Miraculée de la chiropratique

Isabelle Pouliot, 33 ans, a reçu vendredi son... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Isabelle Pouliot, 33 ans, a reçu vendredi son diplôme de l'Université du Québec à Trois-Rivières en chiropratique, soit neuf ans après avoir amorcé, à l'âge de 24 ans, des études qui auraient dû normalement se terminer après cinq ans.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Appelez-la docteure Isabelle Pouliot et Dieu sait qu'elle mérite amplement ce titre. La jeune femme de 33 ans a reçu, vendredi, son diplôme de l'Université du Québec à Trois-Rivières en chiropratique, soit neuf ans après avoir amorcé, à l'âge de 24 ans, des études qui auraient dû normalement se terminer après cinq ans.

C'est que le 24 juin 2009, après trois ans d'études universitaires, Isabelle Pouliot fait une chute à cheval qui lui occasionnera un traumatisme crâniocérébral.

«Le pronostic médical, c'est que j'allais être un légume pour le reste de ma vie», dit-elle. «On m'avait même enlevé mon permis de conduire», dit-elle.

«J'étais passionnée d'équitation depuis mon jeune âge et en troisième année de chiropratique, j'ai eu ce grave accident de cheval», dit-elle. C'est sa mère qui, plus tard, lui a raconté les détails de l'accident «car je n'en avais aucun souvenir», dit-elle.

«Le cheval que je montais aurait pris le mors au dents, il aurait glissé dans la rue et il est tombé sur moi», raconte-t-elle.

«J'ai eu un grave traumatisme crânien avec hématome cérébral, fracture du crâne et d'autres blessures partout, aux genoux, à la hanche et des côtes cassées», dit-elle.

«Je ne me rappelle rien des mois qui ont suivi. J'ai été hospitalisée aux soins intensifs pendant 48 heures, le temps qu'ils me stabilisent pour me garder en vie. Après, j'ai été une dizaine de jours en traumatologie et ensuite, ils m'ont transférée à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). «Je ne reconnaissais personne», dit-elle.

Isabelle Pouliot était animée d'une telle passion pour la chiropratique qu'elle s'est mise dans la tête assez rapidement que les choses n'allaient pas se terminer comme ça pour elle.

En septembre de la même année, elle retourne à l'UQTR pour poursuivre ses études même si elle ressent des troubles de concentration.

Fort heureusement, elle n'avait pas oublié les notions apprises dans sa formation au cours des trois années précédentes. «C'était resté. J'ai fait de la révision, mais c'est certain que j'ai étudié plus que jamais», reconnaît-elle. Malgré cette remontée relativement spectaculaire, les professionnels de l'IRDPQ sont convaincus qu'elle ne réussirait pas. Ils ont même tenté de la persuader d'entreprendre d'autres études moins exigeantes.

La mémoire à court-moyen terme d'Isabelle Pouliot n'était effectivement pas optimale, même si elle récupérait bien. «C'était comme si mon cerveau était gelé», explique-t-elle.

Malgré tout, elle s'entête, passionnée par la chiropratique et refuse de changer de vocation. D'ailleurs, elle va recourir abondamment à la chiropratique pour se remettre de son accident. Elle bénéficiait d'ajustement chiropratiques routiniers depuis son enfance. Selon elle, cela avait assurément conservé son système nerveux dans un état optimal. C'est grâce à cela, croit-elle aujourd'hui, «que j'ai guéri au-dessus de ce que j'aurais dû guérir».

Isabelle Pouliot reconnaît que son retour prématuré aux études ne s'est pas très bien passé toutefois. Quand elle revient à l'Université, à peine deux ou trois mois après son accident, elle se fatigue plus vite, éprouve des maux de tête et des troubles de concentration.

«Les étudiants ne voulaient pas travailler en équipe avec moi. Ils croyaient que j'exagérais au sujet de mes séquelles», dit-elle. «C'est que mon handicap était invisible», fait-elle valoir. «Après quelques semaines, j'ai relâché complètement mes études. Tout le monde était tellement méchant avec moi que je suis tombée en dépression», confie-t-elle. «Je me suis alors embarquée dans une grosse réadaptation avec neurologues, neuropsychologues, chiropraticiens», raconte-t-elle. «Je faisais beaucoup d'exercices de mémoire», précise-t-elle. «En 2012, j'étais de retour sur pied et bien décidée.»

Isabelle Pouliot reprend à nouveau ses études là où elle les avait laissées. Elle doit malgré tout avoir recours au Service aux étudiants pour obtenir les services d'un preneur de notes. «Je n'étais pas capable d'écouter mon cours tout en prenant des notes», explique-t-elle. On lui accorde aussi un peu plus de temps qu'aux autres pour faire ses examens.

Sa mémoire revient progressivement et «maintenant, elle est même au-dessus de ce qu'elle était avant, on dirait. J'ai des notes au-dessus de la moyenne», confie-t-elle avec fierté. Ce n'est donc pas sans énormément de fierté qu'elle a reçu son diplôme, vendredi.

On lui a remis du même coup le Prix de l'Association des diplômés de l'UQTR assorti d'une bourse de 1000 $ pour son courage exceptionnel.

Dès le mois d'août, elle se joindra au Centre chiropratique Côte-Richelieu de Trois-Rivières. Parmi ses champs d'intérêt professionnels, elle s'intéresse tout particulièrement aux blessures sportives reliées à la pratique du golf... son nouveau sport.

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