Les centres jeunesse s'inquiètent des compressions

Samuel Trépanier, conseiller syndical à la Fédération de... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Samuel Trépanier, conseiller syndical à la Fédération de la Santé et des services sociaux de la CSN, Claude Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec, Claude Audy, vice président régional pour la FSSS CSN, Manon Hamel représentante syndicat des employés des Centres jeunesse Mauricie Centre-du-Québec dénonçaient l'impact des coupes dans le réseau des centres jeunesse déjà sous-financés par rapport au reste du Québec.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Bien que le vérificateur général ait lui-même souligné il y a cinq ans dans son rapport que le Centre jeunesse de la région Mauricie-Centre-du-Québec était sous financé par rapport à d'autres, (1200 $ de moins per capita, ce qui place la région au 3e rang au Québec) il n'échappe pas à la vague de compressions et devra tout de même livrer 730 000  $.

C'est ce qu'ont fait ressortir plusieurs leaders syndicaux représentant des 700 employés des centres jeunesse, lundi, alors qu'ils tenaient un point de presse au Conseil central du Coeur-du-Québec, en pleine Semaine des centres jeunesse et au même moment que se déroulait à Montréal une manifestation sous le thème Grandir dans la dignité.

Paul Lavergne, président du Conseil central, Samuel Trépanier, permanent syndical CSN, Claude Audy, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux et Manon Hamel du syndicat des employés des centres jeunesse, ont confié que l'inquiétude est grande quant au maintien de la mission de ces établissements en cette période d'austérité où, de leur propre aveu, on se contente maintenant de gérer les risques au lieu de faire de la prévention.

 Selon Paul Lavergne, président du Conseil central, les compressions de 50 millions $ en quatre ans vont compromettre la capacité de l'État de bien s'occuper des enfants vulnérables qui lui sont confiés. «Le gouvernement Couillard abandonne l'atteinte des objectifs de la Loi de la protection de la jeunesse, soit d'assurer la sécurité et le développement des jeunes», a-t-il déclaré.

Les porte-parole ont aussi insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas de dénoncer les gestionnaires des centres jeunesse, mais plutôt de venir en appui à ces organisations indispensables pour 32 000 jeunes vulnérables.

«Nous allons saisir toutes les occasions de dénoncer ces coupes, a lancé Paul Lavergne. Tout le monde va être touché, partout. Le gouvernement est en train de remettre en question notre mode de vie sous prétexte qu'on n'a plus les moyens... alors que c'est le résultat de choix politiques. Les libéraux sont devenus le nouveau Parti conservateur du Québec et s'en vont vers la droite avec la réduction à tout prix de la taille de l'État.»

Claude Audy a pour sa part rappelé que 10,5 millions $ ont déjà été coupés dans la région. «On parle de postes à l'entretien ménager, de postes d'infirmières, etc. Tous les CSSS sont touchés et avec la loi 10, ce n'est qu'un début. Ce ne sont pas que des postes à l'administratif qui seront touchés, comme tente de le faire croire le Parti libéral.»

Pour sa part, Manon Hamel a rappelé que la campagne de sensibilisation Grandir dans la dignité avait été lancé avant même qu'on annonce le projet de loi 10.  Lourdeur des cas, lourdeur administrative, sous financement, présence de plus en plus grande du risque de violence, transfert de cas trop dangereux pour les capacités des ressources, transfert d'enfants dans des familles d'accueil trop éloignées de leurs familles naturelles, ce ne sont que quelques aspects du travail en centres jeunesse qui ont déjà fait l'objet de dénonciations de la part des employés.

«Imaginez l'impact avec le projet de loi 10, a prévenu la porte-parole syndicale. De la façon dont ça fonctionne, on n'arrive pas à donner les services. Les principaux intéressés ce sont les familles. On sait que notre inquiétude est partagée par les directeurs de la protection de la jeunesse.»

Mme Hamel a aussi confié son appréhension de voir un seul conseil d'administration gérer tous les établissements de la région, et de décider des coupures. «Ce CA n'aura qu'un membre en provenance du psycho-social. Je ne sais pas comment on arrivera à être représenté là-dedans. On a peur de ce conseil d'administration unique et on ne croit pas que c'est ce qui va améliorer les services aux jeunes», a-t-elle conclu.

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