Des questions pour Martin Beaumont

Martin Beaumont, président-directeur général du nouveau Centre intégré... (Photo: François Gervais)

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Martin Beaumont, président-directeur général du nouveau Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Martin Beaumont, président-directeur général du nouveau Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec a accepté de répondre à plusieurs questions sur l'avenir du réseau de la santé de la région. Il avait prévu 30 minutes, il nous a accordé une heure.

En tant qu'employeur le plus important de la région, combien d'employés comptez-vous?

Approximativement 17 500 individus, soit entre 13 500 à 14 000 temps complet.

Dans tout le processus en cours, combien d'entre eux partent?

La cible n'est pas au niveau des employés mais du taux d'encadrement. C'est ce que prévoit le projet de loi 10.

Expliquez-nous.

Ce ne sont pas que les hors-cadres qui sont touchés mais aussi tous les cadres supérieurs et les cadres intermédiaires. Le nombre de postes cadres abolis est de 309. Le nombre de cadres qui ont décidé de rester est de 248. Trente-neuf ont fait le choix de préretraite ou retraite en 2015-2016-2017 et 22, à ce moment-ci, ont décidé de quitter le réseau. Donc, ce sont 56 postes qui ne seront pas remplacés et on va continuer de faire de l'optimisation parmi les 248 qui restent pour continuer à diminuer la bureaucratie. Une centaine environ. Après, l'objectif est de maintenir une gestion de proximité, avec des gestionnaires intermédiaires proches de leur équipe, et de créer une dynamique de groupe.

Et les économies vont venir d'où?

De l'optimisation du taux d'encadrement, principalement lié à l'encadrement supérieur et les hors-cadres. [...] Exemple, je viens d'ouvrir un poste de directeur des ressources humaines. Une personne l'a eu. Avant, j'en avais 13 directeurs des ressources humaines. Il va falloir se réinventer pour que toutes les tâches faites par ces gens-là soient maintenant prises dans un contexte de masse critique. C'était le but de la réforme: enlever un palier (les agences de santé) pour se retrouver avec les établissements (CISSS) et le ministère.

Étions-nous en retard dans la réorganisation des services?

Il était temps. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick l'ont faite. La Nouvelle-Écosse est dans la même réforme en ce moment. Je pense que le Québec a trouvé le juste milieu et que ce sera payant.

Les syndicats disent que vous sous-estimez l'état de stress vécu dans le réseau.

Dans toute transformation il y a une réaction anxiogène, il y a une perte de sens. Ils ont raison. Si les gens ne souffraient pas d'insécurité, ils seraient trop indifférents. C'est ma responsabilité avec mon équipe de donner rapidement du sens à cette réforme-là. On a commencé vendredi la tournée des établissements avec le personnel de l'agence car il vit un contexte particulier. La semaine prochaine, je vais en Haute-Mauricie.

Que répondez-vous aux syndicats qui disent qu'on n'a pas fait le bilan de la réforme précédente qui créait les CSSS?

Lorsque la réforme Couillard est arrivée, on avait déjà mis en place des évaluations de programmes pour mesurer l'impact. Ils ont créé des observatoires, des chaires de recherche. La transformation de 2004-2005 a déjà démontré des gains importants sur l'organisation des soins et services. La volonté exprimée par rapport à cette réforme est de poursuivre l'intégration verticale. Prenons les soins jeunesse. On suit un couple qui veut avoir un enfant, puis la dame qui accouche, puis l'enfant en pédiatrie et jusqu'à l'école. On est tous enlignés sur le jeune et sa famille. Il n'y a plus les barrières qu'on avait avant, du genre, «ce cas n'est pas à nous».

Les employés ont des craintes par rapport à la mobilité de la main-d'oeuvre.

La mobilité c'est une bonne chose, j'y crois, [...] mais il faut une approche équilibrée et respectueuse des individus sachant qu'on a aussi des objectifs de stabilité à atteindre.

Qu'arrive-t-il des grands projets comme la phase II du CHRTR, l'hémodynamie, des projets d'agrandissement d'urgences dans les centres périphériques, le réaménagement de certains CLSC?

La réforme ne retardera pas ces projets. [...] J'ai déjà été sensibilisé aux enjeux de la phase II du CHRTR. Mme Lucie Letendre garde la main là-dessus. Mais je ne connais pas l'échéancier. Ce sera une annonce politique.

Les gens de La Tuque sont inquiets, que leur répondez-vous?

Le président du conseil d'administration du CSSS du Haut-Saint-Maurice a raison de se préoccuper du système de financement à l'activité, mais en même temps, dans cette façon de financer les services, on fait attention aux régions éloignées et aux particularités géographiques. [...] Le ministère a déjà réfléchi à ces particularités.

Les groupes communautaires sont méfiants.

C'est le CIUSSS qui va gérer le programme de financement des organismes communautaires autonomes. Ce sera quelqu'un de haut niveau. Dans l'ancienne réforme, on avait oublié les groupes communautaires. On a appris de nos erreurs et on ne les oubliera pas cette fois, on va s'occuper rapidement de diminuer l'anxiété. Ce sont des partenaires dans un réseau intégré... et nous allons respecter leur autonomie.

On annonce une super-clinique bientôt en remplacement de l'urgence du Centre Cloutier-du-Rivage.

J'ai été mis au courant des grands enjeux et j'ai une réunion dès la semaine prochaine à ce sujet. Une chose qui est sûre, c'est que l'objectif est d'offrir des services de santé primaires dans toute la communauté. Des services de proximité, de prise en charge et aussi de sans rendez-vous pour les clientèles orphelines. Le nom qu'on y donnera, ce n'est pas grave.

Qu'arrive-t-il avec les locaux de l'agence?

La santé publique y est toujours ainsi que les finances jusqu'à la fermeture des livres de l'agence. Nous avons un bail à court terme.

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