La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite s'inquiète

De gauche à droite: Steeve Guy, coordonnateur de... (Sylvain Mayer)

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De gauche à droite: Steeve Guy, coordonnateur de la CAVP, Alain Gélinas, président et Michel Lemay, vice-président.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite s'inquiète pour les propriétaires dont les maisons ont été construites entre 1996 et 2008 et qui n'ont toujours pas fait de test de pyrrhotite.

«Il y a des gens qui, par choix personnel, retardent volontairement le test», indique le vice-président de la CAVP, Michel Lemay. Ce faisant, ils retardent du même coup leur participation au programme d'aide financière, dit-il, et cela n'est pas sans conséquences.

Il faut évidemment tenir compte du fait que certains n'ont tout simplement pas l'argent pour faire ce test et encore moins pour faire réparer leur maison malgré l'aide financière de 75 000 $ du gouvernement, explique-t-il.

«Il en coûte entre 150 000 $ et 200 000 $ pour faire réparer une maison, rappelle M. Lemay. Ce genre d'investissement demeure impossible pour plusieurs malgré les 75 000 $ qui sont prêtés, dit-il.

Malheureusement, ce genre de situation n'a rien de positif pour les victimes. C'est que la CAVP, pour obtenir des subventions gouvernementales pour les victimes doit, en effet, arriver à la table avec des chiffres et prouver qu'il y a des besoins. Or, cette preuve repose essentiellement sur le nombre de victimes qui ont fait faire leur test de pyrrhotite.

Ceux qui reportent ce test indéfiniment pourraient manquer le train au moment où ils en auront le plus besoin, explique le président de la CAVP, Alain Gélinas.

«Là, on a des fonds. Avec ces fonds, on couvre pas mal toutes les victimes qui sont déjà inscrites au programme, mais si l'on retourne voir le gouvernement pour dire qu'on a encore besoin de sous, plus tard, on va nous demander combien de personnes sont en attente. La Coalition devra alors dire qu'elle couvre pas mal tout le monde. Alors pourquoi le gouvernement nous donnerait de l'argent?», explique M. Gélinas.

Certaines victimes pensent que le chèque va entrer dès que le jugement en appel sera rendu. Or, rien n'est plus faux, prévient-il.

Personne ne peut en effet prévoir si cette cause ira jusqu'en Cour suprême. Si tel était le cas, il faudra patienter encore des années.

Certaines maisons contenant de la pyrrhotite pourraient se détériorer pendant ce temps.

«Il en coûte entre 3000 $ et 4000 $ pour faire le test de pyrrhotite», indique le coordonnateur de la CAVP, Steeve Guy.

Une personne qui a un tel test en main n'est pas obligée de faire faire ses travaux, «mais au moins, elle l'a en main», plaide Michel Lemay.

La Coalition aimerait bien arrêter de parler au conditionnel, explique M. Gélinas «en disant qu'il y a peut-être 4000 victimes ou peut-être 5000 en Mauricie».

En fait, il semble qu'il y en ait nettement plus, dit-il.

Steeve Guy a en effet mis la main, récemment, sur le nombre de permis de construction qui ont été émis entre 1996 et 2008 sur le territoire touché par le phénomène de la pyrrhotite. «Ce sont environ 8000 maisons qui ont été construites au cours de cette période», dit-il.

«On a fait le saut», reconnaît M. Gélinas. «On pensait qu'il y en avait 5000», dit-il, mais 5000, ce serait uniquement à Trois-Rivières, indique M. Guy.

Ce que la Coalition voudrait bien savoir, c'est combien de ces 8000 maisons contiennent de la pyrrhotite dans les faits. Or cette réponse ne pourra être connue que le jour où toutes les maisons construites dans la région, au cours des années critiques, auront été testées.

Si l'on se fie à cette nouvelle donnée, il pourrait donc y avoir bien plus que 71 maisons aux prises avec la pyrrhotite à Shawinigan, par exemple, qui est située près de la fameuse Carrière B & B d'où vient l'agrégat fautif, illustre le coordonnateur de la CAVP.

Steeve Guy constate que malgré les subventions disponibles présentement, certains propriétaires retardent les travaux, car ils croient qu'en 2018, une autre tranche de 10 millions $ de subventions sera disponible. Le danger de penser de cette façon, explique-t-il, c'est que «si le jugement en cour d'appel était favorable aux victimes et que les versements étaient faits, les gens se mettront alors à faire réparer leur maison tous en même temps. Le boum que ça va demander au milieu de la construction va assurément causer une augmentation des prix», prévient-il.

«L'inverse est aussi vrai. Si ça s'en va en Cour suprême et qu'il y a des délais supplémentaires de plusieurs années, les gens vont tous vouloir faire leur test en même temps pour obtenir la subvention et on va se retrouver avec un boum encore», plaide-t-il.

«Et si ce boum-là arrive après la période des élections, nous n'aurons pas eu la chance de faire des représentations auprès du gouvernement. La campagne électorale sera finie et aucun engagement politique n'aura été pris», plaide M. Guy. Bref, plusieurs victimes se retrouveraient le bec à l'eau.




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