Mourir à la maison

Lisette Touzin pose en compagnie de son époux... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Lisette Touzin pose en compagnie de son époux Jacques, de Marylène Lampron, ergothérapeute, et de Pierre-Luc Malouin, infirmier.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «La mort fait partie de la vie. Je dis aux gens de se renseigner, de foncer, d'aller voir. Il y a des services qui existent. Vous n'êtes pas seuls.»

Souffrant d'un cancer du pancréas qui s'est répandu dans son foie et dans ses os, Lisette Touzin arrive à la dernière étape de sa vie. Cette Trifluvienne de 69 ans aurait pu choisir de vivre cela dans l'intimité, mais elle a plutôt accepté de rencontrer la presse régionale lundi matin afin de parler de l'importance des soins palliatifs à domicile.

En cette Semaine nationale des soins palliatifs, Mme Touzin est vraiment très à l'aise de discuter de ce service dont elle profite depuis un mois et demi. Selon elle, la qualité de vie est nettement meilleure lorsqu'on profite des soins des professionnels de la santé dans le confort de son foyer, d'autant plus que les soins s'adaptent aux modifications de sa condition.

«J'ai décidé d'avoir ces soins à la maison parce que je veux être entourée des miens, des gens que j'aime. Et il y a en gros, gros, gros. Et ces gens-là, ils sont tellement fins», raconte Mme Touzin, en parlant de Pierre-Luc Malouin et de Marylène Lampron, infirmier et ergothérapeute en soins palliatifs à domicile.

L'infirmier vérifie les signes vitaux de la personne, la soutient pour soulager sa douleur, prend contact avec d'autres spécialistes de la santé si le besoin est là. L'ergothérapeute se charge d'évaluer les difficultés de la personne à soigner afin de lui faciliter la vie au quotidien. Par exemple, Mme Touzin peut continuer de se détendre dans sa baignoire en prenant place sur un siège releveur.

«Mon état est assez bon. Des fois, j'ai mal aux os. Je prends de la médication au besoin pour calmer la douleur et pour reposer le petit hamster, le soir. T'as beau être positive dans la vie, le hamster roule», image Mme Touzin en pointant sa tête.

Jacques Touzin croit fermement que le positivisme dont a toujours fait preuve sa compagne de vie depuis plus de 40 ans joue un rôle important dans l'état actuel des choses.

Il rappelle que la mort ne choisit pas entre les riches et les pauvres et que tout le monde doit passer par là. Mais quand le verdict est tombé il y a un an et demi et que, du jour au lendemain, tu apprends qu'il y a peu à faire, la situation n'est pas très rose.

«Il n'y a pas eu d'opération, car il était trop tard. Il y a un cheminement à faire. Mais je continue de jouer au hockey deux fois par semaine. Il ne faut pas lâcher ses activités. Il faut faire le vide. Mais ce n'est pas si simple», dit l'époux qui veut profiter aussi de chaque moment avec son amoureuse.

Une leçon de vie

Lisette Touzin se souvient du jour où Pierre-Luc Malouin l'a visitée pour la première fois, soit le 23 mars. Elle a visiblement tissé des liens avec l'infirmier.

«Il jase avec moi, il sait comment je vais dans ma tête. Ce n'est pas évident de parler de la mort. Mais je ne peux rien y changer. Ça arrivera quand ça arrivera», dit celle qui souhaite pousser son dernier souffle dans sa maison.

M. Malouin et Mme Lampron offrent des soins palliatifs à domicile depuis quatre et trois ans et demi. Les deux sont unanimes sur l'expérience profondément humaine que cela leur permet de vivre.

«Les gens qu'on rencontre traversent la dernière épreuve. C'est un privilège de les accompagner là-dedans. C'est une leçon de vie. Elle a une grande résilience», témoigne Mme Lampron en parlant de Lisette Touzin.

M. Malouin qualifie de privilège le fait d'accompagner Mme Touzin en fin de vie, elle qui reçoit la visite régulière de sa famille et de ses amis. «C'est peut-être la dernière fois que les gens se voient, souligne l'infirmier. Ça ajoute un cachet particulier. Les gens se disent qu'ils s'aiment. On le sent.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer