Pavillon Alternatif de Sainte-Monique: les résidents évacués d'urgence pour non-conformité

Depuis février dernier, le Pavillon Alternatif de Sainte-Monique... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Depuis février dernier, le Pavillon Alternatif de Sainte-Monique est en processus de renouvellement de sa certification.

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Sainte-Monique) Le Pavillon Alternatif de Sainte-Monique a dû procéder à la relocalisation de tous ses résidents lundi dernier. L'évacuation du centre de réhabilitation en toxicomanie fait suite à la suspension du renouvellement du certificat de conformité émis par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-Centre-du-Québec. Une situation insensée pour le Pavillon qui assure avoir répondu à tous les critères de conformité.

Depuis lundi, les 24 résidents présents au Pavillon ont tous été relocalisés dans d'autres ressources certifiées en toxicomanie de la région. Me Maxime Veillette, avocat du Pavillon Alternatif, qualifie la situation «d'assez embêtante». 

Selon ses clients, toutes les conditions ont été remplies. «On ne comprend pas ce qu'on nous reproche. Selon nos documents, on a rempli toutes les demandes», atteste Me Veillette. 

Depuis février dernier, le Pavillon est en processus de renouvellement de sa certification. Cet hiver, le Conseil québécois d'agrément, chargé d'évaluer la qualité des services, ainsi que l'Agence de la santé et des services sociaux (aujourd'hui le CIUSSS) se sont présentés au Pavillon afin d'évaluer l'ensemble des critères de certification. 

Cette visite, qui s'inscrivait dans le processus normal de renouvellement, n'a pas convaincu les visiteurs. «Le rapport a soulevé des doutes sur la qualité du service et la sécurité des résidents», rapporte André Sauvé, directeur-adjoint en santé mentale et en dépendance au CIUSSS. 

«Nous avons travaillé avec la ressource pour élaborer un plan d'amélioration avec des actions très claires à mettre en place», précise-t-il. 

En juin, le couperet est tombé: un comité d'expert en toxicomanie relevant du ministère de la Santé a recommandé au CIUSSS le «non-renouvellement du certificat du Pavillon alternatif et de procéder à la relocalisation immédiate des

24 résidents». 

Une décision incompréhensible pour Me Veillette. Il reconnaît que des recommandations avaient été soumises au Pavillon en février dernier. Les lacunes étaient «surtout au niveau de l'administration», indique Me Veillette. Il soutient que toutes les demandes qui ont été faites dans l'ordonnance d'évacuation ont été respectées. 

«On nous reproche l'absence de certificats médicaux alors qu'on les avait tous transmis», cite-t-il en exemple. 

Du côté du CIUSSS-MCQ, on rapporte que «des faits viennent nous dire que la santé, la

sécurité et le plan de soins des résidents ne répondent plus aux critères de certification», fait valoir M. Sauvé. 

«Il y a des éléments comme la santé et la sécurité pour lesquels c'est tolérance zéro», ajoute-t-il sans vouloir préciser ces éléments.

Au Pavillon, on souhaite que les résidents puissent retourner au centre le plus vite possible. Ça tombe bien: le CIUSSS ne compte pas laisser traîner le dossier trop longtemps. 

«Pour l'instant, ils n'ont pas le droit d'opérer, mais on aura à prendre une décision dans les prochains jours. On va être fixé dans le prochain mois», assure-t-on. Quant au centre, il peut toujours retenter sa chance d'obtenir le certificat de conformité. 

«La ressource peut toujours faire une nouvelle demande de certification. La clé n'est pas encore dans la porte», reconnaît M. Sauvé. 

Il qualifie la situation «d'exceptionnelle» tout en comprenant que des gens soient impliqués dans cette histoire contre leur gré. 

«C'est très déplorable pour la clientèle. On a des gens qui sont en train de suivre un programme de réadaptation qui sont obligés d'être relocalisés, c'est malheureux. Il y a aussi des employés qui vivent de l'incertitude», déplore-t-il.

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