La CAVP au Connecticut: accueillis comme des sauveurs

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Les délégués de la CAPV ont presque été accueillis en sauveurs par les Américains. De gauche à droite: Michel Lemay, vice-président de la CAVP, Tim Heim, président de la CCACB, Steeve Guy, coordonnateur de la CAVP, Alain Gélinas, président de la CAVP, et le Dr Saoud Anwar, conseiller municipal de South Windsor où il y a de la pyrrhotite.

Brigitte Trahan

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Willington, Connecticut) «Nous sommes tellement heureux que vous soyez venus. On se sent moins seuls.» Voilà une phrase qu'ont répétée à maintes reprises les victimes du Connecticut aux représentants de la Coalition des victimes de la pyrrhotite de la Mauricie, samedi.

C'est à bras ouverts, avec des accolades et de chaleureuses poignées de main, que les trois délégués de la CAPV ont presque été accueillis en sauveurs par les Américains dans le cadre de cette première activité de coopération internationale.

«On nous a accueillis avec beaucoup d'amitié. On sentait qu'ils étaient vraiment contents qu'on soit là», a constaté le vice-président de la CAVP, Michel Lemay. «Nous nous sommes fait des amis», a déclaré Cheryl Cranick, vice-présidente de la Connecticut Coalition Against Crumbling Basements à la toute fin de la journée, des amis, mais surtout des alliés.

C'est que d'un côté comme de l'autre, les deux regroupements de victimes de la pyrrhotite ont rapidement constaté qu'ils ont besoin l'un de l'autre pour mieux faire connaître le drame qui les unit et pour faire avancer leur cause.

Le fait que la pyrrhotite fasse aussi des victimes aux États-Unis permet en effet de démontrer qu'il est plus que temps qu'une norme canadienne, américaine et pourquoi pas nord-américaine, soit adoptée afin que la catastrophe ne se répète plus.

Samedi, la CAVP a découvert que des cas de pyrrhotite se sont aussi déclarés dans l'État voisin du Massachusetts. «Personne ne peut encore dire que le problème n'est qu'en Mauricie», fait valoir le président de la CAVP, Alain Gélinas.

«Devant ces faits, on espère que le gouvernement va bouger plus vite», dit-il. La Coalition tiendra d'ailleurs une rencontre, mercredi, avec la RBQ, la SHQ, le cabinet du ministre Martin Coiteux et le ministère de Affaires municipales pour avoir des réponses à des demandes faites de longue date concernant les subventions, le prix exagéré des réparations et l'accessibilité au programme d'aide, explique M. Gélinas.

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Le fait que la pyrrhotite fasse aussi des victimes aux États-Unis permet en effet de démontrer qu'il est plus que temps qu'une norme canadienne, américaine et pourquoi pas nord-américaine, soit adoptée afin que la catastrophe ne se répète plus. De gauche à droite: Theresa Lackouskas, Therese et Leo Vezina ainsi que Randy Belair, tous victimes de la pyrrhotite au Connecticut.

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Richard Décarie, qui est vice-président service aux consommateurs de la nouvelle Garantie de construction résidentielle, s'est rendu au Connecticut lui aussi, samedi, pour en apprendre plus. «Établir une norme, ça nécessite des recherches scientifiques», dit-il. «En tant que garantie résidentielle, nous aussi, nous sommes en danger de recours si jamais des constructions étaient faites avec des normes insuffisantes. Actuellement, il n'y a pas de normes établies», déplore-t-il en ajoutant que les recherches qui avaient été amorcées, notamment à l'Université Laval, ont cessé d'être financées. «À notre avis, on devrait poursuivre la recherche scientifique», dit-il, «parce que nous, ainsi que les acheteurs de maisons et les contracteurs, désirons avoir une norme qui soit établie et idéalement au niveau nord-américain», plaide-t-il.

Le sénateur d'État Tony Guglielmo, qui représente 13 municipalités dont une demi-douzaine sont affectées par la pyrrhotite, était présent à la rencontre. «Ce ne sont pas seulement les individus qui sont affectés par ce problème. C'est toutes les municipalités au complet. Si l'on ne règle pas ça, on va recevoir moins de taxes et la valeur de ces maisons va baisser, donc il va falloir aller chercher plus d'argent dans les poches des autres citoyens. Ça va affecter tout le monde. On est tous pris là-dedans», constate-t-il.

Le sénateur croit fermement que les victimes pourront accéder à de l'aide financière. «Je fais ce travail depuis 24 ans et ce dossier est celui qui a reçu le plus d'attention des autorités de l'État», raconte-t-il. «Le gouvernement fédéral doit s'impliquer et nous aider. C'est une urgence. Il s'impliquerait s'il s'agissait d'un ouragan ou un tremblement de terre», fait-il valoir en encourageant les gens à médiatiser leur situation.

Therese et Leo Vezina, un couple de retraités du Connecticut, ont malheureusement appris que leur maison contenait de la pyrrhotite. Ils ont dû débourser plus de 150 000 $ pour la réparer. «On a été obligé de faire un emprunt. Ça va être payé quand on aura 103 ans», estime Mme Vezina.

Des histoires comme celle-là, qu'on entend à répétition à Trois-Rivières depuis sept ans, il y en avait des centaines, dans l'auditorium de Willington, samedi.

Il y avait toutefois moins de monde que prévu à cette rencontre, soit environ 300 personnes. «C'est que les gens sont dans le déni», constate une des victimes, Randy Belair.

Il faut dire qu'apprendre que sa maison contient de la pyrrhotite n'a rien de rassurant. «Le courtier en immeubles qui a trouvé le problème chez moi m'a dit: prépare-toi à faire faillite», illustre Sheryl Cranick qui encourage les gens à raconter leur drame pour le faire connaître aux autorités.

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