Rapport du CIUSSS: des réactions mitigées

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Johanne Panneton ne croit pas que les recommandations du rapport auraient permis d'éviter une situation comme celle qu'elle a captée sur vidéo.

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le dépôt du rapport du CIUSSS a suscité de nombreuses réactions à commencer par celle de Johanne Panneton. Même si l'auteure de la vidéo se montre satisfaite des recommandations, elle doute que cela aurait pu réellement éviter une situation comme celle qu'elle a captée sur vidéo le 14 juillet dernier. Quant à la FADOQ-Mauricie, elle se dit «bouleversée» par les conclusions de ce rapport.

Ginette Lapointe, directrice générale de la FADOQ-Mauricie.... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste) - image 1.0

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Ginette Lapointe, directrice générale de la FADOQ-Mauricie.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

«Si toutes ces mesures-là avaient été là, avec le même nombre d'employés, je ne suis pas certaine que les deux personnes par terre auraient été prises en charge plus vite», avance Mme Panneton. «Si la porte avait été ouverte et le rideau fermé, est-ce qu'on aurait entendu le monsieur crier? Probablement que oui. D'un autre côté, la cloche, quand elle sonne, ils n'y vont pas toujours en courant», justifie-t-elle.

«Ce qui me satisfait, c'est qu'ils sont ouverts à plus de personnel», répond-elle en faisant allusion à la brèche qu'a ouvert la direction du CIUSSS à ce propos.

Johanne Panneton a passé au peigne fin chacune des treize recommandations du rapport. Si la plupart d'entre elles lui semblent satisfaisantes, d'autres la laissent sur sa faim.

Entre autres, le voyant lumineux qui indique la présence d'un intervenant dans une pièce la laisse perplexe. «Quand j'ai couru dans la corridor, la lumière, je l'aurais pas vue. On pense pas à ça». Quant à l'installation de rideaux d'intimité qui éviteront de fermer les portes durant les soins, «c'est une très bonne chose». «Je n'ai pas de doutes sur les rideaux. Quand je suis allée dans la journée mardi, il y en avait déjà d'installés. Je pense qu'ils sont de bonne volonté», constate-t-elle.

Quant à «l'heure des repas, effectivement, si on peut échelonner ça sur une période de deux heures au lieu de trois heures, ça serait parfait. Mais ce qui serait encore mieux, c'est d'ajouter du personnel à cette heure-là». Elle espère maintenant que les dirigeants passeront de la parole aux actes. «C'est sûr que tout va être mis en place pour qu'il y ait de l'amélioration, c'est parfait. Maintenant, il faut que ça se fasse.»

Quant à la famille de la dame que l'on voit allongée au sol sur la vidéo, elle se dit somme toute satisfaite des recommandations. La belle-soeur de la dame remarque même que les choses ont commencé à bouger. «Quand j'y suis retournée, j'ai vu une différence par rapport aux chutes. Ils ont plus porté attention. Il y avait du tapis amortissant dans sa chambre au complet. En plus, il y avait l'alarme. Elle avait un casque pour les chutes. Le côté sécuritaire, je ne peux rien dire. Peut-être que ça a aidé [les événements]».

Elle applaudit les bonnes intentions qui émanent de ce rapport. «Tout apport positif est toujours bon. Moi, je suis bien satisfaite. Pour les autres patients aussi pas juste pour ma belle-soeur».

Tout de même, ce ratio d'un intervenant pour 13 résidents, qui a été effleuré lors de la présentation du rapport, reste déficient pour elle. «Le rapport de un pour treize encore, je trouve que ce n'est pas assez. Il va falloir à un moment donné [le modifier] parce que les préposés sont essoufflés. C'est beau de dire qu'il y a deux personnes qui peuvent être là tout le temps, mais c'est des cas très lourds qui en ont vraiment besoin», mentionne-t-elle.

Elle prédit que des changements dans le ratio proviendront plutôt du ministère de la Santé et des services sociaux qui déposera, quant à lui, son rapport lundi prochain.

DES RECOMMANDATIONS «ÉVIDENTES»

Ginette Lapointe, directrice générale de la FADOQ-Mauricie, s'est dite «bouleversée» par la lecture du rapport déposé hier. Elle déplore que ces changements ne viennent qu'après un événement comme celui-là.

«Nous ne comprenons pas que ça prend un événement comme celui du 14 juillet pour réaliser que l'horaire de repas du personnel n'était pas adéquat», soutient-elle. «Et fallait-il un tel événement pour que les gestionnaires en place fassent le constat de négligence dans l'entretien normal des lieux et des équipements au Centre d'hébergement Cooke? Une chose que le commun des mortels peut rapidement s'apercevoir lors d'une simple visite», ajoute-t-elle.

Même si elle perçoit la bonne volonté des dirigeants, elle constate qu'ils ont un peu raté leur cible. «Quand on lit le rapport en long et en large, oui, ils vont faire des corrections, mais je pense que c'est beaucoup plus profond que ça», estime-t-elle.

«Le sentiment qui nous habite est de trouver désolant qu'un tel événement donne une liste de recommandations aussi évidente».

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