Travaux de pyrrhotite: seulement en août?

Joël Légaré-Robitaille est le chargé de projet d'Héneault... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Joël Légaré-Robitaille est le chargé de projet d'Héneault et Gosselin en Mauricie.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il n'y a pas que les propriétaires aux prises avec la pyrrhotite qui s'arrachent les cheveux, présentement, à propos des subventions promises par le gouvernement fédéral et qui ne sont toujours pas entre leurs mains.

La firme Héneault et Gosselin compte 15 contrats en Mauricie, d'une valeur totale de 1 million $, pour réparer des cas de pyrrhotite cet été, mais tant que l'aide n'est pas versée aux propriétaires, l'entreprise doit prendre son mal en patience.

«Si un propriétaire commence le chantier avant, il n'aura pas de subventions», déplore Joël Légaré-Robitaille, chargé de projet pour Héneault et Gosselin en Mauricie, une information que confirme la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite.

L'entreprise dit avoir fait signer des contrats conditionnels à l'obtention de subventions à ses clients aux prises avec la pyrrhotite, histoire de pouvoir se faire un semblant d'horaire, cet été, pour coordonner les travaux.

M. Légaré Robitaille indique qu'au rythme où vont les choses, aucun chantier relié à la Société d'habitation du Québec, l'organisme en charge de distribuer les subventions versées par Ottawa dans ce dossier, ne pourra commencer avant les vacances de la construction.

Dans le lot des personnes qui ont besoin de cette aide, plusieurs doivent composer avec des dommages croissants à la structure de leur maison. Leurs fondations étant en train de s'écrouler, la brique est en train elle aussi de se fissurer et les cadres de fenêtres se brisent, constate l'entrepreneur.

Le député de la CAQ dans Nicolet-Bécancour, Donald Martel, ne sait pas si l'argent promis par Ottawa est vraiment rendu à Québec et se demande si le gouvernement fédéral attend, avant de vraiment verser les sommes annoncées de 30 millions $, que le gouvernement du Québec annonce lui aussi ses couleurs.

En fait, c'est un mystère pour lui que Québec n'ait pas encore démarré le programme d'aide financière alors qu'Ottawa affirme avoir livré l'argent à Québec le 2 juin.

De la manière dont se déroulent les choses, Héneault et Gosselin craint de son côté que les contrats qu'elle réaliserait normalement sur une période de neuf mois doivent être complétés en à peine 5 mois.

Le problème, c'est que les contrats qui se feront en décembre coûteront plus cher puisqu'il faut chauffer le béton, notamment, quand il fait froid.

«Et le béton se vend beaucoup plus cher en hiver. On parle de 10 $ à 15 $ de plus le mètre cube», indique M. Légaré-Robitaille. L'ensemble des coûts peut grimper de 10 % en hiver, dit-il, sans compter les dégâts faits par l'humidité à l'intérieur des maisons durant les travaux.

«Le problème que j'ai constaté, quand il y a eu de l'argent, c'est que les gens veulent faire faire leurs travaux tous en même temps et les prix sont alors démesurés», souligne le député Martel.

«On dirait qu'ils (les gens du gouvernement) le font exprès», déplore-t-il. «Je me mets dans la peau des députés libéraux. Ils doivent être très mal à l'aise, mais en même temps, je suis obligé de dire que leur message ne passe pas», constate le député caquiste.

«Ça bloque. Ils n'ont pas d'influence au sein de l'appareil», constate-t-il. «C'est comme si ce n'était pas pris au sérieux, comme si les gens, les fonctionnaires, les ministres, n'étaient pas conscients du drame que ces gens-là vivent», constate M. Martel.

Selon Joël Légaré-Robitaille, en gardant ainsi tout le monde en suspens, le gouvernement fait en sorte que les propriétaires ne savent plus s'ils doivent ou non profiter de leurs vacances pour défaire eux mêmes leur terrassement et vider leur sous-sol en vue des travaux. Ils ne peuvent être certains que leur maison sera levée, cet été.

«Ils ont prévu leurs vacances en pensant que l'argent était pour entrer. Depuis la fin de mars qu'on sait qu'il y a de l'argent», dit-il. «Et plus c'est long, plus il y aura de bris à la structure des maisons», ajoute-t-il.

«Quand on regarde les documents de la SHQ, on remarque que la demande de subvention est valide pour une année. Donc, ceux qui auront de l'aide pour juillet, cette année, auront jusqu'au mois de juillet, l'an prochain, pour terminer les travaux», signale M. Légaré-Robitaille.

Il est donc possible que s'ils obtiennent leur subvention cet été, ils ne puissent être levés qu'en 2017, «à moins que le client accepte qu'on travaille en hiver», indique-t-il.

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