québec

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette.

La Presse

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Gabriel Delisle, La Presse
Le Nouvelliste

Ouvrir ses portes 12 heures par jour et sept jours sur sept. Offrir un minimum de 20 000 consultations par année, dont plusieurs dans un service sans rendez-vous. Donner accès à un centre de prélèvements public.

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Des super-cliniques sont prévues par le ministère de la Santé à Shawinigan, Trois-Rivières, Drummondville et Victoriaville. 

Les 50 super-cliniques qui verront le jour d'ici 2018 au Québec, dont six dans la région, devront respecter une série de critères précis pour obtenir leur financement, a annoncé lundi après-midi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Les lieux d'emplacements des futurs cliniques seront choisis par Québec. Il est donc trop tôt pour savoir si l'urgence du centre Cloutier-du-Rivage sera convertie en super-cliniques.

«Les super-cliniques devront être distribuées sélectivement sur le territoire. Autrement dit, ce ne pourra pas être comme les pharmacies qui sont parfois deux sur le même coin de rue», a dit le ministre Barrette.

La province a déjà été quadrillée par le ministère de la Santé et chaque super-clinique servira un bassin d'environ 50 000 de population.

Dans la région, le ministère prévoit l'ouverture de six super-cliniques. Si trois sont prévues sur le territoire de Trois-Rivières, une l'est à Shawinigan, une à Drummondville et une autre à Victoriaville. Le territoire de La Tuque, déjà pourvu d'un centre hospitalier qui dessert près de 15 000 personnes avec la communauté autochtone de Wemotaci, n'aurait pas selon les plans du ministère de super-clinique.

Ayant des populations trop basses, les régions de la Côte-Nord, des Îles-de-la-Madeleine et de la Gaspésie n'auront par exemple pas de super-clinique. «L'utilité de ces cliniques se retrouve en zones urbaines ou demi-urbaines», a dit le ministre.

Alternative aux urgences

Les super-cliniques seront des Groupes de médecine de famille (GMF), mais qui offriront plus d'activités, devront respecter plus de contraintes et recevront en échange plus de financement. 

Les super-cliniques devront être ouvertes 12 heures par jour, entre 7 h et 22 h. Un service de consultation sans rendez-vous devra être offert.

La prise de rendez-vous devra être possible chaque jour jusqu'à trois heures avant la fermeture. Durant les épisodes annuels de grippe, plus de services devront être offerts. Les patients des super-cliniques devront aussi avoir accès à des prélèvements et des échographies publiques.

Le ministère de la Santé fournira également entre six et douze infirmières à chaque super-clinique.

Dès cette année, le ministre Barrette prévoit ouvrir 32 super-cliniques. Un montant de 17,3 millions $ a été prévu à cet effet. Ces super-cliniques seront financées en fonction du nombre de consultations. Par exemple, une super-clinique qui fera annuellement de 20 000 à 29 999 consultations recevra près de 83 000 $, alors que celle qui en fera 60 000 et plus recevra 233 000 $.

Selon le Dr Christian Vinette, le directeur des services professionnels au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), il serait possible d'assister d'ici quelques mois à l'ouverture d'une première super-clinique à Trois-Rivières. Il indique toutefois qu'il est trop tôt pour connaître son emplacement. Un GMF doit d'abord déposer un projet en fonction des critères que le ministre de la Santé vient de dévoiler.

«Les demandes doivent venir des médecins. Les projets de ceux-ci ont besoin d'une entente avec le CIUSSS avant d'être autorisés par le ministère. On s'attend d'avoir des demandes en mai, alors ça prend par la suite deux ou trois mois d'attente... facilement», précise le Dr Vinette. 

Le Dr Pierre Martin de la Polyclinique du Cap à Trois-Rivières a déjà manifesté son intérêt pour fonder une super-clinique. Il indique toutefois qu'il doit regarder le cadre général du ministre Barrette avant de déterminer s'il déposera un projet.

