L'agence de santé disparaît

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Le nom de l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec est disparu de l'affiche en face de l'édifice de la rue Bonaventure à Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Ceux qui cherchaient, mardi, Martin Beaumont, le nouveau président directeur général du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, se faisaient répondre que ce dernier était dans Lanaudière... en train de mettre la clé sous la porte de l'Agence de santé et de services sociaux du Nord de Lanaudière où il assumait jusqu'au 31 mars, la fonction de directeur général.

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Les membres de la FIQ manifestaient, hier, face à la Résidence du Saint-Maurice, à Shawinigan.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

Pendant ce temps, on fermait aussi l'agence de santé de Trois-Rivières. Mercredi matin toutefois, M. Beaumont devrait prendre officiellement ses nouvelles fonctions dans son bureau situé sur la terrasse Turcotte, soit le même immeuble où on retrouve le Groupe d'approvisionnement en commun de l'est du Québec.

Déjà mardi, on pouvait voir que le panneau informatif qui se trouve devant les anciens locaux de la rue Bonaventure de la défunte Agence de santé et des services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, qui avait elle-même remplacé la Régie de la santé et des services sociaux Mauricie- Centre-du-Québec, successeur de l'ancien CRSSS de la région de Trois-Rivières -04 (Mauricie- Bois-Francs.), avait été recouvert. Au total, l'agence comptait 192 employés.

Mercredi matin donc, naît officiellement, pour le meilleur ou pour le pire, le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux Mauricie et Centre-du-Québec et disparaissent toutes les directions et les conseils d'administration des établissements de santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec suivant ce qui est prévu dans la Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux.

Rappelons que le réseau de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec se compose de huit CSSS, de quatre établissements régionaux, deux établissements privés conventionnés, le tout réparti sur huit territoires de réseaux locaux de services, de Drummondville à La Tuque. Selon ce que Le Nouvelliste a appris, 60 postes de cadres supérieurs devront être coupés sur les 120 existants dans le réseau.

Au Québec, la disparition des agences représente plus de600 employés au chômage depuis mardi en fin d'après-midi. Dans la région, la CSN estime que 30 % des employés qu'elle représente sont touchés.

La CSN a dénoncé le climat de confusion qui règne dans le réseau et croit que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, sous-estime l'onde de choc que va créer la Loi 10. Plusieurs employés et professionnels seraient toujours dans l'ignorance de ce qu'il adviendra d'eux. La CSN qui avait l'intention de déposer symboliquement des couronnes mortuaires devant des établissements, s'inquiétait aussi des répercussions sur les services.

Depuis plusieurs jours déjà, les syndicats tiennent des manifestations partout au Québec. Lors du dépôt du budget provincial, on a pu voir à quelques reprises le Collectif régional contre l'austérité, rassemblant la CSN, l'ACEF, la FTQ et le SFPQ. Encore hier, des membres de la Fédération interprofessionelle de la santé du Québec tenaient des manifestations dans la région soit à Nicolet, Shawinigan et Drummondville. La FIQ dénonçait elle aussi les changements à venir qui, à son avis, plongent les professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec dans un climat d'insécurité.

Tout en soulignant la fin de leur convention collective et l'écart important entre les demandes syndicales les offres salariales de Québec, les manifestants ont réitéré que la réforme du réseau de la santé, mise en place alors que la dernière réforme n'est pas encore complétée ni évaluée, détériorera les soins et les conditions de travail du personnel.

Avec la disparition du niveau local de prise de décision, la FIQ estime que la réforme nuira aussi au sentiment d'appartenance, au financement des missions des établissements ainsi qu'à la représentation de la communauté et qu'elle éloignera les services des patients puisqu'elle abolit les établissements locaux, leur conseil d'administration et le réseau local des services.

Toujours selon la FIQ, la nouvelle loi n'améliorera pas l'accès aux soins, ne garantira pas des économies en bout de piste et mettra la table à une privatisation accrue, favorisera la sous-traitance et entraînera le chaos dans la gestion des relations de travail. Un point de vue partagé plus tôt cette semaine par Claire Montour, présidente de la Fédération de la santé du Québec, CSQ.

Rappelons en terminant que le nouveau conseil d'administration de la super structure qui naît aujourd'hui pourrait ne se mettre en place qu'à l'automne. On ignore si toutes ses assemblées seront publiques et si elles seront itinérantes sur le territoire.

Soulignons enfin que le milieu communautaire annonce lui aussi une mobilisation dans les prochains jours. On sait que depuis dix ans, les organismes communautaires réclament une bonification de leur financement. Toutefois, le budget Leitão leur a réservé un gel.

Par ailleurs la TROC Centre-du-Québec-Mauricie a déjà fait savoir que si Québec adoptait le projet de loi 10, le conseil d'administration de la TROC-CQM demanderait que le programme SOC (soutien aux organismes communautaires) ne soit pas administré par le CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec.

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