Fluoration: «Les enfants ne sont pas des cobayes»

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La Coalition trifluvienne pour une eau très saine craint que les enfants deviennent des cobayes.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est en goûtant à cette «médication préventive forcée» que la Direction de la santé publique (DSP) saura si c'est bon. C'est ainsi qu'on pourrait paraphraser la position de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS) à sa sortie d'une rencontre avec la DSP sur la fluoration de l'eau potable à Trois-Rivières. Amèrement déçue de la position de la DSP qui appuie le projet, la CTETS craint «que les enfants de Trois-Rivières puissent devenir des cobayes».

Si la CTETS applaudit la mise en chantier d'une vaste étude pour comprendre les tenants et les aboutissants de la fluoration de l'eau, particulièrement chez les enfants issus de milieux sociaux plus vulnérables, elle s'oppose du même souffle à l'idée que cette étude soit effectuée directement sur la population, en temps réel et, pour ainsi dire, à son insu.

Ainsi, la CTETS se dit «déçue», ses représentants «inquiets et choqués» par les discussions engagées la semaine dernière à la table de la Santé publique régionale. Déception, donc, car elle «avait espoir de pouvoir travailler de concert avec la Direction de la santé publique afin de trouver des solutions et des alternatives à la fluoration de l'eau pour améliorer la santé buccodentaire chez les enfants.» En somme, le regroupement estime que la volonté de la DSP de mettre en branle une étude qui transformera, selon elle, les enfants en «cobayes», va à l'encontre des normes éthiques admises dans le cadre d'un projet de recherche.

«Pour nous, cette étude ne fait aucun sens puisque selon les lois canadiennes, pour pouvoir étudier un individu, on doit d'abord obtenir son consentement éclairé ou celui de ses parents s'il s'agit d'un mineur. Or, la fluoration elle-même ne fait l'objet d'aucun consentement de la part de la population ni d'aucune évaluation des sujets qui ingéreront les fluorures ajoutés à l'eau potable», souligne Joan Hamel, porte-parole du CTETS.

Du côté de la DSP, on affirme que les règles éthiques et les protocoles de recherche ne seront pas pris à la légère et, au contraire, qu'on respectera à la lettre les normes admises dans le cadre de pareille étude.

«Je peux vous assurer que le comité d'éthique de la Santé publique a été consulté, que leur avis a été demandé et qu'on va le faire aussi dans le cadre de la recherche. Je n'ai pas encore signé le contrat avec les chercheurs, mais c'est clair que ces chercheurs sont aussi soumis à des comités d'éthique. Tout cela va se faire selon des bonnes pratiques. On ne fait pas une étude de médicament qu'on lance sur le marché, mais plutôt une mesure pour laquelle on a démontré l'efficacité dans d'autres populations et sur laquelle on vient valider l'efficacité au Québec dans un contexte contemporain», précise la directrice de la Santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Isabelle Goupil-Sormaly. «On n'est pas en train de sacrifier une génération, au contraire.»

D'autant plus que, de l'avis de Mme Goupil-Sormaly, la situation trifluvienne est exceptionnelle pour colliger des données sur la fluoration de l'eau potable, une occasion en or pour mettre à jour les résultats antérieurs. Les chercheurs pourront ainsi comparer deux groupes témoins habitant la même ville, une première au Québec, soit les enfants qui auront goûté à la fluoration et ceux qui n'en auront pas bénéficié. «Les enfants ne sont pas des cobayes», conclut Mme Goupil-Sormaly.

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