Zika: Héma-Québec peu inquiet pour l'instant

Les moustiques Aedes albopictus et Aedes aegypti sont... (Archives, La Presse)

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Les moustiques Aedes albopictus et Aedes aegypti sont vecteurs du virus Zika, mais ils ne vivent pas au Québec.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est en voyageant dans un des pays où les moustiques sont infectés, notamment au Mexique, que les Québécois peuvent contracter le virus Zika.

Selon le CDC (Center for Disease Control), la plus grande agence de santé publique des États-Unis, il s'agit là du principal mode de transmission.

Le virus Zika serait toutefois transmissible «possiblement par du sang infecté ou des contacts sexuels», indique le CDC. «Il y a eu un signalement à l'effet que le virus a été transmis par une transfusion sanguine et un signalement à l'effet qu'il ait été transmis par contact sexuel», précise l'agence.

Le Dr Gilles Delage, vice-président aux affaires médicales en microbiologie d'Héma-Québec, craint peu pour les banques de sang québécoise malgré tout, pour l'instant.

«La première idée des gens, en débarquant de l'avion, n'est pas nécessairement de donner du sang», plaide-t-il. Dans le cas d'une personne qui aurait été infectée par le Zika durant son voyage, «la virémie (présence du virus dans le sang) est de courte durée», c'est-à-dire moins de sept jours contrairement à d'autres virus comme l'hépatite C, par exemple, qui ont un caractère chronique, explique-t-il.

Le Dr Delage indique qu'Héma-Québec n'impose pas de période d'exclusion, actuellement, aux donneurs de sang qui arrivent d'un pays où sévit le virus du Zika. Toutefois, on trouve aussi la malaria dans certains de ces pays et une exclusion d'un an des dons de sang est imposée systématiquement, de toute façon, pour les personnes qui ont voyagé dans ces zones.

Haïti, par exemple, où sévit le Zika, «est un pays pour lequel on a une exclusion pour la malaria», illustre-t-il.

Pour l'instant, dit-il, il n'y a que quelques cas de Zika au Mexique et selon le Dr Delage, les personnes les plus à risque sont plutôt les populations locales qui sont exposées aux piqûres de moustiques.

«Il faut regarder le contexte épidémiologique. Ce n'est pas là que les touristes vont. Si vous êtes à Acapulco, sur le bord de la mer et dans un hôtel trois étoiles, votre risque d'être piqué par des moustiques est beaucoup plus faible», fait-il valoir.

De plus, les Québécois voyagent très peu au Brésil (le pays le plus infecté actuellement par le Zika), dit-il, fort d'un sondage sur les habitudes de voyages des Québécois.

Le Dr Delage ne contredit pas, toutefois, le conseil du CDC et de l'Agence de santé du Canada recommandant aux femmes enceintes de remettre leur voyage après leur grossesse si le Zika a été signalé dans leur pays de destination. Si elles doivent y aller quand même, il recommande de bien se protéger à l'aide d'insectifuges et de vêtements longs.

Malgré tout, indique le Dr Delage, «on continue de surveiller la question et on est en train d'évaluer si l'on ne devrait pas effectivement mettre en place un genre d'exclusion de toute personne qui a été dans un pays où il y a ce virus-là pour 28 jours», dit-il.

Au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, aucune action précise n'a été déployée au sujet du Zika. «Nous resterons en vigie de l'information sur le sujet et nous serons en cohésion avec les directives de nos partenaire (Agence de la santé publique du Canada ou du MSSS) s'il y a lieu», indique la porte-parole du CIUSSS, Anne-Sophie Brunelle.

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