Les prisonniers mieux traités que les personnes atteintes d'Alzheimer

Nicole Poirier... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Nicole Poirier

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Profitant d'un colloque qu'elle animait, vendredi, à Trois-Rivières sur la maladie d'Alzheimer, Nicole Poirier, directrice de Carpe Diem-Centre de ressources Alzheimer, a vertement dénoncé la position du Canada, seul pays du G8 à ne pas se doter de stratégie nationale pour faire face à «l'épidémie» de maladie d'Alzheimer qui s'annonce au pays comme ailleurs dans le monde. Mme Poirier s'est dit d'avis que les prisonniers sont mieux traités que les personnes atteintes d'Alzheimer au Canada. Elle déplore par ailleurs que l'approche canadienne semble favoriser davantage le monde pharmaceutique que les malades eux-mêmes.

Elle réagissait ainsi aux conclusions d'une rencontre qui avait lieu à Londres, le 11 décembre, soit le premier sommet du G8 sur une maladie spécifique depuis celui sur le VIH/sida en 2005.

La fondatrice de Carpe Diem a rappelé que depuis plus de 15 ans, elle a participé à trois comités d'experts afin d'élaborer un plan d'action québécois sur la maladie d'Alzheimer mais que jusqu'à maintenant, Québec a surtout misé sur les ressources intermédiaires (moins chères, avec du personnel moins formé), le remboursement des médicaments et le diagnostic précoce. «Mais que propose le gouvernement après le diagnostic et les prescriptions médicamenteuses?», s'interroge-t-elle, tout en déplorant que les malades atteints de cette maladie consomment souvent des antipsychotiques malgré que ce médicament soit associé à un taux accru de décès.

Ayant participé à la Commission de la santé et des services sociaux sur le projet de loi concernant les soins en fin de vie, Mme Poirier insiste sur l'importance d'améliorer les conditions de vie et le soutien aux familles des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. «Je dis oui à la recherche et oui au dépistage, mais il ne faut pas oublier ceux qui sont présentement atteints», répète-t-elle.

Par ailleurs, Nicole Poirier est un peu troublée de constater que le gouvernement veuille favoriser le diagnostic précoce avant même que la maladie soit déclarée... alors qu'il n'existe aucun traitement curatif.  «Être proactif, c'est aussi savoir prévoir et répondre aux besoins des personnes qui combattent la maladie pendant plusieurs années à la suite du diagnostic», plaide-t-elle.

Enfin elle s'inquiète du phénomène de dénutrition très présent chez les personnes atteintes d'Alzheimer et de leur consommation parfois abusive de médicaments. Mais plus encore, elle s'élève contre la perception qu'ont les élus de cette maladie malgré des années de sensibilisation. «Si les décideurs et les élus pensent que les personnes atteintes sont des personnes condamnées, perdues, sans émotion ou sans conscience et agressives, et que c'est le regard que l'on induit chez eux, il ne sera pas étonnant de constater l'influence de ce regard sur leurs décisions. C'est en partie de cette façon qu'on justifie la création de milieux de contrôle et de pouvoir plutôt que des milieux d'accompagnement et de confiance», conclut-elle.

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