Pyrrhotite: l'aide fédérale a franchi toutes les étapes

La pyrrhotite fait des ravages à Trois-Rivières.... (Archives)

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La pyrrhotite fait des ravages à Trois-Rivières.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le député François-Philippe Champagne a indiqué, jeudi, que l'entente pour remettre l'aide fédérale de 30 millions $ promise par Ottawa aux victimes de la pyrrhotite est signée et «elle est maintenant à la SHQ (Société d'habitation du Québec). De notre côté, on a franchi toutes les étapes», dit-il. C'est maintenant au tour de la SHQ à jouer.

M. Champagne assure qu'il a «confiance» que ses «homologues de Québec sont en train de finaliser le tout. Il faut juste que l'entente soit signée par Québec. Dès que l'entente est signée de leur côté, les sommes seront déboursées. J'ai appelé mes homologues à Québec et on me dit qu'on travaille là-dessus», dit-il.

Le président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP), Alain Gélinas, a justement eu une rencontre à Québec, jeudi, avec la SHQ et indique qu'aucune somme ni aucun échéancier ne lui ont encore été annoncés par le gouvernement provincial, mais il s'attend à ce que des sommes provenant de Québec soient aussi annoncées prochainement.

«On m'a dit que j'aurais de bonnes nouvelles. Les bonnes nouvelles, pour moi, c'est de l'argent pour les victimes», dit-il.

Pour sa part, le député NPD Robert Aubin se montre plutôt sceptique face aux déclaration de M. Champagne. «Est-ce que quelqu'un du Québec a confirmé que c'est arrivé?», questionne-t-il.

C'est que M. Aubin a demandé en Chambre, mercredi, si les 10 premiers millions $ seraient bel et bien transférés cette semaine à Québec. «Nous avons fait une promesse. La promesse est tenue. L'argent est là pour les victimes», s'est contenté de répondre M. Champagne.

«Tant mieux si le chèque est rendu à Québec, mais je n'ai aucune évidence de ça», réplique M. Aubin.

«Quand le gouvernement du Québec fera une sortie pour dire qu'il a bel et bien reçu le chèque, que c'est dans la machine et que les victimes pourront avoir ce qui leur revient dans les plus brefs délais, je fermerai la parenthèse pour cette portion de la bataille», dit-il.

Le député Aubin estime d'ailleurs que la bataille est loin d'être finie puisqu'Ottawa doit aussi s'assurer de modifier la norme sur la pyrrhotite avant que ce minéral ne fasse d'autres dégâts ailleurs au Canada.

La Coalition a récemment découvert que la pyrrhotite fait présentement des ravages dans l'est du Connecticut, aux États-Unis, où 1000 cas ont été répertoriés depuis 2015.

«Les journalistes sont entrés en communication avec nous et nous ont envoyé des reportages télévisés. Ils ont parlé qu'ils voudraient peut-être rencontrer la Coalition», indique Alain Gélinas.

Interrogé à savoir si les travaux sur la modification de la norme fédérale sur la teneur en pyrrhotite dans le béton avaient progressé, le député Champagne a indiqué que sa priorité a été, jusqu'à présent, d'aider les victimes.

Le député Aubin rappelle que des cas de pyrrhotite pourraient éclater n'importe où au pays si la norme n'est pas modifiée. Il estime que M. Champagne «veut mettre le couvercle sur la marmite. Il s'imagine qu'en ayant promis 30 millions $ sur trois ans, le dossier est réglé. C'est assez odieux. On est en train de dire à 5 % des victimes: ''vous, vous aurez droit à un support du gouvernement, les autres et bien... désolé. Et la révision de la norme, il ne veut pas en entendre parler''», estime M. Aubin.

«Le financement du groupe à l'Université Laval qui faisait une étude sur la qualité des agrégats du béton, c'est lettre morte aussi. Alors il reste énormément de chevaux de bataille», fait-il valoir.

Le président de la Coalition des victimes de la pyrrhotite estime lui aussi qu'il sera important pour Ottawa de changer la norme fédérale sur la pyrrhotite afin qu'un drame comme celui vécu en Mauricie n'arrive plus jamais. Le cas du Connecticut en est un exemple, dit-il.

Le député Champagne répète qu'il s'est concentré sur l'aide urgente aux victimes, car il se dit conscient des échéanciers imposés par la courte saison de construction.

M. Champagne estime que de débloquer les sommes deux mois après le budget fédéral, «alors qu'on n'en a pas parlé pendant 10 ans (avec les Conservateurs du gouvernement Harper)», est tout de même rapide, plaide-t-il.

«Le 19 octobre, on a eu l'élection. J'ai été nommé secrétaire parlementaire au début de décembre. Budget fédéral, 30 millions $, le 22 mars. Le 6 avril, on a eu la visite du premier ministre du Canada et le 27 mai, le Conseil du Trésor approuvait les sommes et l'entente était signée et envoyée à la SHQ. De notre côté, on a franchi les étapes qu'on devait franchir le plus rapidement possible pour s'assurer qu'on arrive le plus rapidement possible avant le début de la saison de construction», résume le député Champagne.

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