Les patients «ne sont pas des numéros»

Andrée Guillemette, présidente de la SIIIACQ-CSQ, Claire Montour,... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Andrée Guillemette, présidente de la SIIIACQ-CSQ, Claire Montour, présidente de la FSQ-CSQ, et Louise Chabot, présidente de la CSQ, ont uni leur voix pour dénoncer le dépôt des offres patronales dans la négociation de leur contrat de travail, hier derrière le centre hospitalier de Trois-Rivières.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires du Coeur-du-Québec (SIIIACQ-CSQ), soutenu par la Fédération de la santé du Québec (FSQ) et la CSQ a dénoncé jeudi les mesures contenues dans le dépôt des récupérations envisagées par le Comité patronal de négociations du secteur de la santé et des services sociaux. Les syndicats s'inquiètent des conséquences de ces mesures sur leurs membres, mais aussi sur la population.

Dans le processus de négociation du contrat de travail, la partie patronale souhaite entre autres retirer les primes majorées de soir, de nuit et de soins critiques (travail en urgence, aux soins intensifs ou en néonatalité). Le gouvernement suggère également de payer à taux simple les heures supplémentaires, et d'éliminer la clause d'intervalle de 16 heures de repos entre les quarts de travail.

«Ce sont des reculs d'il y a 30 ans, des récupérations sur des acquis durement gagnés, négociés et considérés comme des minimums. À la FSQ, on a adopté à l'unanimité le rejet de ce dépôt-là et on entend poursuivre la négociation sur la base de nos demandes. On ne veut pas de ce dépôt, considéré comme odieux face à la qualification du personnel, face à l'énergie mise tous les jours au travail. Se faire proposer des récupérations comme celles-là, c'est odieux», martèle la présidente de la FSQ-CSQ Claire Montour, pour qui le ratio personnel-patient doit être au coeur des préoccupations.

«Dans notre région, on est très inquiets par rapport au dépôt des offres patronales sur la qualité des soins donnés à nos clients. Ça nous inquiète énormément qu'ils soient traités comme des numéros», résume pour sa part Andrée Guillemette, présidente du SIIIACQ-CSQ. Mme Guillemette craint aussi une pénurie de main-d'oeuvre qui aurait comme effet d'augmenter la tâche du personnel en place et qui justifierait le recours aux ressources du secteur privé.

«C'est très important pour nous de maintenir la qualité des soins. Malheureusement, on entend souvent nos membres nous dire qu'ils n'ont pas la satisfaction du devoir accompli en fin de journée parce que la surcharge de travail est trop lourde», ajoute-t-elle avant d'évoquer un autre enjeu, celui de la mobilité du personnel.

«Les patients n'étant pas des numéros, ils ont droit à la constance au plan du personnel, particulièrement les patients qui sont en CHSLD. C'est leur milieu de vie. Et en soins à domicile, on entre dans l'intimité des gens, alors de changer de personnel à chaque visite, c'est vraiment très déstabilisant pour la clientèle», illustre-t-elle.

La présidente de la CSQ Louise Chabot était à Trois-Rivières hier pour soutenir les membres du SIIIACQ-CSQ dans leur activité de mobilisation. Elle déplore le fait que la réforme du ministre de la Santé Gaétan Barrette ait un effet démobilisateur sur le personnel.

«Quand tu t'engages à travailler en santé et services sociaux, c'est parce que tu considères les personnes à part entière et que tu veux donner le meilleur. Et si un gouvernement était digne de ça, il voudrait donner le meilleur à la fois pour la population et pour le personnel. Les offres sont un vrai mépris», a affirmé Mme Chabot.

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