Un médecin radié pour trois mois après la mort d'un patient atteint de malaria

Un médecin de Trois-Rivières a été radié trois... (Photo: Stéphane Lessard)

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Un médecin de Trois-Rivières a été radié trois mois.

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(Trois-Rivières) Le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec a rendu, le 21 septembre dernier, son verdict dans l'affaire du docteur trifluvien Alain Veilleux, trouvé coupable d'avoir élaboré un diagnostic bâclé, en 2012, après avoir renvoyé chez lui un patient pourtant atteint de malaria. Christian Fontaine rendait l'âme deux jours plus tard.

Les faits reprochés au Dr Veilleux remontent au 2 mai 2012. Christian Fontaine, âgé de 60 ans, se présente alors à l'urgence du centre hospitalier de Trois-Rivières, pavillon Sainte-Marie, pour faire la lumière sur une fièvre récente, contractée à son retour de Madagascar. M. Fontaine craint d'être attaqué par le virus de la malaria.

Le Dr Veilleux rassure «sans réserve» son patient en lui disant que l'analyse de son bilan sanguin témoigne plutôt d'une infection bénigne. M. Fontaine est retourné chez lui où, 48 heures plus tard, il décède des suites de sa maladie. Selon le Conseil de discipline du Collège des médecins, le Dr Veilleux a ainsi contrevenu aux articles 46 et 47 du Code de déontologie des médecins en ne demandant pas de test spécifique pour confirmer ou infirmer un diagnostic de malaria.

«Le Conseil de discipline a déclaré l'intimé [Alain Veilleux] coupable, suite à son plaidoyer de culpabilité, d'avoir fait défaut d'élaborer un diagnostic avec la plus grande attention pour ce patient [...], négligeant d'éliminer une pathologie grave et pertinente selon l'histoire du patient qui lui avait mentionné revenir de Madagascar et craindre avoir contracté la malaria, limitant son diagnostic à une pathologie infectieuse bénigne», peut-on lire dans le rapport du Conseil de discipline du Collège des médecins, présidé par Me François D. Samson.

Ainsi, le Dr Veilleux a contrevenu à l'article 46 du Code de déontologie des médecins qui prévoit que «le médecin doit élaborer son diagnostic avec la plus grande attention, en utilisant les méthodes scientifiques les plus appropriées et, si nécessaire, en recourant aux conseils les plus éclairés.» Pour ce manquement professionnel, le Dr Veilleux se voit donc accorder une radiation temporaire de trois mois.

À cela s'ajoute une faute liée à l'article 47 dudit code. En effet, l'article 47 stipule que «le médecin doit s'abstenir de faire des omissions, des manoeuvres ou des actes intempestifs ou contraires aux données actuelles de la science médicale.» En bout de piste, le Dr Veilleux se voit condamné à une radiation temporaire de trois mois, à purger concurremment à la précédente.

Conclusion du Collège des médecins: le Dr Alain Veilleux se voit donc radié pour une période de trois mois. 

Cette radiation prendra effet le 27 octobre prochain, et ce, si aucune requête en appel n'est déposée avant le délai imparti.

Même s'il a, d'emblée, plaidé coupable, le Dr Veilleux a fait valoir, dans son témoignage, que depuis les événements, il n'a pas chaumé pour améliorer sa pratique. Entre autres, il consacre plus de temps pour évaluer ses patients et n'hésite pas à demander des tests et traiter rapidement ceux-ci même pour les cas les plus simples. Qui plus est, Dr Veilleux a relaté avoir perdu des revenus de 43 000 $ et ce pour 28 jours de garde à l'urgence annulés.

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