Un ambulancier veut faire reconnaître qu'il souffre d'un choc post-traumatique

Christian Grenier a décidé de se défendre pour... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Christian Grenier a décidé de se défendre pour convaincre la Commission des lésions professionnelles que son diagnostic de choc post-traumatique est une lésion professionnelle.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Un ambulancier de Louiseville fait appel à la Commission des lésions professionnelles (CLP) pour que cette instance reconnaisse son diagnostic de choc post-traumatique établi à l'été 2013 comme étant une lésion due à son travail, ce qui se traduirait par la réception de prestations de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Christian Grenier, 48 ans, travaille comme ambulancier dans le secteur de la MRC de Maskinongé depuis 1989. Les années passées à ramasser des corps en bouillie à la suite d'accidents de la route et de suicides, à tenter de réanimer les corps de personnes de son entourage victimes d'arrêt cardio-respiratoire et à s'avouer vaincu devant un nourrisson mort subitement ont vraisemblablement marqué physiquement et psychologiquement un homme à la base plutôt jovial et au sens de l'humour bien aiguisé.

«En 2011 et en 2012, j'avais des points dans le dos, le crâne engourdi, je faisais de l'arythmie cardiaque. Mais tu vas travailler pareil. Être ambulancier, c'est un métier où tu fermes ta gueule. T'as pas le droit d'être mal. Sinon, on te ridiculise au lieu de t'aider.

Dans les deux, trois dernières années, j'espérais ne pas avoir à répondre à des appels! Et en 2013, ça ne marchait plus», raconte M. Grenier, en soulignant le fait qu'être ambulancier dans un petit milieu où tout le monde se connaît rend encore plus difficile l'exercice du métier.

M. Grenier demande de l'aide professionnelle au mois d'août 2013. Diagnostic: anxiété chronique, difficultés de concentration, insomnie, hypertension artérielle. Le médecin qui le reçoit aux urgences le met en arrêt de travail. L'assurance salaire prend la relève pour trois mois. Après ce délai, on lui dit qu'il est apte à reprendre le boulot.

«Mes médecins disaient le contraire, affirme Christian Grenier. On a fait une demande à la CSST et elle a été acceptée. Je reçois des prestations en novembre et en décembre 2013. Mais mon employeur conteste la décision. Je rencontre un psychiatre à Québec pour une contre-expertise. Je suis heureux, car je lui donne mon histoire au complet et je suis convaincu qu'il a compris ma situation par rapport à mon état de santé.

Mais son rapport dit que je n'ai pas de choc post-traumatique. Le rapport dit que j'ai un problème narcissique, que j'ai un problème avec l'autorité! En janvier 2014, je perds les prestations de la CSST et je retourne sur l'assurance collective depuis ce temps.»

Sauf que la différence entre l'assurance salaire et les prestations de la CSST sont importantes. Selon les chiffres fournis par l'ambulancier, les prestations de l'assurance collective représentent 50 % de son salaire régulier, alors que les prestations de la CSST s'élèvent à 90 % de son revenu.

«Ça fait deux ans que je me bats pour toutes sortes de documents, des appels téléphoniques, des consultations. Je veux l'arrérage que la CSST me doit et je veux me faire former pour mon avenir. Je ne veux plus être ambulancier. Mais quand t'es en arrêt de travail, tu passes pour un criminel», déclare M. Grenier, qui aimerait bien se réorienter dans le domaine des communications.

Me Michel Charette représente Christian Grenier dans ce dossier. Cet avocat est convaincu de la solidité du dossier de son client.

«Ce qui est le plus malheureux dans son cas est que la CSST avait accepté son dossier au départ. Son employeur conteste en disant que ça fait partie des tâches habituelles de son travail. Mais chaque cas réagit différemment. C'est un beau dossier de lésion professionnelle. Le diagnostic de choc post-traumatique est là. Maintenant, est-ce que tout ça est en relation avec son emploi? Le travail va se faire à ce niveau», raconte Me Charette.

La CSST ne commente jamais les dossiers précis d'une personne. L'organisme a été fidèle à sa réglementation et a refusé d'émettre quelque commentaire à propos du dossier de Christian Grenier.

La CLP entendra cette cause en janvier.

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