Comment ça se passe avec votre médecin?

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William Menvielle, professeur au département des sciences de la gestion à l'UQTR.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De plus en plus de personnes malades ou leur entourage ont aujourd'hui recours à diverses communautés virtuelles de patients mondialement connues comme Acor.org (Association of Cancer Online Resources) ou PatientsLikeMe, sur Internet, pour tenter de mieux comprendre leur problème de santé, examiner les avenues qui s'offrent à elles, essayer de trouver des alternatives ou simplement partager leurs émotions et leur vécu, sans être jugées, avec des gens qui traversent les mêmes épreuves qu'elles.

«Certains vont faire de la recherche ailleurs dans le monde pour savoir s'il n'y a pas de nouveaux protocoles, de nouvelles avancées médicales qui vont permettre de peut-être améliorer leur espérance de vie», explique le professeur William Menvielle du département des sciences de la gestion à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Le médecin d'aujourd'hui voit donc arriver dans son cabinet des patients extrêmement bien informés sur leur condition.

«C'est minoritaire, mais face à des médecins généralistes, parfois, il y a des patients qui sont extrêmement connaissants dans un domaine précis parce qu'ils se sont beaucoup documentés», signale le chercheur.

Les réactions, tant du côté du médecin que du patient, peuvent alors être diverses, mais Internet est à l'origine de profondes mutations relationnelles entre les médecins ou tout autre professionnel de la santé et leur patients, dit-il.

Le professeur Manvielle ainsi qu'Anne-Françoise Audrain-Pontevia de l'UQAM, et Loic Menvielle de l'EDHEC Business School de France étudient cette question, appuyés par le fonds FODAR.

Les premiers résultats de leur recherche obtenus auprès de 900 Français et Canadiens semblent démontrer, jusqu'à présent, que malgré tout, «le recours fréquent aux plateformes médicales sur Internet, tant pour les malades chroniques que pour les autres, aurait pour effet de renforcer le lien relationnel avec le praticien et que la relation à l'égard du médecin ne s'en trouve pas altérée.»

«On a un regard surtout marketing», explique William Menvielle. «On va étudier des dimensions comme la qualité de la relation, la satisfaction reliée à la relation et l'attitude reliée à la relation», explique-t-il.

L'équipe constate que si le patient va sur Internet, c'est que «le médecin est surchargé», indique le chercheur. «Parfois, c'est un manque de discernement», dit-il. «Il ne sait pas quoi dire au patient ou comment le dire, selon l'âge du patient, son ouverture d'esprit ou sa compréhension», fait-il valoir.

«Le médecin n'est pas toujours empathique. Ce n'est pas une critique, c'est un fait, par manque de temps, par manque d'intérêt pour la personne en quelque sorte», dit-il. Et un patient extrêmement bien documenté sur son cas peut créer des frictions avec son médecin. «Certains médecins n'apprécient pas ou remettent en cause beaucoup les communautés virtuelles en disant que c'est du n'importe quoi et que le seul savoir c'est le savoir médical qui vient du médecin», dit-il en précisant que ce phénomène n'intéresse pas que son équipe, mais aussi des médecins car il y a des questions d'éthique associées ça ce phénomène. «Que devient l'information qu'on trouve sur Internet? Dans certains cas, elle est revendue à des cabinets pour faire de la recherche entre autre. C'est un autre modèle d'affaires qui naît. On fait de l'argent, au fond, avec des gens malades à leur insu en quelque sorte», explique-t-il.

Toutefois, jusqu'à présent, les trois chercheurs constatent qu'il «n'y a pas vraiment de détérioration de la relation, que les patients aillent sur Internet ou pas», indique le professeur Menvielle. «Les gens perçoivent aussi bien leur médecin», dit-il.

Bien humblement, le chercheur indique qu'il faudrait une étude longitudinale pour savoir si avec le temps, cela changera.

L'équipe veut d'ailleurs amorcer une deuxième collecte d'information qui lui en dira plus. La première collecte, dit-il, impliquait surtout des jeunes. «Donc ils sont plus proches d'Internet», dit-il.

L'équipe espère trouver 1000 personnes, au total, pour compléter sa recherche.

Elle cherche des gens de tous les âges qui pourraient prendre part à cette nouvelle enquête. Le professeur Menvielle, assure aux participants de la plus grande confidentialité. Il faut aller à l'adresse http://bit.ly/1LjLY6D pour prendre part à cette étude.

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