Les aumôniers remplacés graduellement dans les hôpitaux

La salle de recueillement du Centre Roland-Leclerc prend... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La salle de recueillement du Centre Roland-Leclerc prend des allures nettement non confessionnelles, alors qu'on retrouve encore des chapelles traditionnelles dans quelques établissements du réseau.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Depuis quelques années déjà, les aumôniers qu'on retrouvait traditionnellement dans les hôpitaux et centres d'hébergement de la région pour y dire la messe, donner la communion aux malades et assister les mourants, sont remplacés graduellement par des «intervenants en soins spirituels».

Le titre est on ne peut plus officiel et fait l'objet d'une formation encadrée par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Pour être intervenant en soins spirituels, il faut au minimum un diplôme terminal de premier cycle, soit un baccalauréat en théologie, en pastorale, en sciences des religions ou son équivalent.

On retrouve également des intervenants qui, en plus, sont formés en psychologie tandis que d'autres n'ont pas hésité à ajouter une formation en «intervention rituelle et symbolique» à leur C.V.

Il existe même une Association des intervenants et intervenantes en soins spirituels du Québec, née de deux associations souches: l'Association québécoise de la pastorale de santé et l'Association canadienne pour la pratique et l'éducation pastorales - section Québec.

Le départ des curés des hôpitaux ne s'explique pas seulement par leur quasi extinction ni par la vague de laïcisation dans les établissements publics du Québec. Bien que ces deux facteurs aient indéniablement entraîné des changements, il semble bien qu'on reconnaisse maintenant que l'esprit a sa place dans la guérison du physique.

Cela dit, le sujet reste délicat et quelques responsables des communications de CSSS étaient visiblement nerveux d'aborder la question avec Le Nouvelliste.

Ce n'était toutefois pas le cas au Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières où ce virage a été entrepris depuis une dizaine d'années et où on retrouve une importante équipe d'intervenants en soins spirituels. Sébastien Rouleau, directeur du programme hébergement, confirme que ce CSSS peut compter sur six personnes, dont deux prêtres en semi-retraite et quatre laïcs, toutes formées en théologie.

«Le bac en théologie est une formation qui permet aux gens d'intervenir auprès de l'ensemble des groupes religieux car ils ont des connaissances globales sur les croyances et réalités de chacune des religions existantes», explique -t-il.

On ne retrouve pas de représentants d'autres religions que la religion catholique parmi l'équipe, comme un imam par exemple. Sans la formation en théologie qui est une exigence minimale à l'emploi, c'est impossible.

Toutefois, nuance le responsable, si une personne qui habite une des résidences du CSSS exprimait le besoin de rencontrer un représentant religieux d'une autre religion, il n'y aurait aucun problème, puisqu'on est ici dans un milieu de vie. Les Témoins de Jéhovah par exemple, sont présents dans ces résidences et visitent leurs membres qui en font la demande.

Mais pourquoi parle-t-on de soins spirituels, et non de services? «Côté terminologie, je ne saurais l'expliquer, avoue M. Rouleau, sinon qu'on se trouve dans un milieu de santé, que ce soit en hébergement ou du côté des soins de courte durée.

En même temps, les intervenants sont là pour apaiser, répondre au volet spirituel. Pourquoi parle-t-on de "soins'' dans ce cas? Sans doute parce qu'en intervenant sur le spirituel, on vient calmer l'anxiété qu'on peut retrouver chez les patients, en fonction des pathologies qu'ils ont.»

Lorsqu'on demande au directeur du programme d'hébergement si l'arrivée des soins dits spirituels témoigne d'une approche plus holistique des soins de santé traditionnels, il répond qu'effectivement on est en présence d'une évolution qui amène les centres de santé dans cette direction.

«On vit maintenant dans un monde multiculturel, avec des gens de différentes origines, différentes religions et horizons. Il faut être capable d'adapter nos services et de parler de spiritualité, ce qui englobe toutes les religions. On est le reflet de la société», conclut-il.

Il est à noter que des messes ou célébrations de la parole sont encore assurées particulièrement dans les centres d'hébergement de la région où on retrouve une clientèle attachée aux pratiques religieuses. On retrouve aussi dans les services de soins palliatifs des religieux pour l'onction des malades. Enfin dans la plupart des cas, les chapelles traditionnelles ont été remplacées par de petits espaces de réflexion.

Ailleurs

Au Centre de santé et de services sociaux de l'Énergie, Lucie Lemire responsable des communications, explique qu'un prêtre répond aux besoins spirituels de la clientèle que ce soit en centre hospitalier, en centre d'hébergement et dans quelques ressources non institutionnelles. L'approche n'est pas confessionnelle à proprement parler, mais davantage centrée sur les besoins spirituels.

Du coté du CSSS de Maskinongé, Annie Cossette confirme la présence d'un prêtre et d'une religieuse sur place. Deux célébrations, une messe avec un prêtre et une célébration de la parole avec une religieuse agente de pastorale, ont lieu dans la grande salle Avellin-Dalcourt dotée d'un petit autel. La religieuse rencontre aussi individuellement les résidents.

Au CSSS du Haut Saint-Maurice, Chantal Guay confirme qu'on n'y trouve plus d'aumônier depuis une dizaine d'années. Un prêtre vient pour une messe aux deux mois, dans l'ancienne chapelle des soeurs Grises (qu'on a réduite) où on descend les résidents. Le centre peut aussi compter sur une intervenante en soins spirituels.

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