Alzheimer: d'autres solutions que l'aide à mourir

Nicole Poirier, de la Maison Carpe Diem, veut... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Nicole Poirier, de la Maison Carpe Diem, veut que les participants repartent du colloque sur l'Alzheimer avec en tête d'autres outils que l'aide à mourir.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est jeudi, au Centre des congrès de Trois-Rivières, que s'ouvrira un important colloque sur la maladie d'Alzheimer ainsi que les maladies apparentées.

On y attend environ 400 participants, dont des experts français et québécois qui viendront discuter de la meilleure façon d'accompagner les personnes atteintes. Nicole Poirier, fondatrice de la maison Carpe Diem, et responsable de ce congrès, espère que les participants en repartiront mieux outillés pour faire face à l'explosion de ces maladies dans les prochaines années.

C'est qu'au lendemain de la décision de la Cour suprême approuvant l'aide médicale à mourir, Mme Poirier se dit inquiète. Très inquiète. «J'ai un peu peur quand je vois tout ce qui est ambiant en ce moment.»

Elle juge que le gouvernement fait très peu pour les personnes touchées, peu pour l'accompagnement des proches aidants, peu pour la formation du personnel médical. «Maintenant, l'aide à mourir sera une option de plus», observe-t-elle, perplexe.

Elle est d'autant plus soucieuse que c'est à coups de 10 000 personnes par année que les cas de maladie d'Alzeimer vont se déclarer à l'avenir. «Tous ces gens-là, quand ils vont recevoir leur diagnostic, vont se demander quel sera leur avenir. Ils vont réaliser que la vie de leurs proches va se mettre entre parenthèses, etc. Et puis, et ce n'est pas leur faute, mais le personnel médical actuellement manque de formation et de connaissance sur la maladie. Il ne connaît pas la philosophie de l'accompagnement d'une personne atteinte d'Alzheimer. J'ai peur qu'on baisse les bras. On hurle aujourd'hui, pour qu'il se passe quelque chose. Alors, les gens, on les comprend. Tout le monde y pense au suicide.»

Mme Poirier ne cache pas qu'elle redoute ce qui se passe en Belgique. Alors qu'elles sont encore considérées comme aptes, des personnes atteintes de diverses maladies dégénératives décident de ne pas profiter des quelques années qu'elles ont encore devant elles. «Certaines vont dire, il faut que je me décide pendant que je suis encore apte, sinon, je ne le serai plus bientôt. Au moins, au Québec on a gagné ça, que les personnes inaptes n'aient pas accès au suicide assisté.»

En fait, Mme Poirier déclare qu'elle ne veut pas parler de ça. Elle veut plutôt que les gens repartent du colloque convaincus qu'il y a une vie encore possible après le diagnostic et malgré la maladie. Qu'il y a moyen d'être accompagné autrement et mieux que ce qu'on fait en ce moment. Qu'on peut mieux soutenir le personnel, les familles et les équipes qui les accompagnent. Bref, que malgré qu'il n'existe pas de pilule pour guérir l'Alzheimer, il y a un traitement plus humain et qui fait la différence.

«Notre approche à Carpe Diem, fait partie des soins palliatifs, même si on parle d'une condition à long terme, rappelle Mme Poirier. Les gens associent souvent les soins palliatifs aux deux dernières semaines de vie, mais pour nous, chez Carpe Diem, ces soins n'ont pas de durée définie. Les participants au colloque vont voir plein d'opportunités d'accompagner autrement et découvrir des pistes de solution différentes», promet-elle.

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