Pojet de loi 10: les comités d'usagers restent vigilants

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Le directeur général du Regroupement provincial des comités d'usagers, Pierre Blain.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Drummondville) André Poirier, vice-président du Regroupement provincial des comités d'usagers et représentant de la Mauricie-Centre-du-Québec au sein de cet organisme, voit plutôt comme un avantage le projet de loi 10 fusionnant tous les conseils d'administration des établissements et de l'agence de santé, «particulièrement pour ce qui touche les services de santé et les services sociaux», précise-t-il.

«Mais si je parle comme président d'un comité d'usagers, (en l'occurrence celui du CSSS d'Arthabaska et de l'Érable, qui regroupe sept CHSLD et deux CH-CLSC) je dirais qu'il faut préserver la proximité. Pour moi, c'est l'enjeu. La seule chose qui change avec le texte de loi, c'est qu'il n'y aura qu'un seul comité des usagers sur l'ensemble du territoire (Mauricie-Bois-Francs).

Soit un seul comité des usagers par établissement, l'établissement en question étant le nouveau Centre intégré de santé et de services sociaux 04-17 (CISSS). Je pense qu'on peut être assez créatif pour trouver une façon de rester proche», assure-t-il, tout en rappelant que la région a déjà un comité régional des comités d'usagers de tous les territoires où toutes les missions sont représentées y compris les missions sociales (hôpitaux, CLSC, hébergement, jeunesse, centre de réadaptation etc.) et qu'il suffirait de maintenir cette organisation avec quelques précisions, pour que la structure soit acceptable par le ministre.

«C'est l'approche que j'ai l'intention de présenter au regroupement. J'ai confiance que ça va se faire comme ça. C'est clair pour moi que les comités d'usagers ne disparaissent pas. Le ministre a prévu un poste pour nous (au conseil d'administration de la nouvelle instante régionale, le CISSS). Nous aurons une oreille attentive si notre structure est logique», conclut-il.

Du côté du Regroupement provincial des comités d'usagers, le directeur général de l'organisme, Pierre Blain, est un peu moins optimiste ou à tout le moins, un peu plus inquiet. Déjà, il a fait publier une longue lettre sur sa position dans un quotidien montréalais.

«Pour nous, une chose est très importante, a confié M. Blain au Nouvelliste. Les décisions doivent être prises au niveau local. On avait déjà une structure régionale. Il l'enlève pour en mettre une autre mais avec des pouvoirs qui viennent «d'en haut». Pour nous, c'est bien évident qu'il va falloir qu'on délègue au niveau local. Un hôpital va continuer à donner des services dans sa région et on pense que c'est à ce niveau-là qu'il faut amener une prise de décision beaucoup plus importante. On ne peut pas garder ça en haut, à l'unique comité. Il faut qu'on puisse descendre'', on est capable de le faire en créant des zones.»

M. Blain insiste: chaque territoire doit avoir son comité d'usagers. «La loi ne l'empêche pas, il faut juste une structure qu'on pourrait appeler les sous-comités, pour un territoire donné. Mais il faut qu'on garantisse les budgets qu'on donne actuellement aux comités des usagers et c'est là-dessus que j'attends une réponse du ministère. Parce que lorsqu'on a fusionné des établissements (et leurs comités d'usagers) pour créer les CSSS, on a ramené le budget à 80 000 $ par comité. Or, en ce moment votre région reçoit environ 400 000 $ pour les comités d'usagers des CSSS. On ne peut pas ramener ça à 80 000$ sous prétexte qu'il n'y aura qu'un seul comité d'usagers. Il faut qu'on puisse nous garantir le budget des comités actuels.»

Lorsqu'on fait remarquer au directeur général du RPCU que l'objectif du ministre est précisément de faire des économies, il répond... qu'il n'y croit pas. «Nous, on a toujours dit au gouvernement qu'il n'était pas question de toucher aux services aux usagers et à la défense des droits. C'est impensable d'imaginer aujourd'hui qu'on va couper dans le budget aux usagers. On va se battre bec et ongles. On a déjà commencé. Et je pense qu'il y a une ouverture pour qu'on garde presque tout notre budget», assure-t-il.

Rappelons qu'un comité d'usagers est un groupe de personnes-ressources qui assiste l'usager dans ses démarches en lien avec les soins et services dont il bénéficie dans un établissement de santé ou de services sociaux. Tout au long de l'année, les membres du comité ont le mandat de renseigner les usagers sur leurs droits et leurs obligations, de promouvoir l'amélioration de la qualité des conditions de vie des usagers et de défendre les droits et les intérêts collectifs de ceux-ci.

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