La bataille est loin d'être terminée

De gauche à droite: Jacques Blais, responsable des... (François Gervais)

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De gauche à droite: Jacques Blais, responsable des communications à la CAVP, Alain Gélinas, président et Steeve Guy, coordonnateur.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite n'a pas fini de se battre. En plus d'être bien déterminée à maintenir ses démarches pour obtenir plus d'aide d'Ottawa et de Québec, elle veut rencontrer les gouvernements afin que des interventions soient faites le plus tôt possible pour ramener à la normalité les coûts des travaux de réparation des maisons.

Depuis quelques années, en effet, les montants exigés par les entrepreneurs pour remplacer des fondations ont littéralement explosé en Mauricie tant et si bien que la subvention maximale de 75 000 $ que pouvaient obtenir les victimes, en 2011, ne les soutient plus vraiment.

Le président de la Coalition, Alain Gélinas, a rappelé que l'aide de 30 millions $ annoncée récemment par le gouvernement fédéral est nettement insuffisante. Selon lui, il aurait fallu au bas mot 

300 millions $ pour aider vraiment les victimes en attendant que les procédures judiciaires soient terminées. Ce dernier craint en effet que SNC Lavalin porte les procédures en Cour suprême, ce qui prolongerait l'agonie des victimes d'une dizaine d'années.

Le gouvernement doit donc faire au plus vite le ménage dans cette affaire de hausse des coûts de réparation, estime M. Gélinas, car au bout du compte, ce sont les entrepreneurs qui profitent des subventions offertes par l'État.

La Coalition réitère qu'il faut se réjouir de l'annonce des 30 millions $ du côté du gouvernement fédéral. Toutefois, «la Coalition va continuer à se battre», prévient M. Gélinas, même si le gouvernement fédéral a annoncé qu'il ne donnerait plus d'argent. «On ne laisse pas tomber le combat parce que le gouvernement nous dit que c'est fini», assure-t-il.

M. Gélinas se dit déçu aussi de la Table interministérielle sur la pyrrhotite créée par Québec, il y a deux ans et qui n'a tenu qu'une seule réunion. «Il y a des demandes qui avaient été faites à cette table-là, des demandes qu'on a réitérées le 12 février dernier, lors d'une rencontre à laquelle nous avions convoqué les élus de la région», indique M. Gélinas. Le ministre Pierre Moreau avait alors demandé que soit dressé un portrait global de la crise. Toutefois, «à la rencontre du 12 février, le gouvernement provincial trouvait que ce n'était plus nécessaire», raconte le président.

La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite est déçue aussi de voir que le gouvernement provincial n'a rien prévu de nouveau en termes d'aide pour la pyrrhotite sachant qu'il y avait de fortes chances que le fédéral débloque des sommes.

Québec a reproché à la Coalition d'avoir soulevé publiquement le montant de 600 millions $ pour chiffrer les dégâts à réparer au niveau résidentiel. «On s'est fait dire que la personne qui s'occupe du marketing chez nous n'est pas bonne. On leur fait peur», raconte le président. «Ils ne veulent pas le voir. Ils ne veulent pas l'entendre, ce chiffre-là. Mais on n'est pas une firme de marketing. On défend les victimes et la seule façon de régler un problème, c'est d'y faire face», plaide-t-il.

Pour l'instant, la Coalition souhaite rencontrer le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour une première fois afin «de voir quelle est l'opinion du gouvernement au niveau de la crise de la pyrrhotite et savoir où il veut aller avec ça.» La Coalition s'est fait dire qu'il serait très difficile de rencontrer le ministre des Finances comme elle le souhaite.

Québec a dégagé, cette année, un surplus voisinant les 2,5 milliards $, dit la Coalition. Le gouvernement «pourrait aller chercher des sommes dans ce surplus sans endetter la province», croit M. Gélinas.

Ce dernier rappelle que le programme de 75 000 $ par maison «est un prêt» et sera donc remboursé au gouvernement.

Les dossiers de réparation en attente, actuellement, totalisent 24,3 millions $.

«Beaucoup de victimes ne peuvent pas attendre 5, 7 ou 10 ans les appels de SNC Lavalin et de tous ceux qui sont dans la cause. Ils doivent faire les travaux rapidement et n'ont pas les sous pour le faire. Certains doivent mettre de l'isolant pour boucher les craques pour ne pas que les souris entrent. Les moisissures se développent. C'est la santé de la famille qui est en cause. Il serait temps que les gouvernements fassent face à la musique», plaide M. Gélinas.

D'autre part, l'organisme SOS Pyrrhotite, qui avait été créé, à l'origine, dans le but d'aider les propriétaires à vider leur sous-sol, a fait des représentations seul de son côté auprès des gouvernements au sujet de la hausse des coûts de réparations des fondations en Mauricie. Cet organisme voudrait obtenir rien de moins que quatre millions $ sur 10 ans afin d'effectuer la surveillance des travaux, engager un psychologue, un travailleur social, une secrétaire et trois inspecteurs, dont un à temps plein.

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