Les psychologues manifestent

Les psychologues du réseau public de la santé... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Les psychologues du réseau public de la santé et des services sociaux de la région ont manifesté à Shawinigan contre l'abolition de la prime de rétention versée aux psychologues.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

Les psychologues du réseau public de la santé et des services sociaux de la région ont manifesté leurs inquiétudes, jeudi, à Shawinigan. Ils étaient une quarantaine à dénoncer l'abolition de la prime de rétention versée aux psychologues qui, selon eux, aggravera le problème d'accessibilité aux services psychologiques pour la population québécoise.

Les psychologues veulent sensibiliser la population sur les effets néfastes du retrait de la prime et inciter le gouvernement à changer de cap. Ils soutiennent que l'abolition de la prime aura pour effet de laisser des gens vulnérables sur le carreau, tandis que d'autres iront carrément à l'urgence pour recevoir des soins.

«Le gouvernement avait mis ça pour contrer l'exode des psychologues, et là, on l'enlève pour une économie d'argent en pensant que ce n'est pas important. Il y a un rapport attendu pour janvier 2016, qui devait déterminer l'efficacité de la prime. Ils n'ont pas attendu le rapport», dénonce le vice-président régional de FSSS-CSN, Claude Audy.

Ce dernier a vu des parcelles du rapport qui dit que la prime favorise la rétention des psychologues dans le réseau public, mais que ça ne les a pas attirés.

«Pour nous, c'est encore plus grave parce qu'en plus des nouveaux qui ne viennent pas dans le réseau, on ne sera plus capable de les retenir. Il faut ramener la prime, pour au moins garder le personnel et il faut ajouter des mesures pour faire de l'attraction», soutient-il.

Pour les organisations syndicales, le gouvernement n'a pas mesuré les conséquences de sa décision unilatérale sur l'attente aux urgences, l'alourdissement du fardeau des groupes communautaires et sur les personnes les plus vulnérables de la société.

Rappelons que cette mesure de rétention, retirée le 30 mars dernier, avait pour objectif d'inciter les psychologues à demeurer dans le réseau public.

«Quand on regarde les conditions offertes dans le secteur privé, il est clair que c'est par conviction, par choix personnel, que les psychologues du réseau public y font carrière», a ajouté Claude Audy.

Déjà, la menace de se tourner vers le privé est bien réelle, une situation qui amènerait, selon le syndicat, inévitablement une baisse de l'accessibilité aux soins psychologiques publics et une importante perte d'expertise dans le réseau.

Le porte-parole de la FP-CSN au Coeur-du-Québec, Mario Bourdon, a déploré que les politiques d'austérité du gouvernement prennent pour cible des personnes parmi les plus vulnérables.

«L'austérité, en santé mentale, cela veut dire plus de gens en détresse! On entend moins parler des listes d'attente en santé mentale et pourtant elles sont bien réelles, tout comme leurs conséquences pour les personnes à la recherche d'aide. Le réseau public ne peut miser uniquement sur la médicalisation des problèmes de santé mentale; les services de psychologie doivent faire partie des réponses offertes. Ces coupes entraînent également un alourdissement pour les organismes communautaires qui n'ont pas les ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux demandes.»

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