Semaine nationale du don d'organes: en attente de l'Appel

La trifluvienne Marie-Claude Lapointe attend une double greffe...

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La trifluvienne Marie-Claude Lapointe attend une double greffe de poumons.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À 54 ans, Marie-Claude Lapointe recevait un diagnostic de fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie qui réduit progressivement la capacité à respirer.

L'espérance de vie y étant reliée se situe à entre deux et cinq ans. Depuis le 22 janvier dernier, la Trifluvienne de 59 ans séjourne à la Maison des greffés Lina Cyr, à Montréal, en attente de la double greffe de poumons qui pourrait prolonger sa vie.

Mme Lapointe figure sur la liste des gens en attente de la greffe salvatrice depuis le 3 mars 2014. Elle est cinquième sur la liste, mais comme elle l'explique, divers éléments physiologiques influencent l'ordre dans lequel les gens pourraient recevoir le précieux don.

«Le téléphone peut sonner au mois de juin comme il peut sonner aujourd'hui. En bas de 10 sur la liste d'attente, ça dépend de plusieurs facteurs comme la grosseur de la cage thoracique, les antécédents du donneur et du receveur, le groupe sanguin...», énumère-t-elle.

C'est en constatant des essoufflements démesurés, notamment dans des escaliers, que Mme Lapointe a consulté. Adepte de vélo, la dame était habituée de compléter le Tour de l'île, à Montréal, où elle habitait avant son déménagement à Trois-Rivières en 2009.

Elle trouvait donc étrange d'être essoufflée en gravissant des marches. Les consultations médicales se concluaient par des diagnostics de bronchites et des prescriptions d'antibiotiques ou d'anti-inflammatoires.

Un médecin a finalement soupçonné une fibrose pulmonaire, confirmée par les examens appropriés. Cette maladie chronique provoque l'inflammation et la cicatrisation des poumons, et le qualificatif «idiopathique» signifie qu'on en ignore les causes. Le médecin de Mme Lapointe lui a proposé la greffe comme solution ultime pour stopper la dégénérescence au potentiel fatal.

«Il faut être acceptée comme candidate à la greffe. C'est un long processus. Il faut faire des examens pendant 10 jours, et ça passe par un comité. Ton poids entre en ligne de compte, ta volonté aussi... Il faut que tu écoutes!», indique la femme dépendante de l'oxygénothérapie depuis trois ans. Le trio alimentation, exercice et repos doit être au centre de l'hygiène de vie des candidats à la greffe.

Lors de sa visite chez son médecin à Montréal, le 12 janvier dernier, Mme Lapointe était septième sur la liste d'attente. Le docteur Pasquale Ferraro lui a recommandé d'aménager rapidement à la Maison des greffés, qui accueille les patients avant et après leur greffe.

«Vu que j'étais toute seule - mon conjoint est décédé et je n'ai pas d'enfant - la situation faisait en sorte que je n'étais plus capable de rester toute seule. Le 22 janvier, je déménageais ici», raconte-t-elle en parlant de la maison où elle attend maintenant l'intervention.

«Chez moi à Trois-Rivières, quand je voulais me faire un steak, juste de penser à éplucher des patates, ça tournait en céréales... Je n'avais plus d'énergie pour faire ça. Quelqu'un allait à l'épicerie pour moi. L'alimentation ici, c'est merveilleux, et j'ai un groupe social que je n'avais pas à Trois-Rivières parce que je ne sortais presque plus», relate-t-elle pour illustrer son état en arrivant à la Maison des greffés.

«Ici, je suis en sécurité. À la maison, je ne me sentais plus en sécurité. Dans le temps des Fêtes, on a manqué d'électricité; j'étais très nerveuse, parce que j'avais des bonbonnes d'oxygène, et s'il manquait d'électricité trop longtemps, il fallait que je m'en aille à l'hôpital», ajoute-t-elle.

La convalescence à la suite d'une greffe d'organe dépend de plusieurs variables. Mme Lapointe est consciente qu'elle devra prendre des médicaments antirejet toute sa vie, et continuer à prioriser la bonne alimentation, l'exercice et le repos. Elle est confiante de «remonter vite» la pente de la guérison et, au sens propre, souhaite pouvoir remonter sur son vélo.

L'incitation à signer l'endos de sa carte d'assurance-maladie pour signifier son consentement à donner ses organes en cas de décès sera martelée pendant la Semaine nationale du don d'organes et de tissus. Dans cette démarche de sensibilisation, Marie-Claude Lapointe ajouterait un élément très important pour elle.

«Parlez-en! Moi, j'ai été confrontée au décès de mon père. Je suis infirmière, mais à son décès, je n'étais pas infirmière, j'étais la fille de mon père. Il venait de fermer les yeux, et quand j'ai fermé la porte des soins intensifs, les infirmières m'ont sauté dessus pour savoir si je voulais donner quelque chose.

Mon père, c'est arrivé vite et on n'a pas eu le temps d'en parler. Alors je dirais aux gens d'en parler à leur famille pour qu'ils respectent leur signature,» plaide-t-elle en précisant que dans environ 40 % des cas, un don est refusé en raison de l'opposition d'un membre de la famille.

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