Pyrrhotite: pas de second procès avant le jugement en appel

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Un cas de pyrrhotite à Saint-Boniface en processus de réparation.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le second procès prévu dans le dossier de la pyrrhotite n'aura pas lieu tant que la Cour d'appel n'aura pas rendu son jugement, ce qui est toujours prévu pour octobre 2017, indique l'avocat principal des victimes, Me Pierre Soucy.

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Me Pierre Soucy

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

«Entre-temps, on continue d'ajuster le dossier. Il y a des séances de gestion qui ont lieu», dit-il.

Me Soucy indique qu'il n'a pas encore été déterminé s'il y aura bel et bien un deuxième procès pour les victimes qui n'étaient pas inscrites au premier procès. «On va voir un peu de quelle façon ça va être géré, ça va être quoi l'incidence du jugement de la Cour d'appel», explique l'avocat.

«On souhaite que ça ait une incidence significative et que ça permette de clore l'ensemble du dossier, mais on n'a pas de contrôle là-dessus», fait-il valoir.

Environ 600 personnes sont inscrites dans ce nouveau recours. Elles ont toutes le même problème de pyrrhotite et cherchent dédommagement.

Me Soucy indique que de nouveaux dossiers continuent toujours à s'ajouter. «Beaucoup moins, mais il y en a», dit-il.

Certes, les délais sont longs. Il faut se rappeler, en effet, que les premiers cas de pyrrhotite ont atterri sur le bureau de Me Soucy en 2009. Ce fut le cas, notamment, pour la maison de l'ancien président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Yvon Boivin.

Rappelons que le juge Richard avait regroupé toutes les demandes en 69 dossiers dont les réclamations totalisaient alors 196 millions $. La cause concernait 816 propriétés résidentielles ainsi que des commerces et des institutions. De ce nombre, 517 propriétaires bénéficiaient alors d'un programme de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ ou de Qualité Habitation tandis que 299 propriétaires étaient des autoconstructeurs.

Dix-huit constructions commerciales et institutionnelles faisaient aussi partie de la poursuite et totalisaient à elles seules 38 millions $ de dommages.

Mais cette crise est loin d'être terminée puisqu'environ 4000 résidences seraient touchées par la pyrrhotite en Mauricie.

Le juge Richard avait déterminé, dans son jugement phare, que 70 % des dommages causés par la pyrrhotite étaient de la responsabilité de SNC-Lavalin et de son ingénieur. Béton Laurentides et Construction Yvon Boisvert avaient écopé de 25 % de la responsabilité tandis que 5 % étaient allés aux entrepreneurs.

En juin 2014, SNC-Lavalin a annoncé qu'elle allait en appel du jugement.

Les victimes et la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite attendent avec impatience qu'une nouvelle norme soit établie au pays pour réglementer la teneur en pyrrhotite dans le béton.

Leur demande devient encore plus pertinente depuis que la pyrrhotite n'est plus un problème exclusif à la Mauricie.

Rappelons en effet que l'automne dernier, la CAVP apprenait l'existence d'une autre concentration de victimes de la pyrrhotite dans l'État du Connecticut, aux États-Unis, où 19 000 cas potentiels commencent à faire parler d'eux dans les grands médias nationaux.

Au terme d'une visite de la CAVP dans la ville de Willington, où l'organisme a été reçu par la Connecticut Coalition Against Crumbling Basements, les deux regroupements ont convenu de garder désormais contact et de s'échanger des informations techniques.

Les deux coalitions ont en effet vite compris qu'elles avaient besoin l'une de l'autre pour faire avancer leur dossier et faire reconnaître leur drame auprès de leur gouvernement respectif.

D'un même souffle, la CAVP apprenait que d'autres cas de pyrrhotite ont aussi fait surface au Massachusetts et ailleurs dans le monde.

En attendant la fin de procédures judiciaires interminables et après sept ans de combat, la CAVP annonçait récemment qu'elle fera tout en son pouvoir afin que les autorités se basent sur la norme européenne de 0,1 % de pyrrhotite dans les futurs ouvrages de béton tout en espérant que les recherches scientifiques se poursuivent.

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