Se faire des muscles pour éviter les fractures

On aperçoit ici le Dr Martin C. Normand... (Stéphane Lessard)

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On aperçoit ici le Dr Martin C. Normand en compagnie de Lorraine Croteau, entraîneuse Neuractiv et éducatrice physique de formation.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le cas est devenu classique. Votre parent âgé est tombé chez lui pour une pacotille et il s'est fait une fracture. S'ensuivent des moments aussi infernaux pour lui que pour vous: hospitalisation dans des douleurs atroces, chirurgie, risques d'infections, médicaments. Puis il y a tentative de réadaptation, un effort que la personne âgée ne veut pas toujours mettre, question de motivation ou d'incompréhension des effets thérapeutiques de la marche et de la musculation pour s'en sortir. Au bout du compte, 764 personnes âgées décèdent chaque année au Québec des suites d'une simple chute, selon l'Institut national de santé publique. Les personnes de 65 ans et plus représentent 65,3 % de l'ensemble de ces hospitalisations.

Souvent, cette chute fatale n'était pas la première. Il y en a eu d'autres avant, signe que les muscles commençaient déjà à faiblir dangereusement, mais la personne a bien pris soin de ne pas en parler, raconte le Dr Martin C. Normand, neurobiologiste et chiropraticien qui a réalisé une étude à ce sujet avant de prendre sa retraite du département de chiropratique de l'Université du Québec à Trois-Rivières où il était professeur.

Si les personnes âgées sont portées à tomber et à se faire des fractures aussi facilement, il y a une raison bien simple, explique le Dr Normand. Elles ont perdu trop de masse musculaire et leurs os s'en sont trouvés fragilisés.

«À partir de 50 ans, on perd 1 % de notre masse musculaire chaque année», indique le Dr Normand. Ceux et celles qui ne s'assurent pas de faire travailler adéquatement leurs muscles tout au long de leur vie, notamment ceux des fesses, des cuisses et des hanches, voient peu à peu leur masse musculaire s'amenuiser au profit de tissus gras.

Proportionnellement, les os qui n'ont plus assez de stimulation musculaire commenceront à perdre de la densité et deviendront ainsi plus susceptibles aux fractures. «Tout ça est lié», explique le Dr Normand.

«La grande cause des chutes, c'est la faiblesse au niveau de la musculature et la perte d'équilibre» qui s'ensuit, dit-il. Et cela survient parce que «les gens deviennent de moins en moins actifs avec l'âge».

On peut comprendre que pour bien des aînés, la musculation en salle d'entraînement ne fait pas partie des habitudes, mais à la Polyclinique du Cap, des groupes de personnes âgées, dont certaines ont 80 ans, se rencontrent régulièrement au centre Neuractiv dans le but de renverser la vapeur et d'apprendre comment bouger pour conserver ou améliorer leur force musculaire responsable du sens de l'équilibre et de la santé de leurs os.

Il faut tout faire pour contrer la perte musculaire qui s'amorce dans la cinquantaine. Et «il n'y a pas d'âge, mais il faut se prendre en main», insiste le Dr Normand. La marche, c'est bon pour le cardio, dit-il, mais «faites aussi de la musculation pure et simple deux fois par semaine, de 30 à 40 minutes chaque fois», conseille-t-il. Et ça vaut autant pour le bas que pour le haut du corps, insiste-t-il.

En gardant les muscles forts, les os en bénéficient. Si une personne âgée a les muscles bien entraînés et tombe sur la glace, elle aura beaucoup moins de chances de se faire une fracture, explique le Dr Normand.

À ceux et celles qui se plaignent d'arthrose et d'arthrite et s'en servent comme prétexte pour éviter de s'entraîner, le Dr Normand réplique que «l'ennemi de l'arthrose, c'est le mouvement. Bouge et tu vas en avoir moins.»

Faire de la musculation, ce n'est malgré tout vraiment pas dans les moeurs de la plupart des aînés. «Les personnes âgées n'aiment pas les gyms. Elles n'ont jamais fait ça», constate le Dr Normand.

C'est d'ailleurs une des raisons qui a motivé ce dernier à créer un gym nouveau genre. Ici, au centre Neuractiv, fondé par le Dr Normand, pas de vélo stationnaire ni de poids et altères, ni d'appareils. On ne trouve que des câbles qui pendent du plafond, des tapis au sol et des entraîneurs spécialisés.

Les exercices qui y sont enseignés permettent entre autres d'utiliser la résistance exercée par le poids du corps et la gravité pour renforcer les muscles. Chaque personne reçoit une prescription particulière de mouvements en fonction de ses besoins.

Au centre Neuractiv, on enseigne la méthode du même nom développée par le Dr Normand à partir de son expérience professionnelle et d'une approche norvégienne de réputation internationale qui est axée sur le développement de l'équilibre.

La méthode qui est enseignée par les professionnels de la santé (chiropraticiens et kinésiologues) chez Neuractiv attire même de jeunes athlètes désireux d'améliorer leurs performances sportives.

«Gardez-vous actif. Ce n'est pas une question de plaisir. On n'a pas le choix» si l'on souhaite conserver son autonomie toute sa vie, plaide le Dr Normand. «Et il n'y a pas d'âge pour bouger», insiste-t-il.

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