Saint-Boniface confirme son soutien à la Coopérative de santé

Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron.... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Boniface) Le conseil municipal de Saint-Boniface précise le soutien qu'il apportera à la Coopérative de solidarité santé de l'endroit et qui permettra à l'organisme de voler de ses propres ailes par la suite, espèrent les élus. La résolution a été adoptée à la séance régulière du 1er décembre et elle prévoit quatre mesures financières bien circonscrites dans le temps.

Le conseil municipal avait déjà énoncé sa volonté le 13 janvier 2014, mais le libellé de son engagement était demeuré volontairement vague. Il était mentionné que la Municipalité suspendait «le bail de location ainsi que les frais inhérents aux locaux de la coop pour l'instant et se réserve le droit d'ajuster l'aide financière selon les besoins».

Or, les deux parties se sont rencontrées à quelques reprises au cours de l'année. La coopérative devait jongler avec la désaffection de ses membres, insatisfaits de constater que l'organisme ne parvenait pas à attirer de nouveaux médecins.

La situation est toutefois appelée à changer en 2015. En effet, la présidente de la coopérative, Sophie Milette, a confirmé récemment qu'un troisième médecin sans patient intégrerait la clinique en janvier et possiblement un quatrième à l'automne. Elle considère que ces bonnes nouvelles donneront un nouveau souffle à la coopérative, dont le rôle consiste à fournir des locaux et un environnement de travail stimulant et fonctionnel pour ses médecins.

Or, sans les cotisations des membres, impossible d'y arriver. Ainsi, à la mi-novembre, sur 2855 membres actifs, seulement 929 avaient payé leur part annuelle, qui s'établit à 70 $ par adulte et 20 $ par enfant de 18 ans et moins.

Le conseil d'administration de la coopérative réclamait donc une transition pour lui permettre de disposer de la marge de manoeuvre nécessaire qui lui permettra de devenir complètement autonome.

Voilà pourquoi en assemblée publique, les élus ont consenti à ce que la Municipalité absorbe le loyer en 2014, un montant de 2002,68 $. En 2015, elle assumera la facture de 1341,36 $ pour la période du 1er janvier au 31 août. Pour le reste de l'année 2015, elle prévoit payer la somme de 670,68 $, plus l'équivalent de l'indice des prix à la consommation.

La Municipalité s'engage aussi à défrayer la facture d'électricité et les taxes scolaires en 2014. Enfin, elle éponge les taxes municipales de 2014 et 2015.

Questionnement

Même si la résolution adoptée lundi encadre plus précisément l'aide qui sera apportée, elle a fait bondir l'ex-conseiller Côme Garceau. Pendant une quinzaine de minutes, il a alimenté un échange vigoureux avec le maire, Claude Caron, ainsi que les conseillers Jonathan Pilon, Louis Lemay et Jean Saint-Louis.

M. Garceau se demande d'abord comment une Municipalité peut encourager un organisme à ne pas respecter un bail négocié avec elle, à des conditions déjà avantageuses de surcroît. Dans son esprit, il s'agit d'un bris de contrat.

«Mais nous donnons une subvention!», rétorque le maire. «La coopérative vit des problèmes, alors on dit qu'on va la soutenir. À notre arrivée, nous nous étions donné cinq ans pour la mettre en place.»

M. Garceau s'emporte aussi sur la pertinence de délier les cordons de la bourse pour un organisme qui encadre une clinique fréquentée majoritairement par des gens de l'extérieur. Selon des statistiques qui remontent à juillet dernier, seulement 70 des 893 patients pris en charge par les deux médecins habitent à Saint-Boniface.

«Vous n'êtes capables de payer des bandes de patinoires pour les gens de chez nous, mais vous appuyez une coopérative qui, jusqu'ici, n'aide pas le monde de Saint-Boniface», dénonce-t-il.

Le bouillant citoyen accuse aussi les élus de distribuer l'aide financière sans même connaître les revenus prévus de la coopérative. Sur ce point, Louis Lemay a rétorqué que l'organisme avait adopté un budget déficitaire de près de 12 200 $ pour 2015. «C'est un choix du conseil municipal», résume le maire. «On calcule qu'à long terme, ça va bénéficier à notre population.»

M. Garceau déplore que le conseil municipal semble prêt à appuyer la coopérative à n'importe quelles conditions, autant aujourd'hui que pour le futur. Également présent à l'assemblée, Réjean Arvisais a aussi tenté d'en savoir plus quand le maire se disait toujours prêt à soutenir la coopérative, mais il n'a pas obtenu de réponse claire.

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