Un délai pour la fluoration

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La directrice régionale de la Santé publique, Dre lsabelle Goupil Sormany.

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(Trois-Rivières) La Direction de la Santé publique de la Mauricie-Centre-du-Québec entretient des discussions avec le ministère de la Santé afin qu'une étude indépendante sur l'efficacité et les impacts sur la santé de la fluoration de l'eau soit menée. La santé publique demande de plus dans ce contexte un court délai dans la mise en place de la fluoration à Trois-Rivières.

«Nous avons une occasion unique de réintroduire la fluoration auprès d'une population au Québec. Il faut à ce moment avoir des données récentes et adaptées au contexte actuel, aux habitudes de brossage et à l'exposition d'autres sources de fluor, notamment les soins dentaires», lance d'emblée en entrevue la Dre Isabelle Goupil-Sormany, directrice régionale de la Santé publique.

«Il faut aussi faire la démonstration de l'efficacité de la fluoration pour des sous-groupes particuliers. On sait que c'est efficace pour la population en général, mais il faut se poser la question pour les enfants et les enfants des familles qui ont plus de difficultés socio-économiques. On a toujours dit que c'était une mesure efficace, mais encore faut-il le démontrer dans un contexte contemporain, au Québec en 2015.»

La tenue d'une nouvelle étude québécoise sur la question permettrait de mettre à jour les connaissances sur cette mesure controversée, particulièrement à Trois-Rivières où la Ville entend mettre de l'avant la fluoration au cours des prochaines années. Les dernières données québécoises sur l'impact de la fluoration datent de près de 25 ans. De plus, la Dre Goupil-Sormany soutient que les études menées à l'extérieur du Québec ne comportent pas nécessairement les mêmes paramètres qu'ici, rendant les comparaisons plus difficiles ou moins justes. 

«En Australie nous avons 40 ans de données bien documentées [...] mais l'Australie n'est pas le Québec», ajoute la directrice générale de la Direction régionale de la santé publique. «On entend les préoccupations de la population et il faut y répondre.»

Les chercheurs, qui seront indépendants de la Santé publique, seront mandatés pour travailler avec des citoyens de Trois-Rivières. L'étude s'intéressera notamment aux enfants qui sont nés depuis 2008, année de l'arrêt de la fluoration à Trois-Rivières. Les chercheurs mesureront entre autres le taux de carie ou le portrait de la santé dentaire de ces enfants.

«Quand on introduit la mesure [la fluoration], est-ce que le groupe qui suit ou même ce groupe voit l'incidence de carie diminuer? Est-ce que c'est aussi utile pour ceux qui n'ont pas accès aux soins dentaires?», se demande la Dre Isabelle Goupil-Sormany qui prend bien soin de dire que c'est aux chercheurs de définir clairement le protocole de recherche. 

La Coalition trifluvienne pour une eau très saine applaudit la tenue d'une étude indépendante, mais s'oppose farouchement à l'utilisation des enfants «comme des cobayes». La porte-parole du groupe opposé à la fluoration de l'eau, Joan Hamel, s'attend à avoir des mises au point à ce sujet lors d'une rencontre tenue avec la santé publique plus tard cette semaine. 

Bien qu'elle recommande la fluoration de l'eau, la Santé publique pourrait changer son fusil d'épaule si l'étude démontre que la mesure est inefficace ou nocive pour la santé humaine.

La réalisation d'une nouvelle étude sur la fluoration de l'eau potable et ses effets sur la santé est vue d'un bon oeil par la Ville de Trois-Rivières, qui indique que cela sera l'occasion de mettre un terme aux fausses informations au sujet de cette pratique qui sont véhiculées notamment sur les médias sociaux. 

«Nous avons discuté avec la Santé publique qui nous a dit qu'elle allait probablement procéder à des analyses avec des spécialistes pour finalement répondre à toutes sortes de messages qui sont véhiculés sur les médias sociaux. Lorsqu'on lit ça, tout le monde devient un peu des spécialistes du fluor, alors qu'à peu près personne ne connaît ça et que les médecins ont toujours été en faveur [de la fluoration de l'eau]», affirme le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant. 

«Tant mieux, c'est le gouvernement du Québec qui va répondre de cette question.»

Les délais proposés pour mettre en place la fluoration à Trois-Rivières ne devraient pas poser problème, soutient la Ville. Certains retards dans les travaux de mise en place du système de distribution à l'usine de filtration font que la mesure, payée entièrement par Québec, ne devrait pas être en place avant 2016. La Ville soutient de plus que si la Santé publique ne recommande plus la fluoration, elle ira également en ce sens.

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