«Ça prend aussi des conditions favorables», souligne-t-il en précisant que cette annonce visant à soulager les salles d'urgence était très attendue. «C'est possible qu'après avoir étudié le cadre général du ministre, on considère que les conditions ne sont pas favorisantes.»

Même si le député de Champlain, Pierre Michel Auger, soutient toujours en entrevue qu'il souhaite la conversion de l'urgence de Cloutier-du-Rivage en super-clinique et estime de plus qu'elle a tout pour répondre aux critères, le Dr Pierre Martin n'est pas nécessairement du même avis.

«Cloutier c'est un établissement. Alors que jusqu'à maintenant, on parlait de GMF réseau. [...] Il y en a des GMF dans les établissements, mais le fait d'être dans un établissement crée d'autres embûches. En ce qui me concerne, un GMF intraétablissement et qui s'appelle Cloutier, ça m'étonnerait que ça soit moi qui gère ça.» 

«Ç'a d'autres impacts négatifs sur la réalité du GMF que nous avons à Cap-de-la-Madeleine. Quand tu es mixte [intraétablissement et extraétablissement] tout ton financement va dans le CIUSSS», ajoute-t-il.

Également président de la Fédération des médecins omnipraticiens de la Mauricie, le Dr Martin affirme que les médecins ne peuvent pas prendre seuls les risques financiers des super-cliniques. «Celui qui est à risque, c'est l'entrepreneur [médecin]», note-t-il.

Les médecins doivent s'adapter, selon Barrette

Questionné à savoir si les médecins seront intéressés à ouvrir des super-cliniques, le ministre croit que la motivation financière sera suffisante pour les motiver à lancer ces projets.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, est plus sceptique. «Je me questionne sur la pertinence d'être ouvert 12 heures le samedi et le dimanche. Les études de profil de consommation montrent que le week-end, les patients sont là tôt le matin», dit-il. En 2013, la FMOQ avait présenté un projet qui prévoyait ouvrir 100 cliniques réseau, 76 heures par semaine, plutôt que 84 heures comme devront le faire les super-cliniques.

«Jusqu'à quel point les médecins vont-ils embarquer dans les super-cliniques? Je ne sais pas», note le Dr Godin.

Le ministre Barrette croit pour sa part que plusieurs patients voudront avoir accès à un médecin la fin de semaine. «Et rien n'empêche les médecins de donner des rendez-vous à leurs patients la fin de semaine. Depuis quand les rendez-vous doivent-ils se donner uniquement de 8 h à 15 h du lundi au vendredi? [...] C'est aux médecins à s'adapter aux besoins de la population», a déclaré le ministre en conférence de presse.

Donald Martel se rabat sur les GMF

Même si des super-cliniques seront reconnues à Shawinigan, Trois-Rivières, Victoriaville et Drummondville, mais pas dans son comté, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, ne s'en formalise pas pour autant.

«À première vue, ça me surprend. C'est sûr que c'est décevant, compte tenu que ça semble être le modèle privilégié par le ministre. Sauf que moi, j'ai des GMF très importants pour le territoire. Je suis en attente des décisions du ministre par rapport à ça. S'il choisit de financer adéquatement les GMF, cela peut être un moindre mal», a-t-il confié au Nouvelliste.

Pour la clinique de Saint-Léonard d'Aston, «ça fait très longtemps que je suis en attente», dit-il. «Si les GMF sont financés adéquatement, c'est les attentes que j'ai comme député. Je n'ai pas eu d'autres demandes», renchérit le représentant de la CAQ.

«On a quand même le centre à Fortierville, l'hôpital à Nicolet, on a des GMF à Nicolet, à Saint-Léonard et à Saint-Grégoire qui fournissent des services pour une bonne partie du territoire du comté. C'est important qu'on continue de donner des services», a-t-il conclu.

Avec Marc Rochette

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