Je suis séropo... et vous?

De gauche à droite: Christine Boisvert, agente d'information... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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De gauche à droite: Christine Boisvert, agente d'information chez Sidaction Mauricie, Amélie Dubuc, directrice générale de la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières, et Jean-François Aubin, conseiller municipal.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Porteriez-vous un chandail en public sur lequel il est écrit, en lettres bien visibles: «Je suis séropo»?

Trois personnalités de la région l'ont fait pour se mettre dans la peau des personnes atteintes du VIH / sida et susciter des commentaires, des échanges et de la réflexion.

L'ex-ministre Yves-François Blanchet, Jean-François Aubin, conseiller municipal à Trois-Rivières, et Amélie Dubuc, directrice de la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières, ont tenté l'expérience.

Ils en ont parlé mercredi, dans le cadre d'un point de presse de l'organisme Sidaction Mauricie et de la Journée mondiale de la lutte contre le sida. «Le but ultime de la campagne, c'est de combattre la discrimination et la stigmatisation envers les personnes séropositives», explique Christine Boisvert, responsable de la campagne cette année.

«Vivre avec le VIH est un sujet extrêmement tabou. On se retrouve avec des situations comme le refus d'embauche, refus d'assurance-vie, difficultés à trouver un conjoint, refus de soins de santé ou traitements différents, la peur et le dégoût des autres, le jugement sur la façon dont les gens l'ont contracté», dit-elle.

M. Blanchet n'était pas présent à la conférence de presse, mercredi, pour partager son expérience, mais Jean-François Aubin indique qu'il a porté le chandail «par solidarité».

«Porter un chandail affiché séropo est une étiquette lourde à porter», dit-il. «C'est la question du regard des autres» qui est difficile, fait valoir M. Aubin. «Après, il y a tous les clichés que l'on connaît. Séropo ça veut dire que tu es gai et tout ce qui vient avec», illustre-t-il.

Les statistiques permettent aujourd'hui de déloger ce genre de préjugé. En fait, 37 % des transmissions du VIH sont faites lors de rapports hétérosexuels. Fait surprenant, on compte plus de cas d'infection chez les 50 ans et plus (18,2 %) que chez les moins de 25 ans (15,1 %), indiquent les données de 2012 de l'Institut national de santé publique du Québec.

Jean-François Aubin a vu toutes sortes de réactions quand il portait son chandail: petits malaises, regards étranges, blagues, des gens qui n'osent demander d'où sort le fameux chandail. «Des fois, on aime mieux ne pas entendre les réponses», a-t-il constaté.

Ce que Jean-François Aubin retient le plus de son expérience, toutefois, c'est que les gens qui lui ont parlé de son chandail et donc du sida «sont restés sur de vieilles connaissances», dit-il.

Christine Boisvert rappelle «qu'autrefois, tu avais un diagnostic de VIH et c'était un diagnostic de fin de vie en même temps». Aujourd'hui, dit-elle, «ça se traite», mais ça demeure grave et lourd à porter quand même, nuance-t-elle. Fort heureusement, la maladie est difficile à contracter et ce n'est pas par une poignée de main qu'une personne en deviendra malade.

De son côté, Amélie Dubuc a constaté, quand elle portait le fameux chandail, que les gens étaient mal à l'aise. Elle croyait pouvoir susciter des discussions, mais ce ne fut pas le cas. «Certains m'ont dit qu'ils m'aimaient quand même. Je me demandais pourquoi. Si j'avais un cancer, est-ce qu'ils me diraient la même chose?», se questionne-t-elle.

Notons que Sidaction Mauricie fait des activités de formation et de prévention et offre des services divers aux personnes vivant avec la VIH / sida.

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