La CAVP en route pour le Connecticut

Les victimes de la pyrrhotite de l'État américain du Connecticut attendent avec... (Archives Le Nouvelliste)

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les victimes de la pyrrhotite de l'État américain du Connecticut attendent avec impatience l'arrivée du conseil d'administration de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, vendredi soir.

Sur leur site web, les membres de la Connecticut Coalition Against Crumbling Basements indiquent qu'ils sont «heureux d'accueillir la CAVP, notre contrepartie au Québec, Canada. Nous sommes reconnaissants que des membres de cette coalition canadienne viennent ici en voiture pour partager leur histoire et les moyens qu'ils ont pris pour mener la même bataille que nous dans leur pays». 

Le président de la CAVP, Alain Gélinas, sera accompagné à cette occasion du vice-président, Michel Lemay, et du coordonnateur de l'organisme, Steeve Guy. Les trois représentants de la CAVP tiendront une rencontre privée avec les représentants de la CCACB en soirée, vendredi.

Samedi matin, la CAVP est attendue dans un gymnase d'école où elle livrera, en avant-midi, une présentation de la situation en Mauricie et répondra aux questions de la salle. Une visite de maisons touchées par la pyrrhotite est prévue en après-midi.

Entre 600 et 700 personnes sont attendues à cette rencontre. Outre de nombreux médias, on trouvera dans la salle des victimes et des représentants du gouvernement.

En explorant le site web de la CCACB, on constate que si ce n'était de la langue, on se croirait à Trois-Rivières. Les reportages qui y sont consignés sont identiques à ceux qu'on a vus, lus ou entendus depuis sept ans en Mauricie. On y parle d'un «cauchemar pour les propriétaires», on montre des images de maisons soulevées pour retirer et remplacer les fondations défectueuses. Il en coûte là-bas sensiblement le même prix qu'ici pour faire ce travail, soit entre 125 000 $ et 250 000 $, et les assurances ne couvrent pas le sinistre. Les gens ont eu beau recourir aux tribunaux, ils ont tout perdu, dans bien des cas, incluant leur fond de pension qui s'est retrouvé littéralement dans le trou.

Alain Gélinas, président de la CAVP.... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Alain Gélinas, président de la CAVP.

Stéphane Lessard

Dans le cas des gens du Connecticut, la pyrrhotite a été introduite dans le béton résidentiel au milieu des années 1980. En Mauricie, c'est en 1998.

Les dommages occasionnés par la pyrrhotite ont pris entre 10 et 30 ans à se manifester, ont constaté les différentes victimes américaines interviewées par les médias.

Tout comme en Mauricie, le problème semble pointer vers une seule et même bétonnière... qui est elle aussi propriétaire de la carrière d'où provient la pyrrhotite.

Curieusement, ce minerai serait plutôt rare au Connecticut. La US Geological Survey aurait toutefois identifié la région de Willington, dans cet État, comme étant riche en pyrrhotite, leur équivalent de notre Saint-Boniface. C'est ce qu'a découvert, il y a un an, le journaliste de NBC Geoge Colli dont le reportage a permis aux propriétaires de comprendre pourquoi leur maison présentait autant de fissures en toile d'araignée. Alors que l'on compte quelque 4000 victimes en Mauricie, il y en aurait pas moins de 19 000 au Connecticut.

La CAVP se rend aux États-Unis ce week-end à la demande des victimes américaines pour des raisons humanitaires, mais pourrait revenir gagnante de ce voyage en ramenant avec elle différentes idées.

«On va peut-être aller chercher des connaissances qu'on n'a pas», indique Alain Gélinas. Par exemple, la CAVP est très intéressée à savoir quel était le taux de pyrrhotite des fondations qui ont commencé à se désagréger 20 ou 25 ans après leur construction. «Si elles sont en bas de 0,2 % et qu'aujourd'hui, elles sont toutes craquées, la même chose va arriver chez nous», plaide-t-il. La CAVP aura donc de bien meilleurs arguments pour faire adopter une norme qui permettra d'éviter à jamais ce trouble au Canada. La CAVP veut savoir aussi dans quel type de granulat s'est retrouvée la pyrrhotite américaine par rapport à celui du Québec, ce qui permettra de faire avancer les connaissances scientifiques sur le sujet. «On s'en va là dans le but d'aller chercher d'autres connaissances», indique M. Gélinas.

«Si ce qui se passe là projette la pyrrhotite à un niveau plus national et si les gouvernements se rendent compte que c'est épouvantable et voient les dommages que ça fait, peut-être que les gens vont prendre ça plus au sérieux. Ils vont mettre plus de scientifiques à l'oeuvre et peut-être que la recherche sur la pyrrhotite va passer à un autre niveau», espère le vice-président de la CAVP, Michel Lemay.

Notons que de la pyrrhotite a été trouvée en Mauricie, à Mont-Laurier, en Irlande, en Espagne et au Connecticut.

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