Le délai de réponse des ambulanciers sur la sellette

Édouard Ricard veut sensibiliser la population à la... (Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Édouard Ricard veut sensibiliser la population à la situation de la BTAQ à La Tuque grâce à la pétition qu'il a lancée. Sur la photo, il est accompagné de Yvan Frenette, directeur général de la BTAQ à La Tuque. Ce dernier affirme que la situation n'est pas normale, et qu'un horaire à l'heure pourrait sauver des vies.

Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) Le directeur général de la banque des techniciens ambulanciers du Québec (BTAQ) à La Tuque, Yvan Frenette, en a assez de faire des revendications.

Depuis plus de cinq ans, il demande aux autorités du changement dans les horaires pour diminuer le délai de réponse aux appels. Il déplore qu'on refuse de l'entendre et il n'est pas seul dans ses revendications.

Édouard Ricard a remis une pétition abondant dans le même sens, à la députée de Laviolette, Julie Boulet, qui a été déposée à l'Assemblée nationale. Le citoyen latuquois affirme que sa femme aurait pu être sauvée, n'eût été du délai d'intervention.

Yvan Frenette estime que le temps de réponse de 13 minutes, dans des conditions idéales, au centre-ville de La Tuque est inacceptable. Il souhaite depuis déjà un moment que l'horaire de faction 7/14, où les ambulanciers attendent chez eux d'être prévenus d'une urgence, soit changé pour un horaire à l'heure.

«Ce n'est pas normal qu'une ville comme la nôtre n'ait pas au moins un véhicule avec un horaire à l'heure. [...] Chaque fois qu'on est devant une situation où cela aurait pu faire la différence, ça relance le débat. On se demande pourquoi. Et ce n'est pas juste moi, c'est frustrant pour tous les ambulanciers. On a tous les outils, mais on arrive en retard», dénonce-t-il.

Il n'est d'ailleurs pas le seul à faire valoir des insatisfactions. Les Latuquois ont été des centaines à signer la pétition lancée par Édouard Ricard. Ce dernier croit fermement que sa femme aurait pu être sauvée, il y a près d'un an, avec une arrivée plus rapide des ambulanciers, alors qu'il avait logé un appel pour un arrêt cardiaque.

«Je n'ai rien à dire sur le travail des ambulanciers, c'est le système qui va mal. S'ils avaient été dans l'ambulance au moment de l'appel, ils l'auraient sauvée», affirme l'octogénaire.

«J'ai perdu ma femme, ça fait très mal, poursuit-il. Je me suis dit qu'elle ne méritait pas ça alors j'ai décidé de faire la pétition pour informer la population.»

Il faut dire que M. Ricard demeure à moins d'un kilomètre de l'hôpital et qu'il a fallu plus de 10 minutes aux ambulanciers pour répondre à l'appel.

À l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, on estime que la survie d'un patient dépend de bien plus d'éléments que simplement du temps de réponse.

«La survie d'un patient dépend de beaucoup de facteurs et c'est ce que la population ne sait pas toujours parce qu'il y a beaucoup de désinformation. Il y a un ensemble de facteurs, dont la condition de santé du patient», soutient Lorraine Croteau, chef des services préhospitaliers d'urgence à l'Agence.

Cette dernière croit d'ailleurs que la couverture ambulancière est adéquate et que le service est de très haute qualité dans le Haut Saint-Maurice.

«Ils ont d'excellents paramédics et leurs temps de réponse sont bons. Ils ont une bonne performance et une qualité d'acte excellente», note-t-elle.

Yvan Frenette pour sa part refuse de baisser les bras, même dans une situation où les compressions budgétaires sont nombreuses.

«On le voit bien qu'il n'y a pas de fonds disponibles, et on voit aussi les besoins des hôpitaux. Là où l'on trouve que ce n'est pas correct, c'est qu'on propose une solution qui ne coûterait à peu près rien et on ne veut même pas la regarder.»

Cette solution, elle consisterait à convertir un des trois horaires de faction en 12 heures à l'heure. Ce qui occasionnerait, selon le directeur général de la BTAQ à La Tuque, un temps réponse normal pendant 12 heures sur une période de 24 heures.

«On leur demande depuis deux ans de faire ce changement-là sans mettre une cent. On pourrait l'essayer en projet-pilote. Moi, je suis convaincu que ça nous permettrait de sauver des gens [...] À l'hôpital on fait tout ce qui est possible pour sauver chaque seconde, chaque minute. On trouve toutes les façons de sauver du temps sauf que l'ambulance elle, reste dans les mêmes délais», déplore-t-il.

En faveur de la création d'une corporation

Dans son dernier rapport, le Comité national sur les services préhospitaliers d'urgence propose de mettre en place une corporation pour Québec et les régions, avec une structure de gouvernance semblable à celle d'Urgences-santé pour Montréal et Laval. M. Frenette croit que cela pourrait être une partie de la solution.

«Ce ne serait plus les agences qui auraient le contrôle. Ce serait un comité de 10 personnes qui serait composé d'ambulanciers, médecins, citoyens... Ce sont eux qui décideraient. Ce ne serait plus partisan, ni politique.»

Du côté de l'Agence, on refuse de se prononcer sur le rapport pour le moment.

«On attend des rencontres en personne pour s'approprier le document et mieux le comprendre. Par contre, on peut dire que le patient est au coeur des préoccupations», a conclu Lorraine Croteau.

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