Pyrrhotite: la CAVP invitée aux États-Unis à titre humanitaire

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La Coalition américaine a créé cette affiche afin d'inviter les gens à la rencontre avec la Coalition de Trois-Rivières le 1er octobre.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) est invitée aux États-Unis, les 30 septembre et 1er octobre.

Le conseil d'administration sera reçu par la Connecticut Coalition Against Crumbling Basements (Coalition du Connecticut contre l'effritement des sous-sols). Il y passera deux jours au cours desquels il donnera une conférence devant quelque 500 à 700 personnes, principalement des victimes, des représentants du gouvernement et autres intervenants préoccupés par la situation.

C'est que le Connecticut est aux prises, lui aussi, avec une crise majeure de la pyrrhotite. Alors que Trois-Rivières compte quelque 4000 victimes, cet État américain en compterait près de 19 000 potentiellement.

Comme l'explique le vice-président de la CAVP, Michel Lemay, la CCACB a pris contact avec l'organisation trifluvienne après avoir entendu parler du drame mauricien via le journaliste George Colli, un représentant de Cox Media Group.

L'année passée, alors que ce journaliste publiait une des rares histoires concernant la pyrrhotite au Connecticut, «nous avons eu des échanges par courriel» avec la Coalition américaine, raconte M. Lemay.

Les invitations n'ont pas tardé. «On leur a proposé une rencontre et ils étaient bien contents», ajoute le président de la CAVP, Alain Gélinas.

Le président de la CCACB, Tim Heim, a indiqué au Nouvelliste que la coalition américaine a «très hâte à cette visite. Ils vont nous offrir du support et vont partager des ressources. La Coalition canadienne traverse cette épreuve depuis sept ans. Donc, nous avons beaucoup de questions. Nous espérons que les représentants pourront y répondre», dit-il.

La page Facebook du journaliste George Colli présente une affiche sur laquelle on peut lire, en anglais: «Deux Coalitions. Une crise du béton. Le Canada et l'Amérique traversent les frontières».

«Ils veulent avoir notre expérience, voir par où on a passé, quels combats on a menés, comment on a monté la Coalition, comment on a fait le CA, qui y siège, si l'on a des comités, des sous-comités», raconte M. Gélinas. «Bref, on va leur transmettre l'expérience qu'on a vécue depuis sept ans», résume-t-il.

«C'est un partage de connaissances d'abord humanitaires, de bon voisinage et de collaboration», précise M. Lemay. «En même temps on ne veut pas se mêler de leurs affaires. Si ce qu'on leur donne les aide, tant mieux», résume M. Lemay.

«On ne s'en va pas là pour parler non plus du dossier d'ici», ajoute-t-il. «On veut parler de notre organisation.»

Deux représentants du nouveau plan Garantie de construction résidentielle seront aussi sur place à titre d'observateurs lors de la rencontre publique qui se tiendra le samedi, 1er octobre, dans l'auditorium d'une école d'Ellington.

«Leur histoire est quasiment un copier-coller de la nôtre», constate M. Gélinas.

Toutefois, il appert que les Américains sont beaucoup moins organisés, en ce moment, que les gens de la Mauricie.

«Nous avons des cas confirmés pour des maisons de 1982 à 2003 jusqu'à présent», raconte Tim Heim.

«Il y a 14 ans, en 2002, quelques victimes sont allées rencontrer le gouvernement de l'État du Connecticut afin d'essayer d'obtenir une enquête sur ce problème et l'État du Connecticut a balayé l'affaire sous le tapis», signale le président de la CCACB.

Puis, il y a un an, le journaliste George Colli a sorti une première histoire là-dessus. «C'est là que beaucoup de victimes ont pu mettre un nom sur leur problème», dit-il. Avec 19 000 cas probables jusqu'à présent, «ce problème va être catastrophique pour le Connecticut», prévoit-il.

«Il y a 330 victimes qui ont déposé une plainte au Département de la protection du consommateur. Il y a beaucoup de gens qui sont conscients de la situation. Notre priorité, c'est de faire connaître la situation dans la communauté. Nous voulons rejoindre les gens qui ne savent pas encore qu'ils ont un problème», explique Tim Heim.

La CAVP dénonce une injustice de la SHQ

Plusieurs victimes dont les rapports d'expertise confirment un taux de pyrrhotite inférieur aux règles d'admissibilité du programme d'aide financière géré par la SHQ se retrouvent actuellement sans ressources.

La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) dénonce le fait que les victimes ne peuvent avoir accès au programme et à l'argent annoncé le printemps dernier par le gouvernement fédéral que si leurs fondations présentent des fissures attribuées à la présence de pyrrhotite.

Dans les faits, cela signifie que deux propriétaires de maisons différentes qui ont une moyenne identique de pyrrhotite en volume de 0,29 % ne seront pas traités également. Celui dont les fondations sont fissurées aura droit au programme, mais l'autre pas.

Selon la CAVP, la SHQ refuse aussi son aide aux propriétaires dont le taux de pyrrhotite est inférieur à la balise de 0,3 % s'il n'y a pas de fissures au moment de la demande.

La CAVP rappelle que le juge Michel Richard avait établi, dans son jugement rendu sur la pyrrhotite, que le vice de construction était reconnu à partir de 0,23 %, un pourcentage à partir duquel il était justifié de remplacer les fondations.

La CAVP interpelle donc le gouvernement du Québec afin que la SHQ adapte dès maintenant son critère d'admissibilité du programme d'aide au taux de pyrrhotite établi par le juge Richard.

La Coalition insiste aussi pour qu'une norme soit enfin établie qui viendra définir le taux de pyrrhotite à partir duquel la situation sera reconnue comme étant problématique. Elle estime qu'il y a «urgence d'émettre de nouvelles balises visant à éliminer la zone grise sur la qualité du béton produit au cours des 20 dernières années».

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