Assurer une vie après la mort

Alain Doiron (à droite) a mis sur pied... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Alain Doiron (à droite) a mis sur pied la Coopérative de solidarité Les trois berges, une ressource en hébergement pour les personnes vivant avec un traumatisme craniocérébral. On le voit ici en compagnie de son fils Francis.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est entre autres pour «assurer une vie après la mort» des aidants naturels et pour proposer un milieu de vie valorisant pour les personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral qu'Alain Doiron a mis sur pied la Coopérative de solidarité Les trois berges. Inaugurée hier, la résidence pourra accueillir six personnes en hébergement permanent.

Il s'agit pour Alain Doiron de l'accomplissement d'un projet qui remonte à une dizaine d'années, et qui revêt une importance à résonance très personnelle. Il y a près de 20 ans, son fils Francis a été happé par une voiture. Il avait neuf ans, et en est resté handicapé de façon irrévocable. Six ans après cet accident, M. Doiron fut victime d'une allergie qui s'est soldée par l'amputation de ses deux jambes. Cet ancien professeur d'éducation physique puis adjoint au directeur des études au niveau collégial venait de voir sa vie basculer une autre fois. C'est en pensant à son fils, dans la perspective où celui-ci lui survivrait, que M. Doiron a imaginé son projet de ressource d'hébergement supervisé pour les traumatisés craniocérébraux. «J'avais la préoccupation d'assurer une vie après la mort, si je meurs avant Francis. Je veux qu'il ait une qualité de vie, qu'il ne soit pas tout seul».

Le projet s'est concrétisé avec l'acquisition d'une maison sur la rue Gagnon, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest. La bâtisse abritait la Maison Jonathan Morin, une ressource intermédiaire en hébergement. Quelques travaux de réaménagement ont été nécessaires, même si plusieurs infrastructures étaient déjà adaptées. «Nous voulons que tout gravite autour de la personne, qu'elle trouve sa place dans le quartier et dans la communauté en général. C'est un milieu de vie et non une institution», note M. Doiron qui, pour l'instant, est le seul résident avec son fils.

Le directeur général de la coopérative mise sur trois aspects distinctifs. D'abord, la maison offre un service de gîte familial et touristique. En tant que parent d'un enfant traumatisé craniocérébral, Alain Doiron a constaté qu'il y avait peu de place pour les familles dans les ressources d'accueil. «Nous, on a deux chambres que des proches peuvent occuper pour une journée ou deux, pour qu'ils puissent s'imprégner du quotidien du résident», explique-t-il.

Les personnes handicapées (et à la limite tout citoyen!) désirant visiter la région pourront aussi profiter de la formule gîte si des chambres sont disponibles.

Comme autre atout, les résidents de la coopérative pourront participer à des ateliers occupationnels adaptés à leurs déficiences. «Pour les traumatisés craniocérébraux modérés ou sévères, il est difficile de trouver un emploi. Nous, on offre des ateliers occupationnels et non des ateliers de travail. Les premiers seront des ateliers de fabrication de pâtes alimentaires et de transformation de produits de la tomate», précise M. Doiron, qui fut directeur général de l'Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées de 2005 à 2009.

Enfin, une formule de café-rencontre invite «toutes les personnes désirant un échange valorisant et intégrateur avec les membres usagers de la coopérative». Une aire sera dédiée à cette formule en permanence dans la maison.

Trois catégories de membres composent la coopérative: les membres utilisateurs (les usagers), les membres travailleurs (les employés, qui pourraient comprendre dix personnes, à pleine capacité), et les membres de soutien (le conseil d'administration et autres organismes ou individus intéressés). Les tarifs de résidence mensuels ont été fixés à 1500 $ pour un traumatisé craniocérébral léger, 2500 $ pour un niveau moyen et 3000 $ pour un statut sévère.

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