Dix-sept heures d'attente à l'urgence avec son fils

Valérie Doucet et son fils Jacob ont dû... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Valérie Doucet et son fils Jacob ont dû attendre 17 heures à l'urgence du centre hospitalier de Trois-Rivières le week-end dernier avant de rencontrer un médecin.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Exaspérée d'avoir patienté 17 heures à l'urgence du centre hospitalier de Trois-Rivières avec son enfant fiévreux avant de rencontrer un médecin, une dame de Trois-Rivières interpelle le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec pour qu'il corrige le manque de personnel médical.

Valérie Doucet a envoyé une lettre en ce sens au ministre Gaétan Barrette, mais n'a pas encore eu de réponse de sa part. Elle a également publié cette lettre sur Facebook, où elle connaît un certain succès et trouve écho auprès de milliers d'internautes. Mercredi en fin de journée, cette lettre adressée au ministre de la Santé avait plus de 2700 partages sur le réseau social. La jeune mère a également reçu plusieurs messages de citoyens qui ont vécu des expériences similaires.

Samedi dernier, Valérie Doucet s'est présentée à l'urgence du centre hospitalier, sous les conseils d'Info-Santé, avec Jacob, son fils de deux ans. Celui-ci était fiévreux et n'allait vraiment pas bien. De plus, le garçon a déjà subi des interventions pour des otites et est suivi par un oto-rhino-laryngologiste (ORL). Ses parents jugeaient donc qu'ils devaient rencontrer un médecin. Les examens réalisés par ce médecin, rencontré finalement 17 heures après leur admission à l'urgence, ont confirmé qu'il s'agissait du virus de l'influenza. Au repos depuis, le jeune garçon se porte beaucoup mieux.

Dans sa lettre, elle explique en détails sa pénible expérience. Malgré ses critiques, Valérie Doucet n'en veut pas au personnel hospitalier. Elle sait qu'il est débordé. «La salle d'attente était remplie. Nous avons dû attendre 1 h 30 avant que notre fils soit inscrit et trié. C'était évident, les médecins étaient débordés», a-t-elle écrit.

«Nous avons dû y passer la nuit. Dans la salle d'attente, il y avait un bébé de 6 mois classé P2 [priorité 2] puisqu'il avait des difficultés respiratoires. Un autre bébé encore plus jeune est arrivé avec sa maman un peu avant minuit. Ce bébé était aussi classé P2, mais puisqu'elle savait que son enfant ne verrait pas un médecin avant le lever du soleil, elle a pris le risque de quitter l'hôpital sans voir le professionnel.»

Entre 22 h et 7 h 30, Valérie Doucet affirme qu'aucune personne n'a été appelée. Plusieurs ambulances amenaient alors des patients. Vers 8 h du matin, après 17 heures d'attente, la dame et son fils de deux ans rencontrent finalement un médecin. «Est-il normal qu'il n'y ait qu'un médecin en poste le soir et la nuit pour soigner les patients de la salle d'attente et pour prendre en charge les personnes qui arrivent en ambulance?», a-t-elle demandé au ministre Barrette dans sa lettre.

«Je tiens à remercier tout le personnel qui a fait tout son possible, mais je tiens à vous dire, monsieur Barrette, que notre système de santé est en mauvaise santé. On comprend pourquoi nos professionnels de la santé tombent en dépression ou changent de carrière. Ils tombent malades d'un système malade.»

Le manque de ressources médicales est identifié comme la cause de ce très long délai d'attente, estime l'auteure de la lettre. «C'est un manque de ressources. Le personnel fait son possible. L'infirmière qui ne prend pas nécessairement le temps, ce n'est pas de sa faute. C'est vraiment le système qui n'est pas adéquat», précise Valérie Doucet en entrevue.

La jeune mère n'a pas voulu porter plainte au centre hospitalier, estimant que cette démarche ne changerait rien. Elle est toutefois d'avis qu'une lettre envoyée au ministre de la Santé puis publiée sur les réseaux sociaux peut faire bouger le système. «Quand la population est fâchée d'une situation, le gouvernement n'a pas le choix de corriger», affirme-t-elle en entrevue. «En publiant cette histoire [sur Facebook], peut-être que ça va faire changer les choses. Plus que par la lettre envoyée au ministre de la Santé.»

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