Flairer l'apparition de l'Alzheimer?

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Johannes Frasnelli, titulaire de la nouvelle chaire de recherche.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De son propre aveu, Johannes Frasnelli aime bien manger et bien boire, mais surtout, il tient à connaître tous les secrets des sens qui permettent aux humains de détecter les odeurs, les saveurs et les substances chimiques de l'environnement.

Ce professeur au département d'anatomie de l'Université du Québec à Trois-Rivières pourra s'en donner à coeur joie puisqu'il est devenu, mercredi, titulaire de la toute nouvelle chaire de recherche institutionnelle en neuroanatomie chimiosensorielle.

«Chimiosensorielle» comme dans nos sens chimiques c'est-à-dire «le goût, l'odorat et le système trigéminal», explique-t-il, c'est-à-dire les nerfs qui traitent des sensations de fraîcheur, de piquant, de brûlant ou d'irritant provoquées par certains mets épicés, par exemple.

L'odorat est important, fait valoir le chercheur en faisant mastiquer aux journalistes présents à la conférence de presse des bonbons le nez pincé. La saveur des bonbons ne devient perceptible que lorsqu'on cesse de se pincer le nez. C'est quand on récupère son odorat, en effet, que le goût du caramel apparaît.

Mais l'odorat occupe une fonction bien plus importante, pour ce chercheur. Chez les personnes appelées à développer la maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson, dit-il, le sens de l'odorat commence à s'estomper jusqu'à 10 ans avant l'apparition des symptômes.

Titulaire d'un doctorat en médecine, Johannes Frasnelli veut étudier, grâce à sa nouvelle chaire, «le lien entre l'anatomie du cerveau et la perception chimiosensorielle», dit-il. «Peut-être qu'on pourrait faire le dépistage précoce de ces maladies en utilisant des tests de l'odorat.»

Le chercheur veut aussi savoir ce qui se passe à l'intérieur du cerveau quand on mange ou boit quelque chose et comment celui-ci forme une image.

Le troisième volet de la chaire, plus expérimental celui-là, est d'étudier le degré de plasticité très élevé du système olfactif, c'est-à-dire une grande capacité à se reconstruire, un phénomène que le scientifique souhaite mieux comprendre.

«Peut-être qu'on pourrait utiliser ça dans l'avenir, dans certaines maladies comme les maladies neurodégénératives, les traumatismes crâniens ou des blessures médullaires», espère-t-il.

La nouvelle chaire de recherche sera financée à raison de 40 000 $ par année pour 5 ans. «Il y a des collaborations cliniques que je prévois faire, notamment avec l'Hôpital du Sacré-Coeur, à Montréal, où je suis chercheur, mais également ici à l'hôpital, à Trois-Rivières, où l'on est en train de commencer les premières collaborations cliniques», dit-il.

À un stade plus embryonnaire, le professeur Frasnelli prévoit faire des collaborations avec des partenaires industriels, «comme l'industrie alimentaire. Si vous pensez à la gastronomie, c'est vraiment quelque chose que j'aimerais développer», dit-il.

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