Santé: le Centre-du-Québec divisé

Avec le démantèlement annoncé des agences de santé,... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

Agrandir

Avec le démantèlement annoncé des agences de santé, les agglomérations de Drummondville et de Victoriaville voudraient bien que le Centre-du-Québec obtienne un centre intégré de santé et de services sociaux. L'idée ne réjouit pas plus qu'il faut les maires de Nicolet et de Bécancour.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les maires Alain Rayes de Victoriaville et Alexandre Cusson de Drummondville souhaitent profiter du projet de loi 10 du ministère de la Santé et des Services sociaux qui abolit les agences de santé et de services sociaux pour relancer l'idée de créer une région sociosanitaire autonome au Centre-du-Québec.

Dans les faits, le projet aurait pour conséquence de créer un nouveau centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) basé soit au CSSS d'Arthabaska-et-de-L'Érable, soit au CSSS Drummond.

La nouvelle structure desservirait tout le territoire de la région administrative 17. Une idée qui laisse toutefois les maires de Bécancour et de Nicolet plutôt froids.«On ne sait pas ce que ça pourrait impliquer, la création d'un nouveau CISSS au Centre-du-Québec», commente prudemment le maire de Nicolet, Alain Drouin.

Ce dernier reconnaît que ce n'est pas la première fois que le Centre-du-Québec lève la main pour être reconnue comme une vraie région administrative. Elle l'a fait pour le transport, les affaires municipales et l'éducation, etc. Et il souligne qu'il pense toujours que la création de la région 17 n'a eu que des impacts positifs sur l'ensemble de ce territoire.

«Mais je ne sais pas quelle est la vraie capacité financière du ministère de la Santé de créer une nouvelle structure sur la Rive-Sud. Car forcément, c'est une structure et il faut une machine administrative pour l'accompagner. C'est l'offre de services qu'on doit regarder là-dedans et ça, ce n'est pas que le politique qui doit le faire. Si la création du CISSS Centre-du-Québec ça veut dire que la population de Nicolet devra se rendre à Drummondville ou à Victoriaville pour se faire soigner, c'est non! À cause de la proximité. C'est ça l'enjeu. C'est plus rapide d'aller à Trois-Rivières.»

Même son de cloche du côté de Bécancour où le maire Jean-Guy Dubois estime lui aussi que sa population sera mieux desservie en demeurant sous l'administration d'un CISSS à Trois-Rivières qu'en joignant une autre entité administrative régionale basée à Victoriaville ou à Drummondville.

«On va tous chercher nos services à Trois-Rivières, on est comme frère et soeur avec cette ville. On a élaboré un rapprochement qui donne des fruits et il va encore se passer bien des choses dans les mois qui viennent», prédit le maire de Bécancour.

Autre position

De l'autre côté de l'autoroute 20, on voit les choses différemment et on veut saisir l'occasion pour corriger un oubli historique. «De tous les ministères, la santé est la seule compétence qui n'est pas gérée complètement par notre région, plaide le maire de Victoriaville, Alain Rayes. C'est le message qu'on a envoyé au gouvernement. Le maire de Drummondville et moi ne remettons pas en question la réorganisation des CSSS et des agences. Mais on demande du temps pour pouvoir présenter un projet qui soit encadré par les balises que Québec et pour faire en sorte qu'en santé, on ait notre propre CISSS au Centre-du-Québec.»

Le maire Rayes avoue qu'il n'en est pas encore à essayer de convaincre tous les autres maires de la région 17 du bien-fondé du projet. Il attend d'abord de recevoir la réponse du ministère de la Santé avant d'en faire un enjeu régional. «Mais on va sans doute leur demander pourquoi c'est bon pour tous les ministères et pas pour la santé d'être autonome? La santé c'est 50 % des impôts du Québec. Dans le temps qu'il y avait les CSSS, on ne se posait pas trop la question, parce que la structure était encore à proximité et qu'on pouvait discuter avec nos partenaires institutionnels. Mais regroupé, le poids de la décision va se retrouver à Trois-Rivières.»

Pour sa part, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, croit que le Centre-du-Québec n'a pas toujours eu sa juste part en matière de santé, entre autres pour ce qui est du nombre de médecins de famille, et qu'il ne faut pas que l'écart continue de se creuser. Il ajoute que la population du Centre-du-Québec est comparable à celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui, elle, aura son propre CISSS.

«Je comprends qu'il y ait une question de proximité de services pour certaines municipalités, mais c'est une question qui se pose tout le temps. N'en déplaise à Trois-Rivières, il a une région administrative numéro 17 qui n'est pas une région sociosanitaire à part entière, alors que des régions moins populeuses le sont. Là, on parle d'une fusion administrative. Par exemple, il n'y aura qu'un seul comité de médecins, dentistes et pharmaciens. J'en ai parlé avec des gens de (l'hôpital) Sainte-Croix, et ils pensent que ce n'est pas une bonne nouvelle, qu'on ne sera pas entendus.» .

Enfin, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui avoue avoir vu venir le problème, confie que si tous les maires étaient d'accord avec un CISSS au Centre-du-Québec, il serait aussi d'accord pour défendre cette position, mais comme cela ne semble pas devoir être le cas, il croit qu'il faudra sans doute se résoudre à une entente administrative particulière pour le Centre-du-Québec en matière de santé, soit le nord avec le CISSS de Trois-Rivières et le sud avec celui de l'Estrie, histoire de respecter les affinités naturelles.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer