La profession d'infirmière attire toujours

Nathalie Houle et Josée Brière, coordonnatrices du département... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Nathalie Houle et Josée Brière, coordonnatrices du département des soins infirmiers du Cégep de Trois-Rivières.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'effectif infirmier tourne autour de 70 000 personnes au Québec. Quels sont les enjeux actuels de cette profession, la place pour la relève et l'état de la collaboration interprofessionnelle? Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, dont Le Nouvelliste, abordent ces questions.

Nancy Veillette, coordonnatrice du département des soins infirmiers... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Nancy Veillette, coordonnatrice du département des soins infirmiers du Collège Shawinigan. 

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Les infirmières du Québec ont beau parler d'épuisement professionnel, de compressions budgétaires, de surcharge de travail et de temps supplémentaire obligé, leur profession constitue toujours un puissant attrait pour les jeunes qui se sentent une vocation de soigner.

C'est du moins ce qui ressort d'entrevues réalisées par Le Nouvelliste avec les coordonnatrices des départements de soins infirmiers du Collège Shawinigan et du Cégep de Trois-Rivières.

Les candidates à la profession sont variées. Outre les finissantes du secondaire qui arrivent au collégial, on compte aussi «des gens qui ont déjà un DEC en quelque chose d'autre et qui ont décidé de se réorienter ou encore ce sont des mamans monoparentales qui doivent retourner au travail», illustre Josée Brière, coordonnatrice du département au Cégep.

Non seulement la profession offre un éventail très vaste de possibilités de milieux de pratiques, mais le taux de placement est de 100 % pour les nouvelles diplômées, indique l'autre coordonnatrice du département des soins infirmiers du Cégep de Trois-Rivières, Nathalie Houle.

Toutefois, en ce moment même, cette équation est moins certaine à cause de tous les bouleversements occasionnés par les fusions d'établissements et la création du CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux) dans la région qui pourrait générer certains changements pour les employés, nuance Nancy Veillette, coordonnatrice du département au Collège Shawinigan.

Bon an, mal an toutefois, «plusieurs diplômés se placent dans la région», indique-t-elle. «Ils réussissent à travailler soit à Shawinigan-Sud ou à Trois-Rivières. On a même une cohorte à La Tuque et une cohorte à Louiseville. Les étudiantes de La Tuque réussissent quand même assez bien à se trouver un emploi là-bas», précise-t-elle, d'où l'idée d'ouvrir un centre d'études collégiales, là-bas, il y a quelques années. Non seulement cela répondait aux demandes de recrutement, mais limitait aussi le décrochage, fait valoir Mme Veillette.

«C'est un métier qui est beaucoup référé par Emploi-Québec», indique Nathalie Houle.

Il y a malgré tout un contingentement, dit-elle. «Ici, on prend entre 110 et 115 étudiants chaque année ainsi que 36 étudiants en formation continue. On a même un peu plus de demandes cette année que l'an passé», signale Mme Houle.

Selon Josée Brière, c'est probablement là l'effet du nouveau laboratoire dont le Cégep s'est équipé récemment. Ce dernier fait maintenant compétition à celui du Collège Shawinigan qui jouit d'une réputation enviable grâce à ses mannequins de haute technologie (hommes, femmes et enfants) qui simulent plusieurs fonctions du corps humain.

Mme Houle indique qu'il est impossible d'accepter toutes les candidatures parce qu'on «n'aurait pas de place pour les amener en stage. On a un seul hôpital pour plusieurs maisons d'enseignement ici», plaide-t-elle.

Selon Mme Veillette, les personnes qui veulent étudier en sciences infirmières sont beaucoup plus intéressées par la profession elle-même que par les difficultés véhiculées au sujet des conditions d'exercice. «Elles ont une passion pour ça et elles veulent le faire», dit-elle.

C'est que la profession est beaucoup plus vaste que l'image traditionnelle que le public peut en avoir, expliquent les coordonnatrices qui sont aussi des infirmières de carrière.

«Avant, c'était à l'hôpital, mais aujourd'hui, on peut aller travailler en pharmacie, en CLSC, on peut faire de la coopération internationale, travailler en région ou dans les milieux beaucoup plus urbains», résume Mme Veillette.

Il y a aussi la possibilité de travailler pour le secteur privé ou dans les usines, dans les forces armées ou même de démarrer son propre emploi, pour les soins des pieds par exemple, dit-elle.

Certaines infirmières décident de poursuivre leurs études à l'université et peuvent aussi s'adonner à la recherche, ajoutent Mmes Houle et Brière.

Que ce soit avec un DEC ou un baccalauréat, les infirmières peuvent décider de choisir certaines spécialités selon leur formation, indiquent-elles.

«Avec un DEC, tu peux travailler toute ta vie. Mais si tu veux faire autre chose, être infirmière chef, par exemple, il faut le bac», plaide Mme Houle. «Pour tout ce qui est poste de gestion ou de cadre, ça prend un bac. Même chose pour travailler dans les CLSC, être infirmière pivot ou travailler en oncologie», dit-elle.

Deux portes d'entrées s'offrent aux aspirantes à la profession, soit débuter par un DEC en sciences de la nature puis faire un bac en soins infirmiers ou faire un DEC-Bac en soins infirmiers. Cette dernière option présente certains avantages, estiment les coordonnatrices. «Si l'étudiante poursuit au niveau universitaire, elle a déjà 18 crédits universitaire de faits», explique Mme Houle.

«Moi, je me dis toujours que c'est mieux d'entrer dans le concret tout de suite. C'est plus motivant», fait valoir Josée Brière. «On les amène en stage dès la première session.» Elles voient alors tout de suite si elles apprécient cette profession, dit-elle.

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